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Au large de Guam, dans les Mariannes, une sorte de tornade se forme brusquement sur l'océan pacifique. Un pilote de l'US Air Force en vol d'essai se dirige vers le phénomène, perd le contrôle et s'éjecte tandis que son appareil explose contre un obstacle invisible. Parachuté dans une petite île isolée, il voit un extra-terrestre translucide mourir entre les huit pattes d'un gros parasite… Un peu plus tard, des patients affectés de blessures et de troubles neurologiques étranges sont acheminés sur Guam. Une petite équipe formée d'une pilote, de scientifiques et de militaires se charge alors d'aller enquêter sur l'origine du problème. Mais à peine leur avion est-il parvenu à proximité de l'île qu'il tombe en panne, et c'est en atterrissage forcé qu'ils échouent sur la plage…



Pur film d'exploitation, "Arachnid" reste à l'image de son producteur Brian Yuzna, chez qui l'intérêt ne dépare jamais une certaine générosité. Tout en recourant à l'associationnisme de récupération, technique proprement Z consistant à compiler les éléments les plus croustillants de quelques grands succès du genre, il tient néanmoins à fournir un film de bonne facture : réalisateur solide, budget honorable, effets spéciaux relativement réussis (seuls les effets numériques sont médiocres, un problème récurrent pour la Fantastic Factory…), au final ce qui aurait pu n'être qu'un pauvre nanar se hisse au niveau d'une modeste petite série B.



Pour cette histoire d'araignée géante venue de l'espace, et contrairement à ce que le titre semble indiquer, ce n'est pas vraiment l'arachnophobie qui est visée. Les petits spécimens sont plus hérissant que les gros, et les films qui ont été pillés pour la cause sont en fait "Alien" (l'équipe, le cocon), " Predator "(la provenance spatiale et la jungle) et "Starship Troopers" (la taille du monstre et son dard articulé) : traque et affrontement du grand ennemi, on est davantage dans le registre du suspens et de l'action que dans celui de la peur.



Le choix de Jack Sholder à la réalisation est significatif : pas un génie, mais quelqu'un sur qui on peut compter pour ficeler correctement un métrage alimentaire. Prises de vue et montage fluides, scènes d'action qui dissimulent assez habilement leur statisme, les événements sont prévisibles mais ont toujours un petit côté original qui les empêche de devenir pénibles. Les variantes monstrueuses qui précèdent la grande araignée sont de cet ordre, Sholder prenant même un plaisir manifeste à citer ce qui avait fait son succès avec "The Hidden" : une séquence de régurgitation dont l'horreur ressort d'autant plus qu'elle est accueillie par les autres personnages avec un manque de réactivité qui frise la pure contemplation.



C'est qu'il y a quelque chose de vraiment bizarre dans "Arachnid". L'araignée mutante, déjà, à l'air elle-même assez embarrassée par sa taille (il faut voir les précautions qu'elle prend pour descendre un toit sans faire de bruit, la pauvre !) et semble aussi agressive qu'effrayée. Mais de la même façon, les membres de l'équipe d'exploration, avec leurs pseudo tensions internes et leur singulière égalité d'humeur en toute circonstance, finissent souvent leurs échanges sur des regards blasés… Pas une hausse de ton, une curieuse indifférence… Bien sûr, on peut y voir un jeu médiocre et un manque de conviction. Mais le décalage qui en ressort constitue une curiosité assez troublante, et pimente paradoxalement par le vide un bon petit spectacle, honnête et sans prétention.