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1949. Vingt-cinq ans avant qu'il ne fasse la rencontre de la petite fille possédée, Regan, le Père Merrin, a abandonné sa foi suite au terrible conflit qui vient de finir, se réfugiant dans l'archéologie -ainsi que dans l'alcool. On lui confie alors une mission au Kenya, où vient d'être mis à jour une église byzantine. Ce qui pose problème, c'est la date de sa construction, à une époque ou l'Afrique n'était pas christianisée. Les découvertes qu'il va y faire vont permettre à Merrin de tester sa foi, aidé par le jeune prêtre Francis et une jeune femme médecin, elle aussi victime des méfaits nazis durant la Deuxième Guerre Mondiale.



Parler de L'EXORCISTE 4, c'est aussi -mais pas uniquement- revenir sur la genèse d'un des projets les plus maudits de ces dernières années. On peux dire que des réalisateurs, ce projet en a vu passer: Tom McLoughlin ("Vendredi 13-chapitre 6"), le regretté John Frankenheimer, Paul Schrader et finalement Renny Harlin. Mais, le plus fou, c'est qu'avant que Harlin ne soit désigné, son prédécesseur a eut le temps de finaliser sa propre version du film. Jugé trop psychologique et peu sanglante, Schrader, est simplement remercié par les producteurs, qui font appel à l'homme de la dernière chance: Renny Harlin. Appelé au dernier moment (déjà) sur le quatrième Freddy, il est connu pour faire du bon boulot même dans l'urgence. Et, le réalisateur d'origine finlandaise, de nous livrer un film rempli de scènes chocs. Une agréable surprise pour un accouchement dans la douleur.



Cette préquelle est surprenante à plus d'un titre. Dynamique (on sent bien que Harlin a fait ses preuves dans le cinéma d'action), gores, des morts sadiques,une ambiance oppressante et glauque. Et surtout (là ou on n'attendait pas le réalisateur) des acteurs convaincants, ayant un minimum de bagage psychologique. Stellan Skarsgard (le Père Merrin) et Izabella Scorupco faisant preuve de suffisamment de talent pour nous montrer des personnages qui se veulent forts, mais qui au fond d'eux sont plein de fêlures. L'ombre de la Deuxième Guerre Mondiale plane sur nos deux protagonistes. Nous apprenons ainsi que Merrin a été obligé de sacrifier des habitants à la sauvagerie des nazis dans un choix cornélien, ceci afin d'en sauver d'autres. Des scènes bouleversantes où l'émotion passe bien.



Pour le plus grand plaisir des amateurs de frissons, Harlin, livre ce que l'on attend de lui: de l'épouvante. Les sursauts sont nombreux provoqués par des jeux d'ombre et de lumière (dans l'Eglise) très travaillés, les meurtres sont plus abominables les uns que les autres (un enfant déchiqueté vivant par des hyènes, un homme qui s'égorge, un enfant mort-né...). Une sorte de folie semble s'emparer des différents protagonistes. A commencer par les plus faibles psychologiquement (comme le poivrot). Deux mondes s'affrontent: celui des indigènes (qui s'aperçoivent très tôt de la présence du malin) et celui des colonisateurs anglais. Dans la dernière bobine, ces deux mondes s'affrontent dans un déluge de sang, réminiscence de la séquence pré-générique, où une légion romaine se fait massacrer.



Même si la plupart des scènes font références à du déjà vu: l'horloge qui s'arrête, les hyènes (cf. "La malédiction"), le lit qui se soulève et l'exorcisme final, tout cela tient la route grâce au sérieux de la mise en scène. Un respect pour le genre qui fait plaisir à voir. Ce qui fait pardonner les quelques ratés provoqués la plupart du temps par les (rares) recours aux effets spéciaux par ordinateur (les hyènes, l'exorcisme final qui désamorce un peu la tension qui s'était installée).