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Ben et Marian Rolf répondent à une annonce pour louer une maison durant tout l'été. A leur grande surprise, il s'agit d'une grande demeure. Finalement le couple se laisse tenter par le prix attractif (900 dollars pour la durée de la location). En contrepartie, les Rolf, vont s'occuper de la vieille Mme Allardyce, qui vit retranchée dans sa chambre. Ils emménagent avec leur jeune fils, et tante Elizabeth.



Petit classique des films de maisons hantées, TRAUMA, de Dan Curtis, mérite aisément d'être redécouvert. Sorti trois ans avant "Amityville", il a depuis été relégué en arrière plan. Pourtant, à bien des égards, il s'agit d'un film subtil et délicat, dans l'art de distiller une angoisse chez le spectateur. L'interprétation des acteurs est excellente et contribue à rendre crédible une histoire assez ténue : que ce soit Oliver Reed, Karen Black ou encore Bette Davis.

Mais, le véritable personnage central de l'intrigue est la maison elle-même. Dont le mystère n'est dévoilé qu'à la toute fin. Par petites touches, on sent bien qu'il se passe des événements étranges : la maison reprend des couleurs, Marian passe son temps à s'occuper de Mm Allardyce, son mari devient violent et a failli noyer leur fils, David, dans la piscine… Autant d'éléments perturbateurs, mais dont on ignore la provenance. Bien que l'on se doute que c'est la maison qui est à l'origine de ces phénomènes, semblant se nourrir tel un vampire, de la force de ses occupants. Des locataires, qui n'arrivent pas à sortir de la maison et de sa propriété lorsqu'ils essaient de partir. Ben Rolf est sujet à la vision d'un mystérieux chauffeur annonciateur de mort (il revoit l'enterrement de sa mère). Une vision prémonitoire du destin des protagonistes. Ce mystérieux chauffeur (faisant office de croquemort) apparaît d'ailleurs au moment de la mort de tante Elizabeth.

Progressivement la structure familiale se délite et chacun se met à soupçonner l'autre. La confiance -élément moteur de toute bonne famille qui se respecte- vole en éclats. Un point important du scénario qui a visiblement passionné Dan Curtis, qui filme au plus près de chaque personnage, leurs émotions et les changements qui s'opèrent en eux.
Quelques petits griefs néanmoins : l'histoire avance peu et semble faire du sur-place (par deux fois la piscine se révèle un lieu dangereux), un rythme un peu lent, le refus du recours au grand- guignol. D'ailleurs, les uniques scènes-chocs sont placées à la fin de BURNT OFFERINGS. Une fin précipitée, qui tranche avec le reste du long-métrage.


En faisant de la maison l'acteur principal, on est plus dans une ambiance à la Edgar Poe ("La chute de la maison Usher") que dans les films d'esprits vengeurs, tels qu'ils vont surgir quelques années après. Ici, pas d'allusions à la religion pour venir combattre un quelconque démon ou diable. La nature des phénomènes restant opaque jusqu'aux 3 dernières minutes. La tension ne se relâche pas, grâce à une musique en adéquation avec son sujet : terrifiante.

Grand Prix Festival du film fantastique de Los Angeles 1979 et de New York 1980.

Au 6ème festival du film fantastique de Paris, Karen Black, reçoit le prix de la meilleure interprétation féminine.

Karen Black est en tête d'affiche du 1er film de Rob Zombie : "House of 1000 Corpses".