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Roger Corman adapta en 1957 un livre qui eut beaucoup de succès, "The Reincarnation of Diana Love". La Paramount acheta les droits du livre et du titre, ce qui fait que le studio AIP ne put utiliser ce titre. Le film fut donc baptisé "The Undead", ce qui fait plus penser à un film de mort-vivant ou de fantômes, ce qu'il n'est absolument pas. "The Undead" fut tourné en 10 jours, avec un budget de 70000$ ! Diana Love, une jeune prostituée, devient le sujet d'expérience d'un docteur et de l'un de ses anciens élèves, celui-ci étant convaincu de pouvoir voir "l'Histoire" passée grâce à un patient mis sous hypnose. Diana est donc hypnotisée et après de longues heures de regression, elle se retrouve au moyen-âge dans la peau d'Hélène, une jeune femme accusée d'être une sorcière et condamnée à être décapitée au petit matin. Hélène parvient à s'enfuir de sa prison et retrouve Pendergon, son amant. Mais une autre sorcière, Lydia, aidé d'un lutin, va tout faire pour qu'Hélène soit reprise et condamnée, afin de séduire Pendergon, dont elle est également amoureuse...



Ce petit film sans prétention réalisé par Roger Corman est une excellente surprise. D'une durée très modeste d'1h08min, Corman parvient à nous livrer un film qui préfigure par de nombreux aspects sa future série d'adaptation des écrits d'Edgar Allan Poe.

L'introduction est assez originale car l'histoire que l'on va découvrir nous est présentée par le... Diable lui-même ! Celui-ci nous prévient donc que nous allons assister à une histoire qui n'aurait pu se dérouler ainsi sans ses "prouesses". Le look de Satan est plutôt sympathique, armé de son trident maléfique.

On assiste alors à l'histoire en elle-même, où une jeune femme, sous état hypnotique, se retrouve dans une de ses anciennes vies, au Moyen-Age. Les décors sont peu nombreux et reviennent assez souvent, le film ayant été tourné entièrement en studio. Mais ils sont néanmoins de qualité. La musique convient parfaitement à l'ambiance du film et certaines fois, on se croirait dans un film de la Universal des années 30.



"The Undead" bénéficie en outre d'un scénario extravagant, qui nous fait penser à un conte de fée : en effet, on retrouve dans le film des chevaliers, des sorcières, des bourreaux, une jeune femme en péril qu'on doit sauver, de la magie, des transformations en animaux (chat, souris, chauve-souris...), bref, tout le panel des contes pour enfants, auquel vient se greffer la réalité, avec les séances d'hypnoses qui sont traitées avec sérieux. Corman se permet donc des délires, transforme une plantureuse sorcière en chat noir, fait danser des mortes-vivantes lors du sabbat (scène hallucinante, on se demande si Corman n'a pas pété les plombs !). Un film assez fou-fou donc, renforcé par la présence du lutin, véritable numéro comique à lui tout seul.



On retiendra surtout du film une réalisation soignée, où Corman cache son manque de moyen par l'utilisation d'un brouillard du plus bel effet, système D qu'il réutilisera dans ses adaptations de Poe, et qui confère au film une atmosphère surréaliste. Le film fleurte allégrement avec la comédie, le fantastique mais aussi la science-fiction. En effet, afin de sauver Diana de son état, l'élève du docteur utilise une machine à "relier les ondes cérébrales", lui permettant de pouvoir ainsi se retrouver à la même époque que Diana.



Filmé entièrement de nuit, dans un beau noir et blanc, "The Undead" dispose d'un autre atout, majeur celui-ci ! La présence d'Allison Hayes, pulpeuse actrice qui préfigure les pin-up et Scream-Queens du cinéma fantastique. On la retrouvera d'ailleurs l'année suivante dans "Attack of the 50 foot Woman" de Nathan Juran. Allison campe une sorcière en proie au désir, n'hésitant pas à utiliser de ses charmes pour arriver à ses fins. Dur de résister dans son cas !

Pour conclure, n'hésitez pas à découvrir ce film, il mérite largement qu'on s'y attarde !