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"Le téléphone" : Rosy est menacée au téléphone par un mystérieux personnage qui va transformer sa soirée en cauchemar. "Les Wurdalaks" : Le comte Vladimir passe la nuit dans une ferme, occupée par une famille attendant le retour du père Gorka. Celui-ci revient mais semble être devenue un vampire, cherchant à présent à vampiriser sa famille. "La goutte d'eau" : Une jeune femme préparant la toilette funéraire d'une morte, lui dérobe sa bague. En rentrant chez elle, elle entend sans cesse le bruit amplifié d'une goutte d'eau.



Grand maître du cinéma d'horreur transalpin, Mario Bava n'a pas seulement influencé Argento mais aussi tout un pan de réalisateurs comme David Lynch, Tobe Hooper, Tim Burton ou John Carpenter. Bava sait également faire très peur comme le prouve "Les trois visages de la peur" qui reste son film le plus terrifiant mais aussi le plus abouti. A l'époque, le film connut divers remontages suivant les pays (ainsi que divers titres, tels "Black Christmas", "Black Sabbath", "The Three Faces of Fear", "The Three Faces of Terror"), l'Italie ayant droit au film avec les facéties de Boris Karloff, au début et à la fin du métrage. Curieux donc, surtout qu'aux Etats-Unis ce sera Les Baxter qui s'occupera de la bande sonore. Voila un film d'épouvante se divisant en trois sketches, dont les deux derniers s'inspirent de Tolstoï et de Tchékhov.



La première histoire est un thriller d'angoisse montrant la sensuelle Michele Mercier ("Angélique marquise des anges") se faire agresser au téléphone par un maniaque qui semble voir tous ses faits et gestes. Simple mais efficace, cette petite histoire pourrait faire penser à "Scream" et à d'autres films du genre qui s'en sont inspirés bien évidemment. Si les éclairages colorés ne sont pas de la partie, on se souviendra pendant longtemps de ce téléphone rouge, un rouge vif évoquant le sang et une sonnerie stridente et forcément stressante qui nous hante pendant toute la durée du sketch. Bava met en place une mécanique qui rappelle fortement celle du giallo, sous-genre qu'il lancera avec l'excellent "6 femmes pour l'assassin" l'année suivante. Allez hop, au suivant !!



Le deuxième sketch change totalement d'ambiance et nous place dans le même contexte que "Le masque du démon", à savoir une campagne russe inquiétante, aux nuits froides et embrumées, ne faisant qu'une avec les légendes de sorcières et de fantômes. Ainsi le jeune comte Vladimir passe la nuit dans une ferme habitée par une famille, attendant le retour du père Gorka. Celui-ci revient mais s'avère être devenu un Wurdalak, sorte de vampire contaminant ses proches, tourmentant à leur tour leur propre famille. Parfaitement inquiétant, Boris Karloff, qui joue ici l'un de ses derniers rôles, insuffle à son personnage un certain humour noir comme avec cette fameuse réplique : "Je suis mort….de faim". L'ambiance rappelle ouvertement celle du "Masque du démon", avec des décors et des éclairages fantasmagoriques cher à Bava et donnant tout le charme au sketch. Bava n'hésite pas à faire mourir un enfant de 3 ans qui reviendra d'outre-tombe, dans une scène proprement terrifiante et novatrice. Un véritable bijoux qu'il ne faut rater sous aucun prétexte, allez, la suite !



Il faut savoir qu'avec "La goutte d'eau", Bava signe l'œuvre la plus traumatisante du cinéma fantastique post 60-70. En une seule histoire, Bava signe un chef d'œuvre de terreur pure, qui a été je le reconnais le premier film qui m'a empêché de dormir pendant un bon moment. Miss Chester est une infirmière appelée d'urgence en pleine nuit pour la toilette funéraire d'une voyante retrouvée morte d'une crise cardiaque. D'emblée on remarquera que les décors et les éclairages renvoient directement à "Inferno" qui s'en inspirera allégrement. Lors de la toilette funéraire donc, Miss Chester dérobe une bague que porte le cadavre, un cadavre d'ailleurs suscitant à lui seul la terreur, mettant déjà le spectateur sur ses gardes. Miss Chester rentre chez elle, mais une coupure de courant la plonge dans le noir. Depuis qu'elle porte la bague, elle se rend compte qu'elle entend sans cesse le bruit d'une goutte d'eau, un bruit s'accompagnant à celui exaspérant d'une mouche. Mais Miss Chester ne semble pas seule dans son appartement, une présence semble la suivre, l'épier. Je m'arrêterais la, pour ne pas vous gâchez la terreur pure qui règne pendant tout le reste du sketch, soulignant le talent fou de Bava. Une chose est sûre : vous ne marcherez plus seul(e) dans votre appartement, plongé dans l'obscurité totale, sans penser au film.

Bava signe donc l'un de ses films les plus aboutis, où chaque sketch est aussi bon que l'autre. Un triptyque inoubliable qui se doit absolument d'être vu.