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Un scientifique, Emmanuel Hildern, revient d'une expédition en Afrique où il a trouvé le squelette de ce qui semble être un homme préhistorique. En voulant nettoyer les os avec de l'eau, de la chair se forme sur un doigt. Hildern coupe le doigt et en extrait une substance censée provoquer le mal latent chez une personne (…). Au nom de la science, il va inoculer sa fille dont la sexualité va se réveiller dangereusement, jusqu'à mettre sa propre vie et celle des autres en danger.



Ce film débute merveilleusement bien, avec un Peter Cushing en grande forme comme le scientifique trop préoccupé par son travail pour passer un peu de temps avec sa fille après des mois d'absence. On y retrouve tous les ingrédients d'un film d'horreur délicieusement rétro, autant dans les décors victoriens que dans le laboratoire bien fourni où d'étranges expériences ont lieu, et surtout dans l'ambiance Gothique, qui fait ressembler ce film à un pur produit Hammer alors qu'il n'en est rien.

A son retour, Hildern reçoit une lettre de son frère (joué par un Christopher Lee très absent, autant à l'image que par son jeu), lui apprenant la mort de sa femme. Lee est le directeur de l'asile où elle fut enfermée de nombreuses années auparavant suite à un délabrement mental relaté dans un flash-back beaucoup trop long. Et c'est durant ces moments que ça se gâte, car le film se perd plusieurs fois entre le genre horreur et le drame banal, Francis étant incapable de mélanger les deux de façon satisfaisante.



Afin de protéger sa fille qui était encore petite, Hildern lui avait fait croire que sa mère était morte, mais elle va découvrir la vérité en fouillant dans la chambre interdite de sa mère. Cette découverte va déclencher l'effet malfaisant de la substance que Hildern lui a inoculée, et un parallèle un peu évident sera fait entre Pénélope et sa mère adultère, ancienne danseuse de cabaret. En effet, le film exploite à fond les relations famille – sexualité – secrets de famille à travers le comportement dévergondé de Pénélope, et fait peu subtilement passer le message que tout laisser-aller doit être puni.



Pour un film de si courte durée (1h34), Francis introduit beaucoup trop d'idées. Lorsque Hildern va voir son frère à l'asile, un des malades s'échappe, un dangereux criminel. Il va croiser la route de Pénélope qui s'est enfuie d'un pub où elle a failli être violée et une relation ambiguë mais très intéressante va d'emblée s'installer entre eux. Malheureusement, cela aurait conduit le film sur encore un autre chemin et il est rapidement évident que Francis s'est vu contraint d'abandonner, si bien qu'on se dit que le personnage de ce malade était tout à fait inutile.



Malgré quelques points négatifs, les acteurs sont tous bons et la réalisation de Francis impeccable. Les plans sont composés en majeure partie de moyennes et de longues prises de vue, si bien que cela met une certaine distance entre le spectateur et les émotions présentes, mais a également pour résultat d'augmenter le suspense et la tension, surtout dans la dernière partie où la créature prendra enfin vie et se retournera contre son créateur. On ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec le Dr Frankenstein et ses propres expériences, tant Victor et Hildern sont finalement semblables. Mais la comparaison s'arrête là et ce film est loin d'être un classique du même genre, mais reste pourtant une œuvre complexe et dérangeante, un must pour tout fan d'horreur scientifique des années 1960-70.

Pour rappel, ce film fait partie d'un coffret Peter Cushing contenant également "Le train des épouvantes", "L'île de la terreur" et "Le vampire a soif".