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Allan Mann, un jeune étudiant en droit à l'avenir prometteur, devient paraplégique suite à un accident. N'ayant plus goût à rien, il se laisse dépérir jusqu'à faire une tentative de suicide. Son ami Geoffrey, un chercheur à l'université, va alors lui offrir un capucin au nom d'Ella. Le petit singe a été entraîné pour assister un paraplégique dans sa vie de tous les jours, mais son comportement va devenir de plus en plus irascible jusqu'à mettre la vie d'autrui en danger.



Avec ce film au sujet atypique, George Romero nous offre un thriller horrifique de haut niveau, jonglant entre le suspense pur et le drame psychologique, le tout mené de main de maître en ce qui concerne la réalisation. En effet, le film est composé presque uniquement de gros ou moyens plans, ce qui rapproche le spectateur d'autant plus de l'action, mais bien qu'ils soient plusieurs à partager une scène, les acteurs se trouvent la plupart du temps seuls à l'image, ce qui accentue le sentiment de solitude et d'aliénation d'Allan.



Dans la peau d'Allan, Jason Beghe est assez étonnant dans sa façon de faire passer la frustration rapidement croissante que peut ressentir tout être humain condamné à dépendre des autres pour leur simple vie de tous les jours. Son entourage a pitié de lui mais leur attention constante est surtout un rappel pour Allan de ce qu'il est devenu et il en souffre d'autant plus.

Il n'est donc guère étonnant de voir à quelle vitesse le jeune homme s'attache à Ella ni à quel point il apprécie sa compagnie. Le petit singe est adorable au départ, et l'on ne peut s'empêcher de sourire face à ses prouesses (comme de faire le ménage ou se servir dans ses biscuits de récompense sans y être invité). Mais son comportement devient graduellement imprévisible et il y a quelque chose de sérieusement inquiétant à être sous une sorte de domination de la part d'un petit animal présentant une intelligence et des sentiments tout à fait humains.



La raison pour le comportement changeant d'Ella est à trouver du côté de l'ami d'Allan, Geoffrey. Il a mis au point un programme d'étude sur les capucins mais le seul singe à présenter des résultats concrets est Ella. Il va alors fabriquer un sérum comportant de la cervelle humaine et le lui injecter régulièrement. Son "humanisation" va créer un lien télépathique avec Allan chez qui elle aura accès aux sentiments de colère refoulés, et qui vont décupler sa propre agressivité naturelle.

Elle va se défouler sur les gens qui ont blessé Allan et envers qui il nourrit une haine tenace, mais qui semble s'atténuer dès que le petit singe n'est plus en sa présence. Il ne souhaite tuer personne et n'a jamais voulu qu'Ella devienne un instrument de vengeance par procuration, mais la vérité est là et Allan sera obligé de confronter la petite créature s'il veut retrouver sa vie paisible d'avant.



**SPOILERS**


Toute la fin déborde de tension, surtout qu'Ella est dotée d'une intelligence hors normes faisant d'elle un ennemi redoutable. Allan devra puiser en lui-même toutes les ressources possibles afin de ruser pour la vaincre mais ce ne sera pas si facile. Il devra se résoudre à devenir un animal lui-même ce qui, somme toute, n'est que l'extension de son propre comportement jusque-là.

Dans une sorte de happy end un peu inhabituel pour Romero, la donne est inversée et Allan recouvrera son humanité de façon un peu magique, mais peu importe puisque nous venons de passer un moment proprement terrifiant, renforçant une nouvelle fois (si tant est qu'il y en avait besoin) le fait que George Romero est un réalisateur au talent exceptionnel, particulièrement doué pour décortiquer la psyché humaine. Un film à (re)voir, assurément.


**FIN SPOILERS**