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Après avoir échappé à des créatures nocturnes meurtrières dans "Pitch Black", Riddick, la jeune Jackie et l'imam sont capturés alors qu'ils se trouvent à bord de leur navette de secours, par un vaisseau de mercenaires. Là, Chillingsworth, une étrange capitaine collectionneuse des plus grands criminels de la galaxie sous forme de statues, compte ajouter Riddick à sa liste de trophées et lui envoie sa troupe de guerriers impitoyables aux trousses. Nos trois compères vont alors s'engager dans un furieux combat pour tenter de s'échapper du vaisseau à bord duquel ils sont retenus prisonniers. Ainsi, Riddick par sa capacité à voir dans l'obscurité et ses qualités de combattant hors du commun, s'avère indispensable pour les aider à échapper à une mort promise.



S'intercalant historiquement entre "Pitch Black" et "Les chroniques de Riddick", Dark Fury démarre en reprenant exactement les derniers plans du premier segment de David Twohy sous forme animée. On pourrait alors reprocher au court-métrage, son caractère peu réaliste puisque nous avons affaire ici à une simple animation. Pourtant, une de ses principales réussites, est d'intégrer les voix des acteurs réels en post-synchronisation des voix des personnages animés, ce qui s'avère profitable puisque cela valide l'authenticité de cette suite. Le spectateur ne perd donc pas ses précédents repères quant à l'identification des principaux protagonistes de la trilogie de Riddick.



Esthétiquement parlant, le style de Peter Chung peut autant plaire que déranger. Avec ses personnages aux silhouettes élancées et extrêmement bien détaillés évoluant souvent dans des mouvements exagérés (il faut voir les postures que prend Riddick au combat, renforçant alors son côté tourmenté!) et ses couleurs psychédéliques, avec une nette préférence pour les nuances de gris et de vert sombres, le design de Chung a pour mérite de sortir des sentiers battus offerts par l'animation japonaise. Il a son propre univers et certains de ses choix, comme l'utilisation d'un score édulcoré ("Machine Head") lors des scènes d'action alors que l'on est habitué à des musiques plus " sauvages " pour ce type de scènes, nous montre qu'il peut transformer radicalement les codes habituels des films d'animation et c'est tant mieux ! D'un point de vue plastique, on peut néanmoins reprocher à Dark Fury quelques éléments en 3D malvenus, comme par exemple le vaisseau dans lequel voyagent Riddick et ses comparses et qui est franchement ignoble, si bien qu'on en vient à se demander si Peter Chung n'a pas connu certaines restrictions de budget !



L'histoire, quant à elle, reste très simpliste : Riddick débarque à bord d'un vaisseau, trucide à tout va et en repart comme si de rien n'était. Le spectateur n'apprendra alors rien de nouveau sur notre ami nyctalope. Cependant, cet opus nous permet d'assister à l'évolution des relations entre l'imam, Jack et Riddick. Ce dernier, en n'hésitant pas à risquer sa peau pour sauver celle des autres, prouve malgré son côté " solitaire bourru " qu'il est capable de se lier d'affection. L'autre attrait scénaristique de Dark Fury est l'introduction de nouveaux personnages hauts en couleur. Chillingsworth, adepte du morbide avec sa galerie de tueurs statufiés et Toombs le chasseur de prime impitoyable, faisant d'ailleurs parti du troisième épisode de la saga, sont à ce titre, d'authentiques trouvailles, tant ils apportent une atmosphère malsaine à chacune de leur apparition, ce qui colle parfaitement à l'histoire.

On peut noter que tous les acteurs présents dans "Pitch Black" et dans "Les Chroniques de Riddick" ont accepté de prêter leur voix à leurs personnages animés. Remplacée dans le second opus de la saga par Alexa Davalos, Rhiana Griffith reprend ici son personnage de Jack, le jeune garçon manqué. C'est la deuxième fois que Vin Diesel devient doubleur, après son interprétation pour "Le Géant de fer" en 1999.



Aussi, malgré une certaine maigreur du scénario et un manque relatif d'inventivité, le film est efficace car d'une part, il maintient le spectateur en haleine sur le plan du suspense mais aussi de l'adrénaline et d'autre part, l'animation dynamique de Chung nous permet d'assister à un spectacle bien rythmé empli de bonne volonté. En résumé, on ne s'ennuie pas une seconde. Mais on regrette vite que l'effort n'ait pas été poursuivi au-delà de 34 minutes et l'on en vient à s'interroger quant à la finalité de cette suite aux allures de spin-off : n'a-t-elle pas été tout bonnement conçue dans un but marketing afin de soutirer encore un peu plus d'argent aux fans de la première heure ?








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