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Sur une île des Caraïbes, des scientifiques cherchent un remède contre la dégénérescence cellulaire pour combattre des fléaux tels que le cancer. Alors qu'ils testaient leur potion miracle sur la fille d'un vaudou local, celle-ci décéda peu de temps après. Fou de douleur et avide de vengeance, le sorcier ouvrit alors une porte sur les Enfers et y jeta sa femme qui en ressortit transformée en démon, massacrant alors les malheureux scientifiques les uns après les autres. La porte donnant sur les Enfers étant restée ouverte, des morts-vivants en profitèrent pour passer du côté des mortels et décimèrent la population. Seule une petite fille de quatre ans réussit à s'échapper, portant autour du coup un talisman que lui a donné sa mère et qui n'est autre que la clef de la porte des Enfers… 20 ans plus tard, l'unique survivante du massacre revient sur l'île avec une amie et une poignée de mercenaires. Nos braves jeunes gens vont rapidement rencontrer des zombies, avides de chair fraîche et réveillés d'entre les morts par un trio d'explorateurs ayant osé lire le Livre des Morts, sorte de grimoire caché dans une caverne de l'île. L'un des trois explorateurs va réussir à échapper aux zombies et va se joindre au groupe de mercenaires qui, de leur côté, se sont retrouvés assiégés par les morts-vivants dans un hôpital délabré perdu au beau milieu de la forêt...



Certainement l'un des derniers représentants de la zombisploitation italienne, "zombie 4" est une nouvelle production Franco Gaudenzi ("zombi 3"…) dans laquelle nous retrouvons une fois de plus quelques têtes bien connues du bis italien que nous avions pu notamment croiser dans le troisième opus de la pseudo-saga des "zombie" : Claudio Fragasso (que l'on ne présente plus : voir la fiche de "zombi 3" pour plus d'informations à son sujet) à la réalisation et Rossella Drudi ("robowar", "les rats de Manhattan"…) au scénario.

Tout comme pour "zombi 3" (qui a d'ailleurs été tourné quelques temps avant, la même année), notre équipe décide de tourner aux Philippines, là où la main d'œuvre est peu onéreuse pour ce grand radin de Franco Gaudenzi!
Autre fait intéressant montrant "l'ampleur" (ton moqueur) du projet et notamment ce goût immodéré pour l'économie de lires italiennes : notre cher Claudio Fragasso tournera deux films en même temps, "zombie 4" la nuit et "mission suicide : strike commando 2" le jour! Tout simplement un génie ce Fragasso! En tout cas, ça en dit déjà long sur la qualité de notre "zombie 4"…

Passées ces quelques lignes sur le tournage du film, voyons de ce pas ce que notre "zombie 4" a dans le ventre!



Autant prévenir de suite : Rossella Drudi oblige, ne vous attendez pas à un scénario en béton, l'histoire s'apparentant bien plus à un abîme scénaristique dans lequel quelques rares bonnes idées réussissent à sortir la tête de l'eau pour finalement être bien vite oubliées, perdues dans un tourbillon de crétineries et d'incohérences désolantes. C'est dur et c'est pourtant ce qu'est ce quatrième volet de cette pseudo-saga des "zombie" : un grand n'importe quoi!

Ce qui gâche énormément dans ce "zombie 4", c'est ce scénario confus, comme recousu de part et d'autre, où nous assistons à une accumulation de séquences qui se suivent bêtement, sans véritable lien entre elles parfois.
Un enchainement de morceaux de pellicules qui entraînent forcément de lourdes incohérences dans l'histoire, et ce dès le début du film. En effet, tout reste flou dans les dix premières minutes qui ont pour but de planter le décor (une île, une malédiction vaudou, des zombies et une bande d'abrutis en guise de casse-croûtes) avant de nous balancer 20 ans plus tard comme par magie!
Comment la petite fille a-t-elle fait pour échapper aux zombies alors que tout le monde s'est fait bouffer? Comment sa mère s'est-elle procurée ce talisman et comment sait-elle que c'est la clef de la porte donnant sur le Monde des Enfers? (…) Autant de questions qui ne trouveront pas réponses dans notre "zombie 4"…

Et c'est ainsi tout au long du film : le spectateur ingère incohérence sur incohérence (sans pour autant que cela inquiète notre duo Drudi / Fragasso ni même Gaudenzi qui doit être en train de siroter un cocktail sur un transat, les doigts de pieds en éventail à quelques mètres de là…) mais heureusement diront certains le temps passe vite!

Ah ça oui : le rythme est plutôt bien soutenu et on ne s'ennuie que très peu au final, entre les âneries qui s'enchainent à une cadence folle (les rituels vaudous avec bougies, talisman et tout le tintouin / les zombies qui tirent au fusil / les M-16 en parfait état retrouvés dans un hôpital…), les acteurs qui surjouent un max (certaines scènes axées sur nos mercenaires mériteraient de devenir cultes : Nick Nicholson est tout simplement jouissif! Il débite des conneries à s'en faire péter le gulliver!) et les quelques scènes de combats de zombies totalement débiles (ça saute dans tous les sens à la façon d'un "zombi 3")!

