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Bastien est retourné dans le monde quotidien et vit assez mal les nombreuses absences de son père, débordé par le travail. Il retourne à la bibliothèque de Mr Koreander et emprunte à nouveau "l'histoire sans fin" pour retourner dans l'univers de Fantasia. Mais le mal menace à nouveau le fameux monde magique.



D'emblée, il faut savoir que le George Miller posé à la réalisation n'est pas le grand réalisateur de "Mad Max", "Les sorcières d'Eastwick" ou de "Babe" mais un petit réalisateur australien sans véritable envergure. On peut s'attendre à un sombre nanar ou à une excellente suite, malheureusement ici ce sont les deux solutions qui se rencontrent. D'un côté, le monde de Fantasia devait être à nouveau approfondi avec des moyens plus considérables et en montrant toujours plus les créatures et les paysages de cet univers merveilleux. Cette suite répond d'une certaine manière à cette demande mais rate de nombreux éléments qui auraient pu rendre cette séquelle magistrale.



Le jeune Bastien est retourné dans son monde où il passe le plus clair de son temps à ne rien faire. Son père n'est pas assez présent et sa mère défunte lui manque (on se croirait dans un téléfilm de dimanche après-midi, tiens). Sujet au vertige (lorsqu'il doit sauter du haut d'un plongeoir il croit voir des chutes d'eaux gigantesques, tsss !), il se rend chez Mr Koreander, le bibliothécaire ronchon qui lui a fait découvrir le livre magique. Tenté par les appels de la jeune impératrice provenant du livre de "l'histoire sans fin", Bastien pique à nouveau le bouquin et se retrouve directement dans le monde de Fantasia. Une idée curieuse, surtout quand on sait que Bastien ne faisait qu'interagir avec le monde de Fantasia dans le premier film. Il retrouve Falcor, le dragon albinos à tête de chien et Atreyu, l'intrépide chasseur de bisons. Après l'infâme Gmork et le néant, voila que le bad guy de cette séquelle est Xayide, une cruelle sorcière qui projette une terrible menace sur Fantasia : le vide ! Comme quoi la scénariste ne s'est pas trop foulée à ce niveau-là.



Le gros problème du film ne provient non pas de son rythme ou de son scénario mais plutôt des deux jeunes acteurs principaux. Celui interprétant Bastien est en fait Jonathan Brandis qu'on a pu voir dans "The Stephfather 2" et dans "It", ici pourtant ses mimiques et son jeu hystérique sont incroyablement lourds surtout quand on repense au plus approprié Barret Oliver, qui fut l'interprète du garçonnet dans le 1. Quand au nouvel acteur jouant Atreyu, c'est la catastrophe assurée : on est loin du jeu naturel et attachant de Noah Attaway, ici on a l'impression d'avoir un véritable traître face à Bastien, tellement la fraîcheur de Attaway s'envole complètement au service d'un sérieux pathétique. Le problème est que même les personnages eux-mêmes s'en retrouvent infectés, comme le prouve cette scène où Bastien fait le vœux de voir apparaître un dangereux dragon pour se déplacer, alors qu'il sait très bien que Falcor est bien là pour l'aider dans un cas pareil, étant justement un dragon porte chance. Mais le pire vient surtout de l'accumulation de bons sentiments mielleux justement absents du premier film. A chaque fois que Bastien fait un vœu avec l'Auryn (un collier magique ornant le livre de l'histoire sans fin), la sorcière Xayide récupère ses souvenirs un par un pour le vider de ses pensées. Du coup, certains souvenirs sont projetés au spectateur, faisant le lien avec la mère de Bastien et les relations du gamin avec son père. Une relation justement niaise et sans grand intérêt qui tente en vain de donner un cachet "émotion" nullement convaincant, bon à faire pleurer… à faire pleurer qui d'ailleurs ? Ben non, je ne vois pas.



Miller nous balance même un gentil happy end bien foireux (celui du premier film avait au moins l'intérêt de faire rêver et d'émerveiller) où Bastien surmonte sa soit-disant peur en sautant dans les chutes qui le terrorisait, traduites par un beau mate painting foireux. Maintenant le problème est de savoir si le film à des qualités, eh bien oui il en a fort heureusement ! A savoir de sublimes décors peut-être plus originaux et plus beaux que ceux du premier volet, qui insufflent toute la force magique du film. Parmi ces splendides décors, le plus marquant reste sans doute la cité d'argent, sorte de cité post-Venise, scintillante et merveilleuse, dont l'eau cache en fait un liquide proche de l'acide sulfurique. Les monstres et créatures sont plus nombreuses et plus convaincantes que ceux du premier volet, et font preuve d'une belle imagination : homme oiseau, conseiller à la tête tournoyante, dragon cracheur de feu, géant au faciès cauchemardesque… Là encore des trouvailles visuelles intéressante comme la ceinture d'invisibilité avec un œil au milieu, ou encore la machine à souvenirs de Xayide. On pourra retrouver le géant de pierre, déjà présent dans le 1, ici obligé de se coltiner un horrible lardon en pierre sorti de nulle part, auquel on voudrait bien mettre quelques pains. La musique synthétique et enchanteresse de Giorgio Moroder disparaît au profit de celle orchestrale de Robert Folk, et malheureusement pour nos oreilles on aura le droit à une reprise foireuse de l'excellente chanson de Limalh, "the neverending story" justement. Malgré tous ces défauts, cette suite constitue un divertissement honorable mais à mille lieues du chef-d'œuvre de Petersen. Magique et efficace peut être, mais trop inégal sans aucun doute.








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