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Le petit village de Midwich : alors que les préparatifs de la fête locale battent leur plein, une atmosphère étrange envahit la petite communauté. En quelques minutes, la totalité de la population, ainsi que les animaux, sont plongés dans un profond sommeil. Quelques semaines plus tard, le Docteur Alan Chaffee découvre, stupéfait, que toutes les femmes sont enceintes, dont sa femme. Quelques mois passent et toutes les femmes accouchent : au total, 5 garçons et 4 filles. Le dixième bébé est mort-né. Il s'agissait d'une petite fille dont la mère Mélanie était vierge…



Inspiré du roman de John Wyndham "The Midwich Cuckoos", Le village des damnés est le remake du film de Wolf Rilla (1960). Il est à noter plusieurs différences fondamentales avec l'original. Tout d'abord le portrait des femmes est beaucoup plus développé dans ce film que son prédécesseur (l'époque d'alors traduisait un machisme ambiant indiscutable) ; le rôle du prêtre également, moins nuancé et mis en avant (les pressions de l'église en 1960 avaient poussé Wolf Rilla à revoir son discours). Mais le changement le plus flagrant est celui de l'enfant qui dirige ses comparses.

Dans l'original, il s'agissait d'un petit garçon, alors que Carpenter impose volontairement une fille, beaucoup plus brutale dans sa dictature psychologique. On l'aura compris, Carpenter fait la part belle à la gente féminine dans ce film, où pourtant, la plupart des personnages manquent singulièrement de profondeur. Il manque ce goût du cynisme auquel Carpenter nous avait habitué (The Thing, Escape from New-York entre autres). Les protagonistes sont très humains, presque lisses, et semblent vierges de tous défauts. Etonnant donc de la part du réalisateur, qui me laisse penser que ce film ressemble plus à une commande qu'à une œuvre personnelle, voulue et réfléchie.

Toutefois le talent reste intact : la partition musicale nous rappelle une fois de plus que Carpenter excelle dans le genre. Quand à la mise en scène, on reconnaît sans problème la patte du bonhomme, à l'image de certaines séquences particulièrement abouties et efficaces : la très jolie et émouvante scène de Christopher Reeve au cimetière avec l'enfant, les plans en scope sur la marche des enfants…
Carpenter n'a pas son pareil pour jouer avec nos sentiments, des plus sobres aux plus vils : le désarroi, la peur, la compassion, la colère, la contradiction… toute la palette nous est offerte, si l'on s'accorde un temps soit peu de pénitence.

Autre différence de taille également, l'image de la scène finale qui nous offre une lueur d'espoir, chose dont Carpenter s'est toujours bien gardé de nous épargner.
Un film de bonne facture, bien rythmé, bien interprété (vous allez "craquer" sur Thomas Dekker le petit garçon), mais qui manque tout de même parfois de réflexion.

Une suite au film original est sortie en 1963 sous le titre "Children of the damned".

Dave Davies, co-auteur de la musique, est membre du groupe mythique "The Kinks"






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