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En Italie du sud, dans les années 70, au beau milieu d'un été caniculaire, des enfants jouent dans les champs de blé et partent en balade en chevauchant leurs bicyclettes en toute innocence. Parmi eux, Michele, un jeune garçon d'une dizaine d'années, décide un jour d'aller jouer près de la "maison abandonnée" perdue au fin fond de la campagne. Là, il remarque un trou recouvert d'une tôle de métal et en soulevant celle-ci perçoit une présence : quelque chose vit dans la fosse ! Cédant dans un premier temps à la peur, il se sauve, mais sa curiosité est tellement forte qu'il y retourne et découvre alors un terrifiant secret qui changera à tout jamais le regard qu'il porte sur le monde des adultes. Quel est donc ce secret ?



Tenant un peu du film d'horreur et du suspense, Io non ho paura (le titre original chez nos voisins transalpins)est avant tout une œuvre surprenante sur la perte de l'innocence. Le film commence dans la campagne italienne avec une bande de gamins qui jouent à se faire peur, certes, cela sent à plein nez le récit initiatique bercé par une certaine candeur enfantine, mais Gabriele Salvatores a très tôt fait d'insuffler une pointe de fantastique à son métrage, en contrastant tantôt avec une ambiance de film noir. De manière imperceptible, il nous fait basculer insensiblement vers le thriller, en passant par le mystère, apportant un étonnant et rafraîchissant mélange des genres, ce qui convenons-en sort un peu des sentiers battus des grosses majors hollywoodiennes, reines des remakes !



Ainsi, en brassant différents genres sans jamais en garder un de manière définitive, le réalisateur nous embarque complètement dans une direction pour nous nous en faire changer en moins d'une minute, en clair il nous balade et c'est tant mieux !
Classer le film dans une catégorie précise relève du challenge, mais l'on peut dire qu'il tient avant tout du thriller, parsemé d'éclairs poétiques et illuminé par un soleil implacable qui nous fait ressentir tout le poids de la chaleur, ce qui représente un véritable tour de force de la part du cinéaste, capable alors de nous faire partager une authentique atmosphère et un certain état d'esprit des différents protagonistes.
Parlons un peu des personnages. Le casting, est assez hétéroclite et l'on retiendra avant tout la performance du garçon interprétant Michele, apportant par son côté androgyne toute la profondeur et la sensibilité caractérisant les enfants de cet âge. Et même si certains gamins ne sont pas des acteurs nés, cela apporte au film un côté amateur et candide, renforçant alors leur innocence par rapport aux adultes. Parmi ces derniers on notera surtout la prestation du meilleur ami du père de Michele, assez inquiétant et limite malsain et à qui on ne confierait pas la garde de nos enfants !



Un des aspects les plus plaisants mis en place par le metteur en scène est d'avoir choisi de faire découvrir au spectateur les événements du récit par les yeux de Michele, son jeune héros. Comme l'enfant curieux, le spectateur n'aura accès qu'à des fragments d'informations et ce très lentement, ce qui ménage une bonne partie du suspense et nous fait en quelque sorte ressentir ce qu'éprouve le personnage principal. Cet élément sert alors grandement le film et ravira les spectateurs potentiels en quête de sensations et aimant avoir peur.

Gabriele Salvatores (aussi connu pour avoir réalisé un thriller "cyberpunk" avec Christophe Lambert : "Nirvana") parvient, en outre, à préserver son secret le plus longtemps possible, mais il semble "bâcler" le récit en une demi-heure et c'est un peu préjudiciable tant l'ensemble nous a captivé pendant la première heure en nous transportant d'un genre à l'autre (notamment un petit détour par le cinéma asiatique fantastique avec ses apparitions fantomatiques, mais n'en disons pas plus…).



Ainsi, sur fond d'une élégante musique, Io non ho paura, s'apparente à un possible renouveau du fantastique italien et l'ombre d'Argento, un des référents majeurs de Salvatores, semble planer au-dessus du film, le temps de quelques scènes dignes de "Maître Dario". Souhaitons seulement que ce ne soit pas là qu'un feu de paille !








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