RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Hideshi Hino

Scénariste
Hideshi Hino

Date de sortie
1988

Genre
barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Shigoru Saiki
Go Riju
Masami Hisamoto
Mari Somei


Pays
Japon

Production


Musique
-

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.6
(7 votes)
Monsieur Hayashi est un peintre professionnel mais ses œuvres diffèrent de ce que l'on peut voir d'accoutumée. En effet, il a pris pour habitude, depuis la disparition de sa femme, d'aller dans les égouts afin d'y trouver des choses sortant de l'ordinaire pour les transposer sur ses toiles. C'est lors d'une de ses excursions souterraines qu'il croise le chemin d'une sirène agonisante, en proie à une infection au bas ventre due à l'insalubrité de l'endroit. Monsieur Hayashi en tombe éperdument amoureux et décide de la ramener chez lui et de la soigner. Mais au fil des jours, l'infection ne cesse de se propager sur le corps de la sirène, la transformant progressivement en un amas de pustules et de boules de pus immondes. Le rêve vire au cauchemar pour notre peintre qui va tout faire pour aider la nouvelle femme de sa vie.



"mermaid in a manhole", alias Guinea Pig 4, est considéré par les fans de la saga comme l'un des deux meilleurs opus avec "flower of flesh and blood", le deuxième épisode. Hideshi Hino nous montre une fois de plus qu'il est l'un des maîtres du gore et du trash : si son "flower of flesh and blood" en avait choqué plus d'un avec ses excès de barbarie sanguinolente, son "mermaid in a manhole" tend plus vers un trash immonde et dégueulasse (n'ayons pas peur des mots). Considéré comme l'épisode le plus gerbant de la saga des Guinea Pig, ce quatrième opus nous montre la dégradation physique du corps d'une sirène de long en large, souvent en gros plans, avec tout l'attirail nécessaire pour écœurer le spectateur (des boules remplies de pus qui éclatent, des vers grouillant sur la chair décomposée de la victime, des flots de sang qui jaillissent tels des geysers…). Nous pouvons le dire : "mermaid in a manhole" ne fait pas dans la dentelle et propose à son public des effets spéciaux hallucinants durant pas loin de 35 minutes (sur les 55 du film).

Même si cet opus reste dans la lignée des deux premiers épisodes de la saga pour son côté sérieux, excessif, gore, étrange et violent, celui-ci se distingue toutefois par cet esprit fantastique qui émane de son personnage central : une sirène réfugiée dans les égouts. Pas question cette fois-ci d'essayer de faire un faux snuff ou un film réaliste, le seul but de cette pellicule est de nous conter une histoire d'amour entre un homme et une sirène qui tourne au drame quand l'élue se rend compte qu'elle est atteinte d'un mal qui la ronge de l'intérieur et transforme peu à peu son corps en un entassement de chair putréfiée et de boules de pus qu'elle considère elle-même comme des tumeurs malignes.

Ce film est le plus long de la saga (55 minutes environ) mais cela ne l'empêche pas de nous tenir en haleine jusqu'au final qui s'avère également intéressant (mais je n'en dirai pas plus…). Un rythme donc fort bien maintenu tout au long du film durant lequel s'enchaînent les différents stades d'infection et de propagation de la tumeur. On suit avec beaucoup de curiosité la dégradation physique de la sirène ainsi que l'acharnement du peintre qui essaye de finir son tableau, unique volonté de sa chère et tendre avant de succomber à cette maladie dévastatrice ("tu dois terminer le tableau avant que je ne meurs").

Seul petit bémol au scénario diront certains : les séquences des voisins curieux qui n'apportent pas grand-chose à l'histoire (des séquences où l'on s'éloigne le temps de quelques secondes de nos deux tourtereaux, un peu à la manière d'un "cannibal ferox" où le film était parsemé de séquences urbaines cassant le rythme du film). Certes, ces séquences sur le voisinage n'apportent rien de bien intéressant au scénario mais s'avèrent tout de même bien sympathiques : on nous dépeint deux péquenots qui se mêlent de tout (les commérages du quartier : jolie critique du voisinage dont nous sommes tous plus ou moins habitués), n'hésitant pas à fouiller les poubelles du peintre pour essayer de comprendre pourquoi celui-ci ne sort plus de chez lui depuis quelques temps et passant leur temps à se questionner sur son isolement. Des séquences qui apportent un peu d'humour à l'histoire (référence à cette séquence où la voisine tombe sur une grosse tête de poisson dans les poubelles de son voisin et se met à hurler tout en trottinant vers son mari toute paniquée) et qui ne cassent en rien le rythme du film pour ma part.



Mais venons-en à ce que beaucoup d'entre vous attendent impatiemment : les effets spéciaux, gores et trashs de "mermaid in a manhole". Comme dit plus haut, la trame narrative de cet opus est la dégradation physique (proche de la putréfaction) d'une sirène atteinte d'une sorte de tumeur ravageuse.

On suit donc les différents stades de la maladie que la sirène a attrapée dans les égouts. Un endroit lugubre, humide, sale et grouillant d'insectes rampants et volants dans lequel le réalisateur nous plonge dès le début du film avec quelques séquences où s'enchaînent les gros plans sur divers détritus et déchets dont les gens se débarrassent volontiers dans les souterrains de la ville (des mannequins, des cartons…). L'occasion également pour le peintre d'y retrouver le cadavre de sa chatte ainsi que celui d'un bébé humain! (une critique de la politique chinoise de l'enfant unique qui sévit en Asie?)

