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Réalisation
Neil Jordan

Scénariste
Angela Carter , Neil Jordan

Date de sortie
1984

Genre
loups-garous

Tagline


Cast
Sarah Patterson
Angela Lansbury
David Warner


Pays
Grande Bretagne

Production


Musique
George Fenton

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.2
(28 votes)
La jeune Rosaleen vit avec sa détestable sœur et ses parents dans une belle bâtisse à l'orée de la forêt. Elle préfère se plonger dans ses rêves, où elle devient une paysanne vivant avec sa famille dans un petit village entouré d'un bois inquiétant. Sa sœur s'est faite tuer par des loups mais elle semble pourtant être de plus en plus intriguée par cette forêt. Sa grand-mère est là pour la protéger mais aussi pour lui conter des histoires de loups-garous…



Les contes de fées, tout comme le montre Bruno Beittelheim dans son livre "Psychanalyse des contes de fées", renferment des secrets voire même des sous entendus des plus fascinants. "La compagnie des loups" fait appel à ce raisonnement des plus étonnants et l'exploite de manière très intéressante. Rosaleen est une jeune adolescente en pleine puberté qui se réfugie dans le monde des rêves où elle se voit paysanne, habitant un petit village perdu au milieu de bois gardés par des loups féroces. Après la mort de sa sœur qui a été croquée par des loups, elle va consulter sa grand-mère qui lui raconte des histoires de loups-garous brillamment mises en images dans le film : paysanne se vengeant d'infects bourgeois en les changeant en loups-garous, un mari des plus étrange qui quitte sa femme le soir de leurs noces pour rejoindre les loups ou encore ce jeune homme déclarant un pacte avec le diable (joué par Terence Stamp).



(Attention le texte comprend certains spoilers) Sa grand-mère va lui défendre de s'aventurer en dehors du petit chemin dans les bois et d'éviter les hommes dont les sourcils se rejoignent. Mais Rosaleen ne semble pas avoir peur de ces histoires et semble plutôt fascinée. Neil Jordan va, dans la dernière demi-heure, illustrer de manière sensuelle et horrifique le conte du Petit chaperon rouge. Ainsi la jeune fille va traverser les bois pour aller à la rencontre de sa grand-mère, en route elle rencontre un chasseur aussi séduisant que raffiné, bien différent des garçons vulgaires de son village. Seulement cet homme est un lycanthrope qui va la séduire par tous les moyens. Neil Jordan donne à son film un aspect narratif étonnant, faisant basculer certains détails dans le surréalisme total : la tête de la grand-mère virevoltant se changeant en poupée de porcelaine, apparition de jouets vivants devenant soudainement dérangeants au début du rêve …



Le meilleur reste sans doute les transformations en loup garou, toutes différentes dans le film et versant aussi dans le surréalisme. Seul regret : l'homme s'arrachant la peau, laissant place à un mannequin rougeâtre des plus laid. L'aspect visuel est très important également car même si les décors sont devenus kitch aujourd'hui, ils réussissent à dégager un aspect troublant et fantasmagorique comme dans la dernière histoire de Rosaleen où une louve garou blessée se réfugie au pied d'une église ; on notera aussi cette magnifique forêt enneigée, une forêt de contes en quelque sorte. Le film fait la part à certains sous entendus ou métaphores des plus originaux : Rosaleen à la fin de l'histoire finit par devenir une louve-garou et voir des loups grimper jusque dans sa chambre et renverser ses jouets, ce qui laisse donc signifier que l'adolescente est devenue femme, non sans quelques bouleversements.



On signalera aussi une très belle photographie, la sublime musique de George Fenton (ah ces accords de violons qui résonnent dans les bois !) et des acteurs très bons comme David Warner ("La malédiction", "C'était demain"...) ou Angela Lansbury (la détective de la série "Arabesque", mais oui !) dans un rôle inoubliable de grand-mère conteuse . En mettant en parallèle mythe du loup-garou et phantasmes de la sexualité adolescente, Neil Jordan signe un splendide film fantastique à l'imagination débordante.

Retrouvez la BO du film sur notre site : http://www.horreur.com/critique-musique-62-compagnie-des-loups-la.html

- Le film obtint le prix spécial du jury au festival d'Avoriaz de 1985
- C'est Christopher Tucker qui s'est occupé des maquillages du film, il a signé le masque de "Elephant man" et la bedaine impressionnante de Terry Jones dans l'un des sketches de "Monty Python, le sens de la vie".