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Apparemment inspiré par le succès de "Alien", Tobe Hooper s'essayera également au mélange science-fiction/horreur avec "Lifeforce". Ce sera le début des problèmes pour lui avec ce cinquième film bancal, qui aurait put être sûrement meilleur si Hooper ne s'était allié avec la firme Cannon. En étudiant de près la comète de Haley, un groupe d'astronautes explorent un étrange vaisseau spatial de trois kilomètres de long, qui semble totalement inhabité. Ils y découvrent des cadavres de chauves-souris géantes ainsi que trois sarcophages de verre renfermant deux hommes et une femme, apparemment inanimés. Tous trois sont ramenés sur terre, et y répandent une lourde menace.



"Lifeforce" sera la première tâche dans la carrière de Hooper. Certes on a vu plus catastrophique, et le film regorge d'idées, mais Hooper réalise un film parfois artificiel et hésitant. Après avoir récupéré trois corps issus d'un mystérieux vaisseau, la navette Churchill redescend sur terre sans aucun signe de vie, incendiée ,les seuls survivants étant les trois corps inertes trouvés dans l'espace. Ramenés dans un grand laboratoire, ils ne vont pas tarder à se réveiller et à semer la terreur dans les alentours. La jeune femme du groupe sera la seule qui pourra s'échapper, usant forcément de ses charmes pour attirer ses victimes. Des victimes vidées de leur souffle vital, réduites à l'état de zombies. Bien sûr, elles ont continuellement besoin de souffle vital pour pouvoir retrouver leur force et ainsi contaminer comme bon leur semble le monde qui les entourent. Ce mélange de vampires et de morts-vivants ne manque pas d'originalité, donnant lieu à des maquillages plutôt réussis. Sans énergie, le zombie explose en poussière. Mais pendant ce temps une navette est retrouvée avec à son bord, le dernier survivant du Churchill. Celui-ci semble être obsédé par la jeune femme d'outre-espace qui le hante jusque dans ses cauchemars.



L'astronaute semble connecté mentalement aux victimes que la jeune femme possède, donnant lieu à une traque difficile. Le gros problème de "Lifeforce" est de ne jamais laisser passer une quelconque émotion. Le film vire parfois au ridicule (les zombies maigrichons ont beau être bien réalisés, ils font peine à voir) et le scénario semble partir un peu dans tous les sens. Je serais tenté de dire que l'élément le plus intéressant reste la femme vampire, incarnée par une toute jeune Mathilda May (vingt ans au compteur à l'époque) qui se balade intégralement nue pendant tout le film, hypnotisant les victimes passant à sa portée avec un jolie sourire, et allant jusqu'à s'envoyer en l'air avec le héros dans une curieuse scène onirique. Certes cela fait plaisir à voir, cependant son personnage rappelle un certain film qui s'inspirera du concept, à savoir "La mutante". Comme quoi, on n'est pas au bout de ses surprises !



Il vaut mieux oublier l'interprétation beaucoup trop inégale (Steve Raisback en fait trop) et se concentrer par moment sur les beaux effets spéciaux, qui à quelques exceptions près, n'ont pas trop vieillis. Certains tiennent vraiment le coup (la belle tornade bleue à la fin, les cadavres se vidant de leur sang pour former la silhouette de la femme vampire..) d'autres moins (les décors du vaisseaux par exemple). D'ailleurs de ce coté-là, le film coûtera très cher, près de 2 millions de dollars rien que pour la séquence finale ! Mais le film pêche par une mise en scène et une réalisation trop académique, trop "propre" et quand on connaît les précédents films de Hooper, on se dit qu'il y a eut quelques changements entre temps dans le style du réalisateur.



Mais ce que réussit incroyablement bien Hooper, ce sont les scènes se déroulant dans un Londres apocalyptique, rongé par l'étrange mal vampirique, baignant dans une atmosphère d'apocalypse très impressionnante. Ce qui nous donne des plans dantesques, assez marquants où les habitants de la fameuse ville tente de fuir les contaminés, malheureusement trop nombreux et trop voraces. Et on a de la chance quelque part, que les vingt dernières minutes se passent dans ce contexte. Même si au fond, "Lifeforce" nous fait passer un bon moment et nous en donne pour notre argent, il reste finalement trop "carré" et trop droit pour être totalement convaincant. Tu y étais presque Tobe, tu y étais presque !

le dvd zone 1 edité par MGM comprend 15 minutes en plus que la version cinéma