Un rythme qui d'ailleurs s'accélère lors du siège de l'hôpital par les zombies à la façon d'un certain "la nuit des morts-vivants" : ça tire dans tous les sens, ça gueule, ça gesticule… Même si on a plus l'impression à ce moment d'être dans un siège tenu par des zombies à la "house of the dead" plutôt qu'à la "night of the living dead", le résultat reste fort plaisant tellement c'est bête et dynamique à la fois! Le meilleur passage du film avec l'introduction où notre démon femelle massacre nos scientifiques (bon d'un côté il n'y a pas beaucoup de bons passages dans ce film donc il n'est pas bien difficile de trier le bon du mauvais).



Comme dit ci-avant, le casting est tout bonnement jouissif ! Mon dieu que ça joue mal et pourtant on ne peut s'empêcher de se marrer devant nos braves mercenaires qui se la jouent du début à la fin pour en mettre plein la vue aux minettes! Le trio infernal des mercenaires : en chef de file Nick Nicholson (un habitué des films made in Philippines!) dans son rôle de gros dur au look à mi-chemin entre le viking et le biker, suivi de près par le tonitruant Jim Moss (lui aussi aimant les productions cheap made in Philippines) avec son bandeau à la Rambo et sa dégaine de petite frappe et enfin Jim Gaine, le black de l'équipe qui semble résister aux balles! Quelle fine équipe : avec eux les zombies n'ont qu'à bien se tenir!

Et justement, les zombies parlons-en : ceux-ci vont donner du fil à retordre à nos pauvres légionnaires! Alors que "zombi 3" mettait déjà en scène des morts-vivants vifs et sautant comme des puces sur tout ce qui bouge (n'hésitant pas d'ailleurs à tendre des pièges et des embuscades!), notre "zombie 4" va encore plus loin et ose des choses encore plus dingues! En effet, les zombies (qui ressemblent d'ailleurs fortement à des lépreux soit dit en passant) font maintenant des prises de catch et de judo (faut les voir choper leurs victimes en les plaquant), ce qui ne les empêche cependant pas de s'en prendre plein la gueule pour par un rond (on adore d'ailleurs cette façon qu'ils ont de sauter en arrière comme des zouaves dès qu'ils prennent une balle!).

Encore mieux, nous avons à présent le zombie froussard (bah oui, il s'enfuit quand on lui court après…), le zombie armé (il tire au fusil! Si, si) et le zombie islamique (certains portent en effet des foulards islamiques, voire même des semblants de burqas!). A quand le zombie gourmand, le zombie farceur et le zombie à lunettes???

Outre les mercenaires et les zombies, on remarquera également la présence de Jeff Stryker dans la peau d'un bel explorateur, bien loin de ses habituels plateaux de tournage de pornos gays. Le beau gosse gardera d'ailleurs sa chemise entrouverte tout au long du film (avis aux amatrices) mais son physique est finalement son seul atout : notre ami joue comme un pied, ce qui exaspérera d'ailleurs notre ami Claudio Fragasso (ça devrait lui plaire pourtant…) à en croire les révélations faites dans les bonus du dvd français…



Film de zombies oblige, nous aurons droit à quelques passages sanguinolents. Et là, on voit que Claudio Fragasso s'en est parfois donné à cœur joie : éventration, égorgements, énucléation, head-shoot, arrachage de visage… L'introduction à elle seule avec sa femme démon (jouée par Geretta Giancarlo que l'on retrouve justement dans "démons" de Mr Bava) en dit beaucoup sur l'aspect sanglant du film : l'un de nos pauvres scientifiques se fait extirper puis malaxer l'œil avant de se faire arracher la peau du visage! Le tout en gros plan! Une très bonne séquence gore comme on les aime dans ce genre de production bis!

Niveau décors, c'est divers même si ça reste du déjà vu : une forêt à perte de vue, une bâtisse abandonnée qui servira de refuge à nos valeureux mercenaires, une caverne qui abrite la fameuse porte des Enfers (oui je sais ça fait très peur)… Ajoutez à cela un jeu de lumière exécrable fait de couleurs parfois vives (rouge, jaune, vert fluo…) donnant ce côté un peu surnaturel dont on se serait finalement bien passé.

Enfin, autre point reflétant cet aspect détendu et non sérieux du film : la musique. Plus proche de celle d'un "return of the living dead" que d'un "zombi 2", celle-ci nous plonge dans une ambiance un brin fofolle dès le début du film, confirmant ce côté très nanar (lorgnant parfois il est vrai vers le navet) de "zombie 4".

Au final, ce "zombie 4" est presque en tout point inférieur à son prédécesseur (qui lui déjà ne volait pas non plus bien haut soyons honnêtes), à l'exception de cet aspect un peu plus goreux ici.
Mais "zombie 4" doit surtout être vu comme un bon gros nanar pour être apprécié à sa juste valeur (si on peut dire ainsi). Alors certes toutes ces incohérences et ses morceaux de pellicule recousus par-ci par-là gâchent quand-même le visionnage du film mais, sans trop réfléchir (de toute façon devant ce genre de film c'est peine perdue d'essayer de tout comprendre…), on parvient tout de même à extraire quelques bons passages malgré ce condensé de crétineries même si encore une fois on n'est pas face à un monument du nanar…








Du même réalisateur :

SCALP
ZOMBI 3
AUTRE ENFER - L
TROLL 2