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Réalisation
Kim Jee-Woon

Scénariste
Kim Jee-Woon

Date de sortie
2003

Genre
spectres

Tagline


Cast
Soo-Jung
Moon Geun-Young
Yeom Jeong-A
Kim Kab-Su


Pays
Corée du sud

Production


Musique
Lee Byung-Woo

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.8
(18 votes)
De retour de l'hôpital, deux soeurs accompagnées de leur père rentrent dans leur demeure familiale. On y découvre leur belle-mère avec qui les deux soeurs entretiennent des rapports très tendus, allant jusqu'à l'hostilité pure et simple. Alors que tout ceci gâche la tranquillité de la vie familiale, une des deux soeurs se met à voir un fantôme.



Assez injustement comparé aux "kwaidan" japonais comme un ersatz de "Ring" ou encore "Dark water", "Deux soeurs" s'inscrit dans le "goedam". Certes il est question de fantôme dans le film mais ceci n'est pas l'attraction principale de l'oeuvre qui propose sa vision et ses propres idées face au genre.

Avec ce film Kim Jee-Wong n'en est seulement qu'à son troisième long métrage, n'en déplaise à certains, il est étonnant de constater la maîtrise scénaristique, visuelle et de mise en scène de l'homme. Il est évident de reconnaître aussi l'énorme travail fait sur chaque plan constituant l'oeuvre, étant tous étonnamment d'une grande beauté visuelle. Si il y a l'esthétisme très travaillé, on remarquera aussi le grand effort fourni par Kim pour instaurer un climat de peur et de tension. Plans longs et souvent fixes mais aussi assez nombreux, filmés en contre-plongée ne laissant en vue que des pieds jusqu'à la taille un personnage, montage lent et constitué de très peu d'artifices. Kim choisit donc la sobriété afin d'installer une ambiance pesante. Ambiance qui s'avérera des plus efficaces car les séquences faisant intervenir un fantôme ou encore notre imaginaire en deviennent sublimées, douées d'une grande envergure. Il est donc assez facile de se laisser avoir et de sursauter. Bien évidemment tout ceci met en jeu une implication à 100 % du spectateur (comme bon nombre de films asiatiques). Dans le cas contraire, il est sûr que l'on trouvera le film long (il dure 2 h 00) et un désintéressement total va naître.



Si le film met en jeu les esprits, il implique aussi le thème de la famille (à l'instar de "The quiet family", le premier long de Kim). Famille désabusée en reconstruction, dont les membres peinent à communiquer entre eux, laissant les choses arriver et n'étant pas prêts à en subir certaines.

Le jeu d'acteur est très bon, ce que je tiens à souligner. On prend facilement part à ces deux jeunes soeurs, qui souffrent et qui nous apparaissent touchantes. On reste stupéfait des réactions de leur père qui se voit soumis et qui n'a plus aucune autorité. Enfin, on se mettra à haïr la belle-mère de par son comportement sadique et malfaisant envers les deux soeurs.



L'histoire du film est en fait inspiré d'un conte traditionnel coréen datant de plus de 500 ans, ayant déjà inspiré des films antérieurs à celui-ci. Ce qui marque avant tout dans ce récit, c'est l'incapacité de pouvoir connaître les réponses juste sur ce qu'il s'est réellement passé. En effet, la fin du film est sujet à différents point de vues et analyses, et chaque spectateur y amènera sa propre interprétation. Une chose intéressante et indéniablement efficace. Car si le métrage se vend comme un film de fantôme, il est nettement plus profond que cela et le twist final est renversant, envoyant alors toutes nos idées préconçues aux oubliettes.



Beaucoup de qualités donc pour un film qui s'avère être une belle réussite, loin d'être une copie sans âme ni coeur d'un "kwaidan" japonais, "Deux soeurs" offre son originalité, ses propres moments de frayeurs (qui d'ailleurs n'ont rien à envier de ceux de "Ring" par exemple, bien que "Deux soeurs" ne se concentre pas exclusivement sur la notion de spectre) et une thématique diverse et riche.

Un film intéressant qu'il serait dommage de louper.

"Deux soeurs" a obtenu le grand prix 2004 de Gerardmer.

5/6 - Anonymous