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Réalisation
Paul Verhoeven

Scénariste
Gérard Soeteman & Paul Verhoeven

Date de sortie
1984

Genre
ultra violence

Tagline


Cast
Rutger Hauer
Jennifer Jason Leigh


Pays
Pays Bas / USA

Production


Musique
Basil Poledouris

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.6
(20 votes)
En 1501, le brigand et guerrier Martin combat pour le comte Arnolfini avec l'aide de sa troupe d'amis et voleurs. Le comte leur promet un contrôle total sur les richesses de la ville, si bien sûr la victoire est assurée. Chose faite mais non due, le comte se retire et éloigne Martin et ses camarades. Fou de rage par cette traîtrise et la mort de son enfant, Martin attaque un convoi transportant la jolie Agnès, la jeune créature envoyée pour un mariage forcé avec le fils de Arnolfini, le savant Stephen. Violée, Agnès tente par tous les moyens de gagner l'amour de Martin, menant ses compagnons de galère dans un château dont ils chassent les occupants. Mais dehors, Stephen, Arnolfini et son armée attendent…



Après une succession de films aussi sulfureux les uns que les autres, Paul Verhoeven se retrouve littéralement "chassé" de la Hollande, suite à la pression lourdingue des censeurs, voire même suite à la création d'un parti anti-"Spetters". Le Hollandais violent entame enfin sa grande période hollywoodienne, qui aussi enrichissante soit-elle, lui causera les mêmes déboires qu'en Hollande (il pense même à tourner actuellement son nouveau film dans son pays natal).

Volontiers "rentre-dans-le-lard", Paul Verhoeven débute brutalement sa rentrée dans les studios américains avec un film d'aventure d'une extrême violence, dépeignant le début du 16e siècle, marqué encore et toujours du sceau du Moyen-âge.



Souvent traité dans le septième art mais d'une manière nettement plus légère qu'elle n'y parait, le Moyen-âge se voit surtout comme le cadre idéal pour tourner un énième "Robin des Bois" ou un nouveau "Lancelot". Beaucoup trop fantastique dans "Excalibur", il faudra trouver la vision la plus juste de cette furieuse époque dans le trop méconnu "Promenade avec l'amour et la mort" de John Huston. Et même si le film du grand Hollandais se déroule déjà en pleine Renaissance, Verhoeven continue de projeter une vision esthétique nettement plus proche de certaines fresques du temps des Chevaliers et de la peste, que celui de Leonard de Vinci (cité dans le film) et de Christophe Colomb.

Rares sont les personnages totalement et mentalement sains dans les films de Verhoeven. Inutile de trouver un véritable héros, le réalisateur se focalise sur ce que l'on peut appeler naïvement "des méchants". Martin, qui est d'ailleurs très très loin d'être un ange, est suivi par des gueux vulgaires, capables (du moins on le pense pendant un bon moment) de le suivre à la vie, à la mort : un satyre moustachu, une mère agitée du bulbe et son fils corrompu, une furie braillarde, un couple d'homosexuels (Si si ! Regardez bien), un prêtre illuminé (ou comment un personnage sorti d'une toile de Rembrandt pète un cable) et un psychopathe bien allumé (Brion James, monstrueux et cabotin comme à son habitude).



Alors débutante, Jennifer Jason Leigh fait briller le film par sa belle chevelure blonde et ses formes harmonieuses, et brise littéralement en petits morceaux les grands clichés liés aux belles et classieuses jeunes princesses : pas de pitié ici, la jolie promise révèle une nymphomanie et un tempérament de catin virevoltant, hésitant entre l'amour pur et chaste avec l'adorable Stephen, et la liaison sensuelle, douce mais ambiguë avec le robuste Martin. Un Martin peut être robuste, mais se révélant bien plus fragile qu'on pourrait le penser, laminé par un amour quasi-impossible. Ne dérogeant en rien à la règle, Rutger Hauer se montre charismatique, puissant et même parfait en aventurier résistant aussi bien qu'il peut à la férocité qui l'entoure.

Soignant ses décors malgré un budget sans grande envergure, Verhoeven se laisse aller en grande partie à des débordements de violences inévitables de sa part, partant d'un viol sauvage à une succession d'images d'une rare cruauté : langue coupée, nourrisson mort-né, bonne sœur dont la tête est violemment fracassée à coups d'épée, tortures (pauvre Stephen !!), empalement, chute meurtrière, plaques noirâtres lacérées au rasoir… La peste tient d'ailleurs une place majeure dans le film (anticipation de la guerre bactériologique fort bien utilisée), et surgit là on ne l'attend pas.



Alors que Basil Poledouris élabore une b.o tout aussi épique que le film, Verhoeven sait parfaitement tenir son spectateur en place avec de fabuleux morceaux de bravoure aussi explosifs que violents : le point d'orgue du métrage sera ce dernier tiers hyper violent où bataille et tragédie ne font plus qu'un, rythmées par une pluie et un orage incessants. Grandiose.

Aussi fulgurant soit-il dans sa violence, "La chair et le sang" s'autorise des plages romantiques à la sauce Verhoeven, c'est-à-dire tout à fait uniques. Souvent alambiqué, l'amour chez Verhoeven prend une forme différente de film en film : on se sépare pour mieux se retrouver dans "Soldier of orange", on se domine au lit dans "Basic Instinct", on change finalement de partenaire dans "Starship Troopers", on se déchire dans "Turkish Delight", on reste accroché désespérement à son fantasme dans "Le quatrième homme"… Ici, Agnès tombe amoureuse de son soupirant en croquant de la mandragore au pied d'un arbre servant de potence (où sont accrochés quelques pendus, en putréfaction bien sûr) alors que celui-ci lui a parlé quelques temps auparavant de la jouissance que connaîssent les malheureux pendus avant leur mort (!?!), et découvre enfin sa véritable première fois (le viol étant loin d'être consentant) avec Martin dans un superbe bain enfumé et chaud. Rien de "normal" (tant mieux d'ailleurs) à vrai dire dans ces deux séquences, mais qu'est ce que c'est beau !!
Premier passage dans le cinoche américain pour Verhoeven et nouvelle victoire, avec ce chef d'œuvre tout simplement INEGALABLE.






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