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Rapidfire Production, une société australienne, nous livre ici un film fort prétentieux. Un rapide coup d'œil à l'affiche, et le spectateur sais déjà que la petite heure et demie qu'il va consacrer à la vision de "Reign of Darkness", sera dédiée à un métrage équivalent à un "Underworld" souffrant de grosses restrictions budgétaires. En clair rien de bien excitant, et pourtant le tableau n'est pas tout noir.



Michael Dorn, un biologiste moléculaire, travaille sur un projet qu'il croit être un vaccin contre le VIH. Pourtant le petit comité en charge de découvrir le remède en question, ignore totalement l'identité de leurs financiers.
Obligé d'expérimenter le rétro-virus RVK-17 sur des spécimens humains, Dorn, assisté d'un ancien G .I. trouve auprès des clochard et des parias, des cobayes idéaux. Mais les conditions précaires de test vont mener à l'inévitable, Michael va se voir injecter RVK-17 accidentellement.
Connu pour avoir des effets secondaires fulgurants, le rétro-virus va transformer Dorn en un monstre assoiffé de sang. Hanté par quantités de questions, l'ancien scientifique va mener sa propre vendetta jusqu'à découvrir la véritable identité de ceux qui financent le projet RVK-17.



Le principal handicap du film est d'échouer à capter l'attention du spectateur. De fait, les émoluments de Dorn demeurent indifférents tout au long du film, à aucun moment l'excitation ne pointe le bout de son nez. L'explication à cela est simple ; le "héros" du film n'est vraiment pas attachant... non plus que repoussant. C'est donc sans émotion aucune, que la bobine va se dérouler, tentant de dépeindre un complot planétaire, des combats homériques, des courses poursuites hallucinantes… Mais ces tentatives demeurent vaines, tant le jeu mou des acteurs éclope toute intention de bien faire.
Cependant, si le savoir-faire des comédiens est questionnable, l'utilisation des dialogues post-synchrones n'arrange rien à la chose. Les dialogues s'en retrouvent ramollis et peu convaincants. En outre le fait de voir les lèvres d'un acteur bouger sans en entendre la voix, contribue à couler le film un peu plus.
Cette technique de prise de son est, lorsqu'elle n'est pas pratiqué à un niveau professionnel, un choix discutable. Pour "Reign of Darkness", c'est au contraire l'amateurisme du métrage qui semble avoir justifié ce choix. En effet, pour compenser le manque de poigne des scènes d'actions, le réalisateur s'appuie sur des bruitages outranciers. Et pour que de telles sonorités puissent être insérées dans le film, une bande sonore neutre était nécessaire. C'est là l'une des rares réussites du métrages : compenser la pauvreté des performances physiques par des bruitages énergiques. Cela laisse entrevoir le réalisateur comme un ingénieur plus que comme un véritable cinéaste.
Cette présomption se trouve confirmée par les affinités que le métrage présente avec la technologie numérique. Certes Dolen n'est pas riche, mais il sait utiliser un ordinateur et le prouve en incrustant nombre d'effets (flammes des armes a feu, filtres de couleurs, accélération de l'image…).



Laissons là les particularités techniques de "Reign Of Darkness" pour nous intéresser à l'intellect du film.
Avec un visuel fortement axé sur un gothique new age, inauguré au cinéma par "Underworld", Dolen et Allen usent et abusent de stéréotypes. Le style du héros résume le film à lui seul : vêtements en cuirs moulants un corps bodybuildé, le tout recouvert d'un long manteau toujours en cuir noir… Ajoutez à cela des plans au ralenti et des acteurs qui se regardent jouer, et vous obtenez un produit terne. Pour enfoncer le clou, la jaquette du DVD (édité par Hardgore) annonce un film au graphisme léché n'hésitant pas à arroser le tout d'hémoglobine… Mensonges ! Le métrage est vendu sur des arguments malhonnêtes, la version qu'il m'a été donné de voir était exempte des scènes gores promises par les images exhibées. Quoiqu'il en soit, il n'est ici question que de style, et puis rien… fondu au noir. Regarder les acteurs poser fini ainsi par provoquer l'effet opposé de celui recherché, et la situation tourne au ridicule.



Pour en finir, le scénario est banal à souhait, un complot, des suceurs de sangs et la chronique d'une vengeance… Mais permet toutefois quelques scènes intéressantes, notamment celle du combat entre le renégat et Dorn.
Lorsque défile le générique de fin, reste un goût amer, celui donné par l'impression d'avoir assisté à un spectacle à moitié achevé. Dommage. L'intention ne suffit pas, même si elle est de bonne augure.








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