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Juillet 1944. La forêt des Ardennes. Un groupe de soldats allemands fuyant devant les forces alliées trouvent refuge dans un bunker désert. Des évènements inexpliqués vont les persuader que les américains a trouvé le moyen d'investir leur cachette par les tunnels, mais une exploration des lieux va leur confronter à un ennemi bien pire.



Ce petit film méconnu est une production indépendante, ce qui explique sans doute ses défauts, le principal étant le manque de moyens. A mon avis, les décisions au sein de la production ont dû se dérouler comme suit :
- Ah ! Nous tenons là une histoire originale – des soldats allemands se réfugiant dans un bunker hanté. Allez, Rob Green, vite, au boulot !
- Euh oui, mais pour les acteurs ?
- On prendra des acteurs anglais de qualité.
- Et pour leur accent ?
- On s'en fout ! Les spectateurs ne payent pas pour voir des acteurs s'amuser à foirer des accents étrangers !
- Ca fera quand même moins réaliste s'ils parlent tous un anglais à l'accent prononcé.
- On s'en fout ! Le scénario est prêt, qu'est-ce que t'attends ?
- Une structure plus solide. Des personnages moins stéréotypés.
- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est un film d'horreur, pas un drame Shakespearien !
- Mais…
- Ne discute pas !
Etc, etc.

N'étant pas un incapable et sachant reconnaître une bonne histoire, Rob Green s'est donc mis au boulot sans les atouts majeurs qui auraient fait de son film une œuvre indispensable. En sa défense, il réussit à installer une ambiance assez terrifiante et nous livre quelques scènes choc très efficaces. Mais on ne peut chasser ce sentiment frustrant permanent comme quoi il manque quelque chose. Pourtant, le décor du bunker désert aux tunnels décrépits est un lieu idéal pour une histoire de revenants, et on pense inévitablement à Abîmes (2002, David Twohy) et La tranchée (2004, Michael J. Bassett). N'ayant pas vu ce dernier, qui raconte une histoire similaire, je ne peux que comparer avec Abîmes, et là, The Bunker souffre. Le film de Twohy nous prenait à la gorge et ne nous lâchait plus jusqu'à la fin, alors que celui-ci ne fait que nous secouer de temps en temps, installant trop vite les prémisses d'un dénouement par trop prévisible (et pas d'une folle originalité, en plus). Une autre erreur de départ a été de faire raconter à un petit vieux une histoire de prêtre maudit et d'enterrés vivants ce qui laissait présager une vraie histoire d'horreur pour la suite. Ne vous y fiez pas, ce n'est qu'un pétard trempé.

Et pourtant… Malgré les personnalités trop caricaturales, les acteurs font bien leur boulot. Une véritable tension s'installe jusqu'à devenir une parano incontrôlable qui les divise et les monte les uns contre les autres. La réalité extérieure des américains encerclant le bunker combinée avec l'ambiance irréelle intérieure rend la claustrophobie des allemands d'autant plus palpable et l'on commence à se demander quel ennemi serait le plus à craindre. La réalisation est impeccable, les couleurs ternes et sombres contribuent à l'effet "sous-terrain hanté" de façon irréprochable et quelques images furtives de soldats mort-vivants nous font de nouveau espérer.

Et pourtant… La frustration persiste et à la fin, on se dit, ben oui, c'était évident. La dimension psychologique du film n'est pas à jeter, elle est juste un peu facile et surtout, elle déçoit par rapport aux promesses paranormales de départ. On se demande sans cesse quel genre de film on regarde tant on a du mal à rentrer dedans et sans doute aussi à cause d'un manque d'action flagrant.
Louez ce film plutôt que de l'acheter, car il est fort à parier qu'une deuxième vision serait davantage ennuyeuse.
Et je me répète mais cette absence d'accent allemand est franchement déroutante. Quelques mots auraient suffi parce que là, on a vraiment l'impression de regarder des soldats anglais déguisés (en uniformes impeccables de surcroît) pour tromper l'ennemi.

Le Charley Boorman crédité au générique est le fils du réalisateur John Boorman (La forêt émeraude). A noter que sur la jaquette vf du DVD, Charley est le premier nom de la liste des acteurs, alors que son rôle est plus que secondaire...






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