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Une équipe de scientifiques basée sur l'Arctique découvre un vaisseau extraterrestre emprisonné dans la glace. Une explosion pour dégager le vaisseau va accidentellement le réduire en miettes, et le pilote pris dans un bloc de glace est ramené au campement. Il sera dégelé et réanimé, mais cette erreur incitera l'extraterrestre à semer la terreur parmi l'équipe.



Librement inspirée par la nouvelle de John W. Campbell, Jr. intitulée "Who goes there ?" (Qui va là ?), cette première adaptation en N/B possède le charme des autres films de monstres/science-fiction de son époque. Et comme les effets spéciaux n'étaient pas encore à la hauteur, l'importance est mise sur le côté scientifique, ce qui nous donne un film dominé par le dialogue et les théories proposées par l'équipe pour tenter de découvrir ce qu'est cette chose d'origine inconnue. Malgré leur apparente curiosité, leur ambition première est quand même de l'éliminer, faisant parallèle au climat de l'époque qui mettait en avant les dangers encourus par l'avancée scientifique. Ce film a d'ailleurs inspiré un grand nombre de métrages des années 50 traitant de ces mêmes craintes.

Dans la nouvelle d'origine, la créature était d'une laideur monstrueuse et capable d'imiter n'importe quelle forme de vie terrestre, étant composée de matière protoplasmique. En référence aux peurs de l'époque, elle avait réussi à construire un libérateur d'énergie atomique ainsi qu'un appareil anti-gravité qui lui aurait permis de se déplacer jusqu'à n'importe quel endroit de la Terre et commencer sa domination. Ce plan diabolique sera déjoué par l'équipe de scientifiques, mais un doute plane à la fin – ont-ils vraiment réussi ?

Le film évolue à son départ dans une ambiance détendue et intellectuelle, contrairement à la version de Carpenter ("The Thing", 1982) qui met en scène un aspect bien plus pessimiste et oppressant. Les comparaisons sont inévitables, alors autant le dire tout de suite : l'un n'a pratiquement rien à voir avec l'autre. Cette version se contente de reprendre l'idée de base de Campbell, allant jusqu'à changer les noms des protagonistes et y ajouter des femmes à l'équipe.

Une autre différence majeure concerne bien sûr les effets spéciaux. Qui peut oublier les créatures terrifiantes créées par Rob Bottin pour "The Thing" ? Ici, l'extraterrestre se résume à un homme vêtu d'une combinaison se voulant sans doute spatiale, et qui porte des fausses mains griffues et une sorte d'excroissance sur la tête, rappelant vaguement la créature de Frankenstein. Il est plutôt amusant et ne fait pas réellement peur. De plus, on attend près d'une heure pour enfin l'apercevoir. Mais la dernière demi-heure comporte malgré tout son lot de suspense et quelques scènes efficaces.

Bien que Christian Nyby soit crédité en tant que réalisateur, des rumeurs circulent comme quoi le véritable responsable serait en fait le producteur, Howard Hawks (réalisateur de "Rio Bravo" et "Le grand sommeil", entre autres). Les acteurs sont tous très bons et leur façon plus que sérieuse de discuter de ce qui arrive et pourquoi est franchement drôle. Pourtant, rien n'est exagéré ni surjoué mais on aurait aimé les voir douter un peu plus, être un peu plus terrifiés par cette mini-invasion qu'ils vont considérer à la fin comme une menace pour l'humanité entière alors qu'elle n'en paraît pas, et déjouée par eux dans une phrase hautement auto-congratulatoire…(l'esprit America Rules ! était déjà bien présent à l'époque, mais resitué dans le contexte contemporain, cela était d'autant plus rassurant). Et bien que la majeure partie du film se déroule dans un décor unique, on ne ressent pas la claustrophobie qui imprègne l'œuvre de Carpenter, qui inclut un grand nombre de scènes extérieures dans des températures inhumaines et la solitude de l'Antarctique.

Au final, les adeptes de gore et d'horreur pure vont préférer l'adaptation de Carpenter, mais ce petit film mérite quand même le coup d'œil, exploitant subtilement le sentiment de supériorité de l'espèce humaine tout en mêlant de façon efficace l'horreur et la science-fiction.








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