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Anton est certainement le roi de l'oisiveté : ce jeune adolescent fainéant passe le plus clair de son temps à la maison pour écouter de la musique et regarder la télévision plutôt que d'aller en classe. Mais, un matin, alors qu'il se lève tranquillement pour aller prendre son petit déjeuner, il découvre, horrifié, ses deux parents mutilés dans le salon. Il se pourrait bien que le tueur qui sévit depuis plusieurs jours dans sa commune soit sous son toit! Aussitôt, le jeune homme fonce chercher de l'aide auprès de ses deux meilleurs copain, Pnub et Mick, deux accros aux drogues et autres fumettes. Mais nos trois compères vont rapidement se rendre compte que le problème vient en réalité d'Anton et plus particulièrement de sa main droite. En effet, celle-ci semble ne plus vouloir obéir à son propriétaire et oblige Anton, malgré lui, à être l'auteur d'actes plus malveillants les uns que les autres.



Réalisé par un certain Rodman Flender à qui l'on doit alors à cette époque deux trois incursions dans le domaine horrifique avec entre autres "the unborn" et "Leprechaun 2" (mais qui sera aussi par la suite l'auteur de la série "Ugly Betty" : voilà bien un homme qui aime les choses horribles! RIRES!), "la main qui tue" est un film que l'on peut qualifier de gore (même si cela pourra étonner les fans purs et durs de ce registre qui ont l'habitude de retrouver dans ce genre de films des tripes et des boyaux dans des effluves de sang à n'en plus finir parfois). Pourquoi cela? Hé bien tout simplement parce que le long-métrage de Rodman Flender arrive à donner à son public les ingrédients nécessaires pour qualifier un film de gore : un cocktail d'humour burlesque, de situations invraisemblables, d'horreur et de scènes tantôt sanglantes et tantôt trash, même si en général le film reste plutôt soft pour sa catégorie.

Même si le scénario ne brille pas pour son originalité (un gars qui ne contrôle plus son corps, oui bon…), le réalisateur réussit toutefois à nous faire passer un bon petit moment en compagnie d'un assez bon casting, certes jeune mais à la hauteur des ambitions du cinéaste à en croire ses impressions quant au résultat final.
Dans le rôle principal, on retrouve un jeune acteur nommé Devon Sawa (que l'on a vu plus récemment dans les très bons "destination finale" et "slackers") dans la peau de notre cher Anton possédé. Un rôle assez farfelu (référence entre autres à cette scène où Anton, mort de peur, se cramponne au coup de son chien qui semble quant à lui complètement ailleurs) qui plaira sans hésitation aux personnes non exigeantes mais venues avant tout pour se divertir. A ses côtés, on retrouve les jeunes acteurs Seth Green ("Ca, il est revenu", "ticks attack", "Austin Powers 1 et 2", "braquage à l'italienne"…) et Elden Henson ("les dents de la mer 4, la revanche", "l'effet papillon"…) dans les rôles respectifs de Mick et Pnub, les deux amis d'Anton, des personnages tantôt moqueurs, tantôt prévenants mais qui ne semblent trouver les réponses à leurs questions que dans les herbes et autres drogues mise à leur disposition. Enfin, citons la présence de Jessica Alba qui joue là dans un de ses premiers films ("honey", "sin city", "les 4 fantastiques", "bleu d'enfer", "the eye"…) : un rôle attachant et fort glamour (la jolie voisine d'Anton), la belle n'hésitant pas à nous faire part de ses jolies formes et de son petit sourire malicieux et charmeur.



Pour ce qui est des dialogues, voilà peut-être le point qui me gène le plus dans ce film. En effet, ceux-ci sont très puérils (très teen horror movie) et certaines séquences peuvent paraitre très lourdes par moment. A trop vouloir mélanger l'humour à l'horreur, le cinéaste a tendance à rendre certaines scènes risibles et très pompeuses (principalement les séquences où Anton essaye de contrôler sa main ou encore celle où il tente de la retenir de tuer son copain Pnub…). Certes, je prends en considération que ce film fait partie de la catégorie gore (un savoureux mélange d'humour, de trash et de scènes sanglantes), genre reconnu pour ne pas avoir des scénarios très fins et des séquences parfois granguignolesques, mais je regrette tout de même que certains passages soient si inégaux de part leur lourdeur par rapport à la réalisation globale… Contrairement à un "bad taste", un "toxic avenger" ou un "evil Ed" (cernons large, soyons fous! RIRES!) où même les scènes les plus lourdingues s'apprécient à leur juste valeur et font au final bien rire, Rodman Flender n'arrive pas à rendre ses quelques scènes, volontairement lourdes, jouissives comme le sont celles des films précédemment cités. La faute peut-être à cet esprit trop jeun's qui peut parfois plomber certains passages. Par ailleurs, on peut regretter bien souvent un manque d'originalité et des séquences trop prévisibles qui nuisent à l'effet de surprise.
Par contre, concernant le rythme, il est difficile de reprocher quoi que ce soit au long-métrage de Rodman Flender, le film réussissant le pari de nous tenir en haleine du début à la fin, aussi bien grâce à des scènes comiques voire même absurdes que grâce à des séquences survitaminées (la fête d'Halloween et son ambiance très punk new wave par exemple).



Pour ce qui est des effets visuels, "la main qui tue" possède son petit lot de scènes sanglantes même si celles-ci pourraient passer pour des amuse-gueules face à des séquences de films cultes dans le domaine du gore ("the toxic avenger", "ré-animator"…). Mais je l'ai déjà dit, "la main qui tue" est un film très jeun's et dont les scènes gores sont accessibles à un public bien plus large que celui des films de chez Troma ou ceux des débuts de Peter Jackson pour ne citer que ceux-là. Toutefois, malgré le degré assez soft des séquences sanguinolentes, celles-ci sont ma fois fort appréciables (la tête coupée par une lame circulaire, le chat qui grignote l'œil de la mère d'Anton, un scalp réussi…) même si beaucoup restent hors champs (ou alors se résument à une grande giclée de sang sur le sol et les murs comme c'est le cas de la scène où une amie de Pnub passe dans une hélice ou encore la séquence de boucherie dans une voiture) à la déception de certains qui auraient voulu en voir un peu plus (principalement le passage où Anton enfonce une bouteille dans le front de Mick).
Un film donc un peu timide sur son aspect gore, facette que le réalisateur aurait pu un peu plus approfondir à mon avis même si nous pouvons penser que Rodman Flender préférait ne pas faire dans l'excès afin de conserver un certain panel de spectateurs…

Enfin, finissons comme il se doit par l'ambiance musicale de "la main qui tue". Comme convenu, nous restons bien dans le registre teenager et ce sont donc principalement des morceaux de punk new wave, ou néo-punk (avec la présence notamment du groupe Offspring, mené par ce cher Dexter), qui agrémentent la musique du film. Ajoutons également à cela du métal des années 90 et un peu de hard rock et on obtient une bande originale sympathique, rythmée et en parfaite osmose avec le contexte.



Au final, "la main qui tue" est un film à l'esprit très jeun's dont les qualités sont bel et bien présentes (bons acteurs, un rythme fort bien soutenu, de bonnes séquences farfelues et quelques effets sanguinolents bien maîtrisés). On reprochera tout de même au long-métrage de Rodman Flender quelques lourdeurs dans le scénario (sans pour autant que cela casse le rythme) ainsi qu'une discrétion un brin décevante concernant des scènes supposées gores que l'on aurait bien aimé voir d'un peu plus près et non en hors champs…
Un film à voir mais pas indispensable au sein d'une dvdthèque pour ma part.








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