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Un nain scientifique tente de trouver un remède contre un mal dont sa sœur est atteinte. Tentant expériences sur expériences, toujours sans succès, le malheureux commence à désespérer jusqu'au jour où un inconnu l'appelle pour lui proposer son aide moyennant de grosses sommes d'argent. Acceptant le deal, celui-ci lui livre alors clandestinement un cadavre de jeune femme afin qu'il puisse poursuivre ses travaux mais cette fois-ci sans l'aide de rats ou de grenouilles de laboratoires. Le cadavre reçu, le scientifique s'empresse de faire son expérience mais celle-ci échoue, le corps de la victime n'étant plus assez frais. Quelques temps après, l'inconnu rappelle le malheureux chercheur pour lui proposer à nouveau son aide (non gratuite il va sans dire), n'hésitant pas à le faire chanter, lui affirmant qu'il connait le secret de la combinaison d'ADN qu'il lui manque. Pour son plus grand malheur, l'escroc va se rendre chez le scientifique qui a bien décidé de ne pas se laisser faire…



Nous voici aujourd'hui face au cinquième et avant-dernier opus de la saga des Guinea Pig intitulé "android of notre dame". Comme je l'ai déjà mentionné dans certaines fiches d'autres opus de la saga, chaque épisode a sa particularité : "devil's experiment" (opus 1) est le plus malsain, "Flower of flesh and blood" (opus 2) le plus gore, "he never dies" (opus 3) le plus réfléchi et le plus drôle, "mermaid in a manhole" (opus 4) le plus gerbant, "devil doctor woman" (opus 6) le plus loufoque et décalé tandis que "android of notre dame" (opus 5) est certainement le plus… heu… mauvais. Allez, ne perdons pas de temps et analysons brièvement cet épisode qui s'avère décevant en tout point.

Un nain désire trouver une façon de guérir sa pauvre sœur atteinte d'une maladie inconnue mais un escroc affirmant connaitre la formule secrète se met en travers de ses recherches, poussant notre scientifique à le torturer tant que celui-ci ne lui donnera pas le remède miracle. Même si le scénario peut s'avérer intéressant et prometteur en termes de tripailles, ne vous y trompez pas car, même si les effets spéciaux tiennent la route, le film accumule les lourdeurs et les lenteurs sans s'en soucier visiblement. En effet, l'histoire de Kazuhito Kuramoto manque cruellement de rythme, notamment lors de ses vingt premières minutes où l'on suit notre vaillant scientifique dans ses expériences mêlant biochimie, chimie, neurologie et anatomie, expériences qui s'avèrent au final bien pompeuses (il tourne un bouton, puis un autre, fait une pause, retourne un bouton, attend, retourne un bouton…). Peu de musique, beaucoup de gros plans insipides, une photographie hideuse, une lenteur à la limite du supportable : les vingt premières minutes sont bien monotones et ne prédisent rien de bon pour la suite, poussant le spectateur à la somnolence et à l'inattention.



Il faudra attendre environ la moitié du film pour voir enfin un peu d'action avec la visite de l'escroc chez le nain où celui-ci va lui faire subir des sévices que le malheureux était bien loin d'imaginer, pensant plumer à nouveau son pigeon lors de cette visite amicale. Cette séquence marque radicalement le passage d'une partie monotone où le manque d'action se faisait cruellement ressentir à une autre partie bien plus dynamique et généreuse en scènes gores. Le film se paye même le luxe dans sa seconde moitié de reprendre des scènes d'anthologie du culte "ré-animator" sorti 3 ans auparavant (notamment ce passage de la tête coupée réanimée). Un passage ma fois bien sympathique dont on ne reprochera pas au final à Kazuhito Kuramoto cette similarité évidente avec le long-métrage génialissime de Stuart Gordon (d'ailleurs, on peut rapprocher cette scène de la tête coupée à la séquence finale de "he never dies" alias Guinea Pig 3), les effets étant très bien faits et le cinéaste ajoutant ses propres idées, évitant de calquer bêtement sans réfléchir l'œuvre culte de 1985.

Oui il est vrai que cette deuxième partie du film est nettement plus intéressante que la première mais cela ne signifie pas pour autant que ce cinquième opus devient passionnant. Les dialogues sont médiocres, la mise en scène pathétique. Le nain, qui jusque là se montrait sérieux, réfléchi et attentionné vis-à-vis de sa sœur, devient tout à coup pervers, machiavélique et ne cesse de ricaner bêtement, rendant le film grotesque et pompant.



Ce qui est ambigu dans cet épisode, c'est que l'on ne sait pas vraiment la volonté première du réalisateur : est-ce un film fait pour rire ou une œuvre dramatique et sérieuse en tout point? Kazuhito Kuramoto et ses acolytes semblent avoir voulu mixer ces deux registres : les liens entre le frère et la sœur mais également entre l'escroc mutilé et sa femme pour le côté dramatique de la situation (on se rapproche alors volontiers d'un "mermaid in a manhole") et ce côté grandguignolesque qui émane des tortures perpétrées par le nain ainsi que des grimaces exagérées de sa victime (ce côté gore absurde renvoyant à l'opus "he never dies" sorti 2 ans auparavant). Quoiqu'il en soit, le mélange de ces deux registres fonctionne ma fois très bien, à l'exception que les acteurs se montrent bien trop souvent médiocres dans leur jeu (les interprètes masculins surtout) ce qui discrédite un peu cette histoire qui aurait pu être bien plus intéressante à suivre.

Heureusement, les effets gores sont toutefois assez généreux dans cet opus également, même si quelques-uns manquent indéniablement de réalisme (la scène de l'éviscération où la peau du ventre ressemble à du latex, les jambes coupées de l'escroc qui sentent bons le plastique…). On retiendra toutefois certaines séquences assez gores comme ce passage où le nain extirpe un par un les os de la cage thoracique de sa victime, toujours avec ce bruit de craquement que l'on percevait déjà brillamment dans l'opus "flower of flesh and blood". On notera également de très bons effets spéciaux gélatineux et gluants (référence à la scène de l'œil sorti de son orbite dont s'écoule cette substance visqueuse et très poisseuse : ma scène préférée du film), quelques effets trashs (comme ce liquide épais et orange qui sort de la tête de l'escroc), quelques scènes bien sanglantes (cette jolie giclée de sang que se prend le scientifique en plein visage) et également quelques gros plans bien réalisés (notamment sur des oreilles, l'une pourrie et l'autre fraichement découpée quelques secondes auparavant, ou encore ce gros plan sur le découpage d'une langue). Vous l'aurez compris, les effets spéciaux demeurent, de part leur diversité, le seul bon point de cet épisode raté de la saga des Guinea Pig.



Inutile d'aller plus loin dans l'analyse, nous ne trouverons plus grand-chose de très passionnant à dire sur cet opus qui demeure pourtant l'un des plus longs (50 minutes environ : c'est dire la longueur de pellicule inutile). "android of notre dame" est l'épisode le plus mauvais de la saga et de loin. Mise en scène médiocre, acteurs décevants, manque de rythme évident lors de la première moitié du film, cet opus des Guinea Pig évite toutefois le naufrage grâce à des effets spéciaux très variés et pour une bonne partie réussis.
Un opus à oublier, le seul à vrai dire…








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