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La Nouvelle Guinée est l'une des dernières régions restées inexplorées à la surface de la Terre. C'est dans ce cadre inhospitalier que Mr Stevenson responsable d'une exploration a disparu. Sa femme, Susan, décide de partir à sa recherche. En compagnie de son frère Arthur et de l'aventurier Edward Foster. Les explorateurs vont pénétrer sur le territoire des Pukas, une tribu cannibale.



Dans les années 1970, le cinéma bis italien se fit une spécialité du film de cannibales. Contrairement à ce que leur titre racoleur laisse entendre, on est en face d'un mélange de film d'aventures et de scènes d'horreur (avec très peu de scènes de cannibalisme à proprement parler). Plus proche du "Dernier monde cannibale" que du glauque et malsain "Cannibal Holocaust", "La montagne du Dieu Cannibale", a bien des caractéristiques sorties d'un documentaire sur le mode de vie animal (attaque de crocodile, araignées aux piqûres mortelles, serpents géants…). Une approche anthropologique au charme suranné. Pour autant, malgré une réputation de cannibales movie "light", ce film ne lésine pas sur des séquences gratinées : bras arrachés par un crocodile, décapitation, visage putréfié, et castration (une scène qui renvoie à une autre bisserie de l'époque, le sulfureux "Cannibal Ferox").



Aux commandes de cette "Montagne du Dieu Cannibale", on retrouve le vieux briscard Sergio Martino, qui à défaut de donner d'authentiques réussites, profita de l'engouement pour les séries B à la fin de la décennie des années 70, et s'engouffra dans la brèche ("Le continent des hommes poissons", "Le Dieu Alligator", "Crime au cimetière étrusque"). Des œuvres pas toujours passionnantes, la faute à un rythme mollasson, ce qui n'est pas le cas de son incursion dans le film de cannibales. Une réussite inespérée. Atout de taille, la présence d'Ursula Andress en tête d'affiche. L'ex-James Bond Girl ("James Bond contre le Dr No") en manque de rôles accepte d'y interpréter le rôle traditionnel de la jolie jeune femme en détresse. Son jeu minimaliste (voire inexistant) est tout en sensualité. Pour les plus voyeurs, la belle apparaît en tenue plus que légère. A ses côtés, on notera la présence de Stacy Keach, futur Mike Hammer. Sans atteindre des sommets de crédibilité, l'interprétation est honorable.



La trame scénaristique divise l'histoire en deux parties. Après une assez longue première partie lorgnant du côté des films d'aventures et de jungle ("Tarzan", "Les mines du roi Salomon"), ce sont les dernières minutes qui nous font entrer de plein pied dans l'horreur. Malgré la faiblesse de moyens, les effets spéciaux donnent volontiers dans la boucherie. Petit plus de cette production, l'aspect érotique se mélange à l'horreur. A ce titre, voir le corps de la sculpturale Ursula Andress recouvert de sang. Les travers des productions italiennes y ressurgissent alors avec une actrice au comportement plutôt lascive ("Sois belle et tais-toi" tel est son credo) là ou on attendait une résistance farouche. Certainement pour mieux aboutir à l'imagerie que l'on se fait de la déification de Susan Stevenson par les Pukas. Une image qui donnera l'idée à des producteurs de donner à Ursula Andress le rôle d'Aphrodite dans "Le choc des Titans".
Tout cela finit de manière éminemment morale : à la fin, ceux qui avaient l'idée d'exploiter les terres et de "violer" les territoires encore à l'écart de la civilisation renoncent à leurs mauvaises pensées. Une conclusion en forme de parabole écologique.



Plaisant par son approche digne des meilleurs films d'aventures d'antan avant de tomber dans les scènes craspecs, "La Montagne du Dieu Cannibale", ne déroge pas aux règles de ce genre de film. Prisonnier des clichés, mais assez efficace pour convaincre, le film de Sergio Martino, est à ranger aux côtés des réussites de ce sous-genre de l'horreur.








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