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Réalisation
John Waters

Scénariste
John Waters

Date de sortie
1977

Genre
trash

Tagline


Cast
Liz Renay
Mink Stole
Susan Lowe
Edith Massey
Jean Hill
Mary Vivian Pearce


Pays
USA

Production


Musique
Allen Yarus & Chris Lobinge

Effets spéciaux



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Avec la complicité de sa femme de ménage Grizelda, Peggy assassine son mari et s'enfuit avec sa complice. Bloqué sur le chemin par un curieux policier, elles sont obligées d'habiter à Mortville pour éviter la prison : un village où toute la vermine de Baltimore se retrouve dans la crasse la plus totale.



Surnommé le "Pape du trash", John Waters est un être unique, dont la carrière se découpe distinctement en deux parties : sa partie "underground", composée de films à petit budget, très trash et qui repousse très loin les limites du genre; et une deuxième partie composée de films à plus gros budgets, d'acteurs nettement plus connus du grand public, et à l'aspect "underground" totalement gommé. Inspiré par des réalisateurs comme Heschell Gordon Lewis ou Russ Meyer, il fonctionne sur une recette simple : pour se faire remarquer, il faut réaliser des films provocateurs. Une recette qui fera des émules comme Peter Jackson ou Jorg Buttergeit (dont le film "Nekromantik" fut félicité par Waters lui-même). Il n'hésite pas à développer des idées farfelues comme tourner un film en Odorama (Polyester) ou de faire manger véritablement une crotte de chien à sa muse Divine dans une scène légendaire de Pink Flamingos !



Dès le générique, on découvre les intentions de Waters : on y voit une table bien dressée, propre, avec assiettes et plats, puis quelques mains baladeuses y posent un plat magnifiquement décoré, contenant un horrible rat cuit à point que l'une des personnes qu'on ne peut voir va s'empresser de goûter ! Les intentions sont évidentes : la vision d'une Amérique bien propre sur elle rapidement saccagée par le mauvais goût. Ainsi, le film débute dans une maison en apparence bien tranquille de Baltimore (ville fétiche de John Waters), mais où justement il n'y a rien de tranquille. La maisonnette est habitée par la gentille famille de Peggy Gravel, une jeune femme névrosée au bord de la folie qui cède à nouveau à une crise. Son mari a bien du mal à la calmer et l'imposante femme de ménage Grizelda en profite pour dévaliser la cuisine. En quelques minutes, Waters triture nos zygomatiques avec brio, cassant l'adorable american way of life. Mais la crise de Peggy va trop loin et elle blesse son mari, pour ensuite l'accuser de l'avoir battue ; Grizelda vient à sa rescousse et tue le mari en l'écrasant avec son énorme popotin ! Déjà en cavale, elles tombent sur un flic pervers qui l'est force de prendre le chemin de Mortville, une ville d'assassins et de dépravés vivants dans un véritable dépotoir.



Peggy et Grizelda sont obligées d'emménager dans la baraque de Mole et Muffy, un couple de lesbiennes vulgaires et surexcitées. La première est un garçon manqué repoussant et agressif, ancienne catcheuse qui a tuée son rival, la deuxième, une ancienne bourgeoise nymphomane qui a assassiné une baby sitter maladroite en la noyant dans de la pâté pour chien. Tout cet horrible monde est gouverné par une mocheté royale, l'infâme reine Carlotta, se tapant les gardes en vêtements moulants qui sont à sa solde, et maltraitant sa fille, la princesse Coucou, amoureuse d'un éboueur nudiste ! Ce que réussit avant tout Waters, c'est l'avalanche d'idées et de situations qui empêche le spectateur de s'ennuyer. Réalisé avec quelques bouts de ficelles, Desperate Living cherche à faire fuir les âmes sensibles ou de bon goûts, et on peut dire que c'est réussi !



John Waters ose justement aligner des scènes chocs comme il les aime : un œil éclaté à coups de talon puis écrasé d'un coup sec, repas imposé de force à base de cancrelats vivants, pénis découpé sauvagement à l'aide de ciseaux en gros plan… Les idées les plus farfelues défilent comme la reine Carlotta qui finira cuite comme une dinde ou la fameuse "journée à l'envers", où les habitants de Mortville sont contraints de marcher et de s'habiller à l'envers. Waters insiste également sur des détails bien crados renforçant l'aspect underground du film (le cadavre du chien sur la route, les différents quartiers de Mortville, le maillot de Mole arborant un immense vagin...). John Waters va vraiment très loin et son film sera d'ailleurs classé X aux Etats-Unis. Forcément son film est jouissif, dégoûtant, hilarant mais attention, il reste réservé à un public très averti.








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