Passées ces séquences des égouts, Hideshi Hino nous amène dans la salle de travail de Monsieur Hayashi après que celui-ci ait ramené la sirène chez lui, installée dans une baignoire remplie d'eau pour ne pas la dessécher. Notre sirène, atteinte de pustules énormes au niveau du bas ventre, souffre énormément et ne cesse d'avoir des convulsions qui inquiètent le peintre, prêt à tout pour la soigner. Mais les médicaments qu'il lui administre ne semblent avoir aucun effet, c'est d'ailleurs le contraire qui se passe : ces grosses boules rouges qu'elle a sous le nombril commencent à saigner abondamment et notre sirène se retrouve vite plongée dans un bain de sang. Le peintre, en proie à la panique, fait alors tout son possible pour éponger les plaies mais rien n'y fait : les tumeurs saignent et le sang trisse dans tous les sens pour finalement s'arrêter soudainement, à la grande satisfaction du peintre qui ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour sa sirène et qui décide alors de lui apporter à manger.

Mais très vite, les symptômes du second stade de transformation se perçoivent. Le visage pâle, crispé, tremblant et apeuré de la sirène n'annonce rien de bon. En effet, les tumeurs ont envahi son tronc et s'attaquent à son cou, créant un amas de boules rouges qui n'attendent qu'à se vider de leur pus. "Ces tumeurs ont sept couleurs de pus différentes" annonce la sirène à son peintre, "tu vas me peindre avec le pus de sept couleurs différentes". Telle semble être la dernière volonté de la souffrante sur son lit (ou plutôt sa baignoire) de mort et Monsieur Hayashi s'exécute. Commence alors une séquence bien trash où notre malheureux peintre va percer les tumeurs pour en extirper le pus, liquide épais mais suffisamment fluide pour que celui-ci finisse dans des petits bocaux au nombre de sept. Afin de lui venir en aide dans sa récolte vomitive, la sirène n'hésite pas à presser les grosses pustules elle-même pour en extraire cette substance qui servira de peinture par la suite. Une séquence complètement dingue et ignoble qu'imagine alors un Hideshi Hino au meilleur de sa forme. Le travail sur les effets spéciaux est vraiment saisissant, notamment lors de ce plan sur le corps de la sirène suite à l'extirpation du pus : des amas de boules rouges entre lesquelles se trouvent des liquides de toutes les couleurs, certains pus continuant de jaillir des tumeurs lors de chaque respiration de la malheureuse. L'eau de la baignoire, quant à elle, est passée du rouge sang à un mélange noirâtre, violet, dû au mélange des sept couleurs de pus.



Vient alors le troisième stade de transformation. Les écailles de la sirène ont changé de couleur (virant du rose pâle au blanc maladif), son visage commence à changer de teinte et des marques violettes commencent à apparaitre un peu à la manière d'hématomes. La jeune femme est alors presque inconsciente, tandis que notre peintre continue de la peindre à l'aide du pus qu'il avait conservé en bocaux. C'est alors que du liquide blanc laiteux et des vers violets et verdâtres sortent des boules de pus de la sirène. Une séquence presque vomitive, répugnante à souhait, qui comblera les amateurs de trash. Les effets spéciaux de très bonne qualité ne sont pas les seuls responsables de la réussite de cette séquence : les effets sonores sont également à la fête avec des sons ignobles et visqueux. Le réalisme de cette scène est saisissant : les vers s'accumulent sur le buste de la jeune femme pour former des amas grouillant et rampant. Les scènes montrant le peintre affolé en train d'extirper les vers des tumeurs à mains nues (et en gros plans) sont écœurantes. Voilà certainement la séquence la plus gerbante du film : un summum de mauvais goût et d'ignobilité.

Puis vient enfin le stade ultime où notre sirène est à présent recouverte entièrement de boules de pus. La moitié du visage en est couvert, laissant encore apparaitre un faible éclat de féminité avant que notre sirène ne finisse pas cracher des asticots et à s'arracher les cheveux, laissant jaillir à nouveau des flots de sang à n'en plus finir. Une scène horrible de décomposition ravageuse où notre sirène se tortille dans tous les sens, envahie de spasmes. Comme pour les deux premiers opus des Guinea Pig, on retrouve une scène d'œil (une marque de fabrique) où cette fois-ci celui-ci s'en va de lui-même de son orbite.
Malgré ce déluge d'atrocités, Hideshi Hino pousse encore plus loin le vice en faisant dire à sa sirène "Tu dois terminer le tableau avant que je ne meurs" (de l'obsession maladive?). Voilà tout le côté dramatique du film : notre peintre, éperdument amoureux de sa sirène, doit la regarder souffrir et même pire : graver cette souffrance sur la toile sans lui venir en aide, telle est la volonté de la malheureuse.
Arrive ensuite une scène de barbarie qui peut être vue comme un clin d'œil à "flower of flesh and blood", le premier Guinea Pig d'Hideshi Hino : notre peintre découpe la sirène à l'aide d'une petite machette avant d'en extirper les intestins. Une scène certes moins travaillée que celles du deuxième opus de la saga mais qui fait son petit effet tout de même (bruitage, craquements des os…).



Je ne parlerai pas de la séquence finale pour éviter tout spoiler mais je pense vous avoir déjà bien laissés imaginer le carnage du film. Car il faut bien l'avouer, ce Guinea Pig n'a qu'un seul but : dégoûter son public, montrer jusqu'où on peut aller dans la violence et l'extrême (aussi bien physique que mental). Hideshi Hino l'a clairement démontré dans ses deux opus qui sont de loin les plus ignobles de la saga.

Au final, "mermaid in a manhole" est l'un des meilleurs opus de la série (sinon le meilleur) de part ses effets spéciaux vomitifs. Se distinguant de ses deux principaux aînés (les opus 1 et 2) par ce côté irréaliste et fantastique, il n'en perd pas pour autant cet esprit malsain et extrême qui a fait les beaux jours de la saga nippone. Un must à découvrir!








Du même réalisateur :