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Un tueur sévit dans les rues de Georgetown, rappelant étrangement les meurtres perpétrés par le "Gémeaux", une vingtaine d'années auparavant. Certains détails laissent même à penser qu'il s'agit de la même personne. Mais, voilà, le "Gémeaux" est mort sur la chaise électrique. Une enquête qui désarçonne le lieutenant Kinderman. Celui-ci a perdu la foi, au grand dam de son ami, le prêtre Joseph Dyer. Les deux hommes sont hantés par leur passé et la mort du père Karras, suite à un exorcisme il y a de cela des années. Le passé semble les rattraper.



William Peter Blatty, le romancier à l'origine de "L'Exorciste" de William Friedkin, reprend le flambeau, en s'aventurant dans la réalisation (pour la seconde et dernière fois après "La Neuvième Configuration") pour mettre en images cet EXORCISTE 3. Oublié l'expérience désastreuse de John Boorman sur le précédent opus, Blatty opte pour une évolution de la série en l'inscrivant dans le sillon des films de sérial-killers alors en plein boom ("Le Silence des Agneaux", "Seven"). Prenant le contrepied des modes et des tendances, l'écrivain réalisateur met en vedette des personnages âgés, qui doutent fortement de leur certitude et de leur foi. George C.Scott interprète ainsi un vieux policier, Ed Flanders son ami ecclésiastique (tous les deux fans du film "La vie est belle" - une image d'humour noir que le tueur utilisera dans sa folie macabre), Jason Miller (le père Damien Karras, déjà présent dans le premier "Exorciste") fait une apparition.... Nous sommes aussi heureux de retrouver le sous-exploité Brad Dourif dans la peau du "Gémeaux".



L'intrigue place, de ci de là, des éléments relatifs à l'Exorciste initial : de courtes notes de la musique originale le temps du générique, le retour du "Père Karras" censé être mort... Des liens habilement amenés et qui en aucun cas ne viennent trahir le mythe. Le démon est donc de retour (mais jamais nommé). Uniquement connu sous le titre du "Maître" par son disciple, il utilise son pouvoir sur les occupants de l'hôpital, notamment les personnes âgées, et les plus faibles. Comme cette petite vieille, qui armée d'un sécateur, tente de tuer la fille du lieutenant. Pas forcément ce qui fonctionne le mieux d'ailleurs. Le rendu de ladite scène étant réalisé dans un style plutôt cartoonesque.



Evitant le recours aux scènes gores et chocs, Blatty préfère créer une dynamique plus adulte. Les descriptions des horribles meurtres ne se font que de manière orale : un enfant dont les orbites des yeux ont été cloués... suffisant à accentuer un malaise perceptible dans les moindres détails des décors. Les cardiaques auront même quelques sensations fortes, notamment lorsqu'une silhouette blanche se jette par derrière sur une infirmière. Une scène amenée de manière astucieuse et progressive, déstabilisant ainsi le spectateur qui aura baissé sa garde.



Superbement filmé, et rendant perceptible la présence du Mal partout, L'EXORCISTE 3-LEGION, est une réussite visuelle, ne tombant jamais dans la surenchère, ni dans les facilités scénaristiques. Les éléments fantastiques sont distribués à petites doses (le rêve prémonitoire du lieutenant sur la mort de son ami prêtre se déroulant dans une gare en direction du Paradis, remplie d'anges - une image qui entre d'autre mains auraient pu donner à sourire), conférant à ce film une aura à part. On pardonnera alors le traditionnel exorcisme vite expédié in fine, mais qu'il fallait bien mettre en scène, pour ne pas être accusé de tromperie sur la marchandise. Un peu bavard pour certains, voilà une curiosité à (re)découvrir séance tenante. Même les plus athées risquent de tomber sous le charme vénéneux d'une oeuvre aboutie et mature.








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EXORCISTE 3- L'