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Larry Benjamin est aveugle, ce qui ne l'a pas empêché de réaliser des centaines de films à petits budgets… Accompagné de sa fille Audrey, il dirige les acteurs et veille au bon déroulement du tournage. Ce n'est pas chose facile, tant l'équipe du film est sérieusement secouée. Mais aucun obstacle n'est incontournable pour Larry Benjamin ! "Faisons de l'art !" Un peu plus de nichons, de sang et c'est parti… Action ! Mais quelque chose cloche sur le plateau… Certains trucages sont si réalistes que les acteurs ne s'en relèvent pas. Et ce punk écrasé entre deux camions sans chauffeurs ? Ou ce producteur dévoré par un escalator ? Bof, aucune importance. Chaperonnée par deux policières débiles, l'équipe va tenter de finir le film, quel qu'en soit le coût… quitte à changer la distribution en cours de tournage. LET'S MAKE SOME ART !



Le New York Times a dit de Terror Firmer que le film "renferme plus d'activité qu'un dortoir, un vendredi soir."
Difficile de leur donner tort. Ce film, c'est comme une centaine de bâtons de dynamite qu'on vous enfoncerait dans le derrière.

Lloyd Kaufman a atteint le sommet de l'art indépendant. Inspiré de son livre "All I need To Know About Film Making, I learned From Toxic Avenger", le réalisateur indépendant s'est surpassé. La seule devise de ce Terror Firmer est de donner au spectateur, plus de nichons, plus de sang, plus de vomi… plus de Troma !



Mais comment faire pour chroniquer un tel délire ? Dans ce métrage, toutes les limites sont repoussées ! Les effets spéciaux sont toujours aussi mauvais, mais bien plus outranciers. La barbaque vole dans tous les sens, le sang repeint le plateau de tournage… Et tout le monde est content.
Les acteurs sont complètement atteints et donnent autant d'énergie au film qu'un concert des World Apart à une salle de collégiennes en manque de virilité !
Pourtant, une désagréable impression de déjà-vu peut venir gâcher le plaisir du cinéphile, lors de la vision de Terror Firmer. De fait Cecil B. Demented d'un certain John Waters, ressemble en bien des points au film de Lloyd Kaufman et c'est peu dire que Terror Firmer a inspiré Waters (les héroïnes des deux films seraient jumelles ?)! Permettez-moi d'insister sur le fait que c'est Cecil B. Demented qui ressemble à Terror Firmer, et pas l'inverse. Le film de Waters est postérieur à celui de Kaufman, ce qui n'est finalement pas si étonnant… Ouf ! Sauvé, il s'agit bien d'une idée originale de Troma.
Quoiqu'il en soit, la puissance que dégagent les deux films est du même ordre… si ce n'est que Lloyd Kaufman la fait exploser quand Waters ne fait que la canaliser. A ce titre, la gageure relevée par le patron de la Troma, de faire courir un homme nu en plein Time Square (et sans autorisation !) explose tout le soit disant anarchisme culturel de Cecil B.

Alors, il est pas beau le cinéma indépendant selon Lloyd Kaufman ?



Aucun doute là-dessus, ce métrage est unique. Une véritable déferlante d'idées débiles, de gags délurés et de paires de seins. D'ailleurs, le son de cloche-à-vache que font les seins à chaque fois qu'ils remuent à l'écran est du plus bel effet.
C'est ainsi que le film exploite tout ce qui a contribué aux beaux jours de la Troma : des femmes nues, des bruitages excessifs (le nombre de pets entendu bat des records !), le Toxic Avenger, Sergent Kabukiman et même les acteurs fétiches de la firme newyorkaise. Ron Jeremy, Debbie Rochon et Will Keenan (Tromeo et Juliet) sont donc de la partie, ainsi que la petite fille de Lloyd. En bref un véritable concentré Tromatique.

Le New York Times rajoutera "[un film] plein d'une énergie autrefois attribuée au mouvement punk." De nouveau, en plein dans le mille !



Pourtant que peut-il bien subsister après la vision d'un tel cyclone cinématographique ? A vrai dire, plus rien qu'un spectateur abasourdi, la bouche entrouverte dont s'écoule un filet de bave. Les mains tremblantes, comme s'il avait été victime d'électrocution, debout sur son fauteuil, il va lever son poing… "N'abandonnez pas le combat pour le cinéma vraiment indépendant !"

Encore une fois, l'engagement (politique ou non) de la Troma reste omniprésent, même s'il est camouflé par ce fourbi qu'est Terror Firmer ! En témoignent certaines répliques cyniques de Larry Benjamin et le spot écologiste inséré après le générique de fin.

Un gros doigt à l'invasion de nos salles de cinéma par les blockbusters !

Concernant le DVD édité par Troma, disque 1 : le film peut être vu en trois versions. Avec ou sans les scènes coupées, mais aussi dans un montage censuré. Pour obtenir cette dernière version, déplacez le curseur de façon a éclairer le couteau du taré, en haut de l'écran. Sélectionnez une fois ("Censorship..."), deux fois ("... sucks") et à la troisième une option vous est proposée pour voir le film en version censurée! Pour ceux qui y verraient un intérêt...