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Ed Harley est un fermier tranquille, menant une vie simple avec son jeune fils et tenant une petite épicerie. Une bande de citadins va tuer accidentellement le fils de Ed, qui n'a à présent qu'une seule idée en tête : se venger. Il va faire appel à une sorcière, vivant dans la région, qui va lui permettre d'assouvir son désir de vengeance.



Si Dick Smith est abonné aux effets de transformation ou de vieillissement, si Tom Savini est le maître du gore, Stan Winston, lui, est plutôt le spécialiste des monstres. Un véritable "faiseur de monstres", mais pas n'importe quel monstre bien sûr : "Predator", "Alien", "Edward aux mains d'argent", les raptors de "Jurassic Park", la Tooth Fairy de "Nuits de Terreur"… Et tout comme la plupart des maquilleurs de film d'horreur (Tom Savini, John Carl Buechler, Chris Walas…) il se tente à la réalisation, et signe une véritable petite perle : "Pumpkinhead". Une œuvre méconnue puisque sortie en catimini chez nous en 1992, directement en vidéo et sans véritable succès. Il sera d'ailleurs distribué sous le titre du "Démon d'Halloween", titre mensonger puisque que le monstre n'entretient aucun rapport avec la fête (si ce n'est l'allusion à la citrouille).



A la vision du film, on pourra distinguer quelques petites similitudes étonnantes avec "Jeepers Creepers 2" : un père confronté à la mort de son fils, le cadre du film, le monstre sanguinaire poursuivant sans relâche le groupe d'adolescents ou encore cet homme au début du film se retrouvant piégé pendant un moment dans un champ de maïs par le démon. Lance Henriksen, qu'on a pu voir dans "Piranhas 2", "Near Dark" ou "Aliens", rentre parfaitement dans la peau de son personnage, un homme déchiré par la mort de son enfant, qui n'aura plus conscience de ses actes et finira par envoyer un horrible démon aux trousses d'une bande de jeunes. La mort du fils de Ed est d'ailleurs provoquée par l'un des jeunes, s'entraînant à moto et finissant par percuter violemment le bambin, pour ensuite s'enfuir, laissant le lourd problème entre les mains de ses amis, qui ne savent plus quoi faire et se retrouvent dans une situation alarmante. Désespéré, Ed ne sait que faire et verra mourir son fils dans ses bras, une scène forte mais terriblement douloureuse autant pour Ed que pour le spectateur. Rongé par la haine, il se rend chez une vieille femme inquiétante, une sorcière décrépite qui conduira Ed à sa perte en invoquant le démon de la vengeance. Celui-ci va massacrer un à un les accusés, voire les personnes s'interposant sur son chemin comme le veut la légende.



A chaque victime assassinée, Ed perd ses forces et commence à être sujet à des crises de plus en fortes, qui conduiront à un résultat inattendu, mais à propos duquel je préfère me taire pour ne pas vous gâcher l'un des coups de théâtre final. Les survivants de cette mésaventure vont tenter d'éliminer le monstre, avec l'aide de Ed et d'un jeune garçon. Winston ne s'occupe pas de la conception du monstre et la confie à d'autres maquilleurs, en particulier Tom Woodruff Jr qui s'occupe du maquillage du monstre et endosse le costume de celui-ci. Le monstre, parlons-en justement, est une petite merveille, et surprend surtout par sa très grande taille et son faciès démoniaque qui prend plusieurs formes au cours du film, les transformations étant là aussi très réussies. Invoqué pour pratiquer une terrible vengeance, il n'y va pas de main morte et tue ses victimes avec un sadisme non dissimulé, jouant avec elles pour mieux les faire souffrir. Il balance une jeune fille du haut d'un immense arbre, empale un bellâtre à l'aide d'un fusil ou en trimballe d'autres en les balançant dans toutes les positions possibles. Même si la majorité des meurtres sont montrés la nuit, Winston n'hésite pas à faire couler du sang quand il le faut. Une bonne idée assez originale : à chaque arrivée de Pumpkinhead, des flashes bleutés jaillissent de nulle part, donnant un côté très surnaturel à la créature.



Le film nous offre la vision d'une Amérique profonde moins dérangeante que celle de "Délivrance" ou de "Massacre à la tronçonneuse", mais toute aussi sale et mystérieuse. La dernière et plus importante partie du film se déroule dans une forêt sombre et boueuse du plus bel effet, rappelant étrangement celle de "Evil Dead", surtout lorsque les protagonistes se réunissent pendant un moment dans un chalet isolé. Un important effort est porté sur les éclairages, jouant avec les couleurs chaudes et orangées, et des extérieurs nocturnes bleutés fascinants. Les décors également sont souvent magnifiques comme ce cimetière brumeux jonché de squelettes ou encore cette église en ruine. Totalement dénué d'humour (chose bien rare pour l'époque) et souvent bien maîtrisé, "Pumpkinhead" est un régal de série B comme les années 80 savaient bien en faire. Stan Winston glisse même un clin d'œil amusant à "Aliens" vers la fin, lorsque l'héroïne s'arme d'une lance flammes pour combattre le monstre. Le film aura une suite : "Pumpkinhead 2 Blood Wings" qui comprend un casting hallucinant : on peut y trouver Andrew Robinson (Larry, le papa de Kirstie dans "Hellraiser"), Linnea Quigley, Kane Hodder et Roger Clinton(le frère d'un certain Bill). Outre une séquelle, un comic book et une sublime figurine signée Mcfarlane verront le jour.








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