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Les feebles sont d'étranges créatures qui préparent ardemment leur nouveau spectacle. Mais les feebles sont loin d'être des anges : sale, pervers, dépravé, drogués, suicidaires, meurtriers, ils ne reculent devant rien et chacun d'eux vit une aventure délirante qui se termine forcement mal…



Avec "Bad Taste", Peter Jackson nous montrait que même avec un minuscule budget, on pouvait réaliser un film bourré d'idées et forcément génial. Cette recette, Jackson ne l'a pas inventé, puisque Sam Raimi, Tobe Hooper ou George A.Romero s'y était déjà essayé, mais il réussit à l'exploiter à fond et avec talent. Après "Bad Taste" donc, Jackson signera deux ans plus tard l'hallucinant "Meet the feebles", une parodie déjantée de la série "Les Muppets", et on peut dire qu'à la sauce Jackson, ça décoiffe. Il faudra savoir que le tournage du film fut un véritable enfer en raison d'un calendrier très serré malheureusement imposé (trois semaines de préparation et douze semaines de tournage) ainsi que le froid terrible qui régnait lors du tournage se déroulant dans un entrepôt ferroviaire désaffecté. Le film raflera entre autre une sélection dans "les Minuits" du festival d'Avoriaz de 1991 ainsi que le "Prix Très Spécial".



Mais qui sont les Feebles ? Et bien ce sont des Muppets d'un nouveau genre, plus proche de l'esprit des Troma que du "Saturday Night Live", des créatures moches, infâmes, dégeulasses qui représentent à elles seules l'esprit du trash : de la merde, du sang, du vomi et la pisse. Pourtant "Les feebles" est un film qui sait faire rire et qui malgré ses excès, réussit à rester dans certaines limites. Car à force d'excès, un film peut franchement lasser, voire ne jamais faire rire.

Ici Peter Jackson illustre différents registres et réussit bien à titiller nos zygomatiques. Les feebles sont nombreux mais ne sont pas tous pareil, ils ont leur personnalités et des problèmes différents : Heidi est une hippopotame suicidaire et boulimique, Bletch est un morse trompant justement Heidi et faisant des trafics douteux, Harry est un chaud lapin (dans tous les sens du termes) qui se chope une vilaine maladie, Robert est un hérisson aussi naïf qu'inoffensif, Trevor est un rat qui tourne des films pornos SM dans les sous sols où on peut voir des vaches se faire fouetter par des cafards, Eye Fly est un mouche qui fouille de la nourriture dans les WC et cherche les ragots les plus indiscrets, Wynyard est une grenouille vétéran du Vietnam qui se réfugie dans la drogue, Arthur est un vers de soie qui ne rêve que d'une vie paisible, Cédric est un sanglier violent et dealer… Une galerie de personnages complètement fêlés et dont certains réussissent a être quelque peu attachant, si si !



L'une des grandes idées du film est d'alterner un humour scato et trash avec un humour plus simple mais tout aussi drôle : les tentatives ratées de drague de Robert, la vache SM qui écrase son partenaire cafard par mégarde ou Heidi qui engloutit toute une pâtisserie à elle seule avant de foutre le boxon sur le plateau. Tout comme "Braindead" ou "Bad Taste", "Les feebles" n'est pas un grand budget mais il y profile des idées hilarantes et souvent inattendues : Bletch qui refile des produits toxiques en guise de coke, le crucifix avec Kermit la grenouille à la place de Jésus-Christ et bien sûr la longue scène de flashback ou Wynyard se remémore ses souvenirs du Vietnam : Jackson en profite d'ailleurs pour parodier comme un petit fou certaines scènes de "Full Metal Jacket" ou de "Voyage au bout de l'enfer". Mais le grand moment de "Meet the feebles" reste sans aucun doute la scène finale où les feebles se font massacrer à coup de mitrailleuse dans des gerbes de sang, avec comme fond musical, la chanson "Sodomy" !! Jackson finira même son film avec une pointe d'émotion aidée par une magnifique chanson finale.



Et sur le coup, "Les feebles" prend une ampleur différente, grâce au furieux talent de Jackson qui réussit à susciter de l'émotion dans un film sale, affreux et bien gore. Entre ses rebondissements constants, sa bande sonore plutôt réussie, ses personnages mi-attachants, mi-repoussants et son carnage final annonciateur de celui de "Braindead", "Meet the feebles" est un véritable bonheur, à ne pas mettre en toutes les mains, surtout celle repoussées par le mauvais goût constant.