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Seymour est un misérable employé travaillant chez un petit fleuriste de bas quartier. Un jour, Seymour trouve une mystérieuse plante qui se nourrit de sang, elle va grandir et fait revivre la boutique grâce à son succès. Mais elle se met à parler et réclame de plus en plus d'hémoglobine…



Au départ, "La petite boutique des horreurs" est une sympathique série B de Roger Corman de 1960, où un jeune fleuriste nourrissait une gigantesque plante carnivore en carton pâte qui criait à tout bout de champ "Feed Me, feed me !". Si le film de Corman était plutôt un film d'horreur mâtiné d'humour, ce remake est complètement différent, même s'il reprend la trame générale. Frank Oz peut faire quand il le veut des miracles, surtout quand on voit une œuvre comme "Dark Crystal", on ne se pose pas vraiment de question : ce petit gars a beaucoup de talent et il peut le prouver. Avec ce remake, il signe une comédie jubilatoire, culte pour certains.



Le film se déroule dans un milieu urbain étouffant et rétro, où même les clochards veulent quitter ce bas monde. Seymour travaille chez un fleuriste agressif, qui l'a élevé comme son fils. Seymour est secrètement amoureux de l'autre employé du fleuriste, la niaise et naïve Audrey. Celle-ci sort avec un infâme dentiste, qui la bat sans arrêt. Rien de bien joli donc, sauf quand Seymour trouve une curieuse plante dans la cave de la boutique. Celle-ci prend vie et semble se nourrir de sang. Exposée dans la vitrine, elle attire les gens et fait revivre la boutique. La rebaptisant Audrey 2, Seymour se rend compte que la plante continue de grandir et se met à prendre la parole. Elle promet à Seymour le succès et la gloire, des promesses qui sont surtout des mensonges. Mais Seymour devra malheureusement tuer certaines personnes pour nourrir la créature. Le film aurait pu être bien classique si Frank Oz n'avait pas l'idée loufoque et originale de transformer son film en comédie musicale, pas de danse bien sur mais beaucoup de performances vocales.



Chaque chanson est un véritable délice, prenant un ton différent à chaque fois, d'ailleurs même la plante pousse la chansonnette, c'est dire. L'animation de la créature en latex est d'ailleurs une petite merveille, allant jusqu'à faire pousser des minis Audrey dans son pot, servant de petit chœur. Le casting réserve de belles surprises comme des apparitions de James Belushi, de John Candy ou de Bill Murray, des habitués des comédies américaines post 80's-90's. Outre justement une B.O formidable, on signalera la présence de Steve Martin qui est, avec la plante bien sur, le clou du film : il joue ici un dentiste sadique incroyablement violent, réservant des numéros de cabotinages et de délires inoubliables. Il faut absolument voir son numéro musical où il déverse tout son sadisme sur ses patients, plus loin il devra être confronté à un patient masochiste (Jack Nicholson dans la version de Corman), formant ainsi le couple sado/maso, hilarant !



Esthétiquement aussi le film est plutôt intéressant, jouant sur des décors réussis et des détails souvent drôles (la maison onirique et horriblement parfaite de Audrey, la salle d'attente de la station radio…). Rick Moranis est parfait en petit employé timide mais aussi Ellen Greene, en fleuriste ne rêvant que d'une vie mièvre post 50's qui ferait même peur à Walt Disney. D'ailleurs Frank Oz évite le conventionnel et même si sa fin semble un peu trop optimiste, il sauve l'ensemble avec un plan final inattendu et irrésistible mais chut ! Petite perle déjantée, au second degré assumé et aux personnages attachants, "La petite boutique des horreurs" est vraiment à (re)découvrir.








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