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Ange déchu, Premutos s'essaye depuis la nuit des temps à assouvir son pouvoir de destruction sur la planète. Doté de grands pouvoirs, il peux ramener à la vie les morts. Il traverse les siècles pour réussir à mettre à jour ses projets mais n'y parvient jamais. De nos jours, le jeune Matthias est victime de visions qui lui font découvrir l'histoire de Premutos. Pris pour cible, Matthias devient malgré lui l'élu choisi par Premutos pour refaire surface, et faire ainsi couler le sang à flots.



Oeuvre provocatrice et outrancière, "Premutos" n'est pas le genre de film qui laisse de marbre.
Véritable symphonie à la gloire du gore, Olaf Ittenbach est justement l'élu à l'instar de Matthias dans le film, pour la mettre parfaitement en oeuvre.
Et ça commence très fort avec une scène d'exposition pas en manque de corps déchiquetés, mutilés et explosés, le tout parsemé d'une forme d'humour noir des plus jouissif.




Le film peut se découper en deux angles, il y a d'abord le monde actuel où sévit le jeune Matthias et sa famille, et toutes les périodes se reliant à différentes époques importantes de l'histoire, allant de la crucifixion du Christ à la seconde guerre mondiale. Il est intéressant de constater le très bon travail d'Ittenbach qui malgré un budget serré, permet néanmoins de nous immerger facilement dans ces différents époques, nous permettant de comprendre le cheminement de Premutos jusqu'à aujourd'hui.
Si le gore est un aspect quasi-essentiel de l'oeuvre, on peut voir également le film comme une forme de critique à travers ces tueries remises en scène à travers les époques de l'histoire de l'humanité, où l'homme fut encore une fois la victime de lui-même, et le portrait peu flatteur des protagonistes de l'histoire.
On a Matthias, le jeune footballeur peu intelligent, son père, genre de gros dur limite beauf, la mère protectrice, l'amie bourgeoise exaspérante et criarde, et vous saupoudrez le tout avec un vocabulaire qui ne vole pas haut, se limitant à celui d'ivrognes, et vous obtenez nos charmant protagonistes.
Si tout cela peut justement paraître assez réducteur et facile, cela reste néanmoins proche du réel et dégage une bonne humeur et un humour par rapport au film, réjouissant au plus au point.




Passons au gore qui est l'essence même du film. Ittenbach voulait faire le film le plus gore du monde, et il s'en approche, tout de même 139 morts à voir !
Si toute la première heure est assez peu gore (quoique), il faudra attendre la dernière demi-heure, à l'instar de "Braindead" pour voir apparaître un réel carnage.
Des morts-vivants à la pelle (clin d'oeil évident à "La nuit des morts vivants") prennent d'assaut la pauvre famille avec ses invités, et là Ittenbach n'y va pas de main morte : têtes explosées, éventrations, découpages en règles, sont au programme.
Détail amusant, le père de Matthias se met à utiliser une tronçonneuse, rapport direct à "Braindead" (Lionel et sa tondeuse à gazon), "Massacre à la tronçonneuse" ou encore "Evil dead" (dont on peut voir l'affiche sur un mur dans le film).
Bref l'amateur de gore sera comblé devant toutes ces atrocités, qui de plus, sont bien orchestrées grâce à de bons effets spéciaux.




Enfin il n'est pas à ignorer la provocation d'Ittenbach qui, outre la scène de crucifixion du Christ, nous propose un prêtre se masturbant en regardant un bouquin X, et une fin dénuée de sentiments, très loin du happy end classique (et soporifique) hollywoodien.
Bref "Premutos" fait partie de ces films provocateurs et outranciers, mais non moins intéressants et dotés de bonnes idées, proches du classique du genre.



6/6 - Anonymous