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Franzis et Alan sont les meilleurs amis du monde et amoureux tous deux de la jolie Jane. Leur amitié n'en souffre pas du fait qu'ils attendent de celle-ci qu'elle fasse son propre choix. Inséparables, il se rendent à la fête foraine de la ville où des meurtres sont perpétrés depuis plusieurs jours, les victimes étant tuées toutes de la même façon. Au sein de la foule, ils sont harangués par le Docteur Caligari, qui exhibe Cesare un somnambule, capable de prédire les évènements futurs. Alan se prête au jeu et questionne le phénomène quant à la date de sa mort :"Vous vivrez jusqu'à l'aube". Terrorisés, les deux compères quittent la fête et se séparent le soir même. Mais au cœur de la nuit, Alan surprend quelqu'un dans sa chambre, et meurt poignardé dans son lit…



Une éternité que je n'avais pas été autant ébloui. 73 minutes de grâce et de fascination absolue pour ce film reconnu comme le premier de l'ère expressionniste. D'autres distinctions peuvent ainsi lui être décernées : sans conteste le premier film muet de genre, et sans aucun doute le premier slasher de l'histoire du cinéma. Réalisé en 1919, "Le cabinet du Docteur Caligari" est le reflet de l'angoisse d'un peuple, d'une Allemagne déroutée psychologiquement, qui sort de la guerre. Le film "découpé" en 6 actes, ne peut rappeler en aucun cas une quelconque mise en scène théâtrale.



Les amoureux de l'art expressionniste et poétique seront aux anges : la quasi-totalité des décors sont l'œuvre d'Herman Warm, talentueux peintre de cette époque. De splendides toiles géométriques peintes servent le film et insufflent un caractère féérique à l'ensemble du long métrage (on pense notamment à Tim Burton de nos jours). Robert Wiene est un précurseur sur bien des points. A une époque où le cinéma présentait des acteurs au jeu excessif et théâtral, proche du mime, ce film est résolument contemporain dans le sens noble du terme. L'interprétation est d'une qualité exceptionnelle, les maquillages outranciers (les yeux charbonneux) servent parfaitement la palette de sentiments, distillés avec une rare conviction.



Nous devenons témoins malgré nous d'une peinture aux couleurs exquises. La copie est délicatement teintée, tantôt de bleu, d'orangés, de parme, ou bien encore d'un vert vaporeux (Argento !). Vous ne rêvez point. Des scènes désormais d'anthologie parsèment cet ovni cinématographique : l'enlèvement de Jane, les poursuites dans les rues… autant d'intelligence scénique que l'on retrouvera plus tard dans des films tels La Momie (1932) ou encore Dracula (1931). Un véritable thriller défile sous nos yeux, et l'on se surprend à attendre fiévreusement la fin tant l'intrigue nous tient en haleine.


Bon nombre de réalisateurs feraient bien de s'inspirer du dénouement de ce film, remarquable d'ingéniosité. Je n'en ai toutefois pas terminé avec l'hallucination : au regard de la scène finale qui pourrait laisser augurer d'une suite ! Visionnaire et précurseur, assurément, définitivement.
Précipitez-vous donc sur ce film qui nous offre ce que le cinéma a de plus beau : l'aliénation de l'âme.

Réalisé en 3 semaines, "Le cabinet du Docteur Caligari" remporta un succès phénoménal à Berlin ainsi qu'aux Etats-Unis et en France.

Fritz Lang fût un premier temps pressenti à la réalisation.

"The cabinet of Caligari" film britannique, fût tourné en 1962 mais ne reprenait pas tout à fait le scénario original: l'histoire étant tournée principalement vers le personnage féminin de Jane.

Lil Dagover fut la muse de Fritz Lang et Murnau qui la firent tourner dans quelques uns de leurs films.

Un remake est en préparation (news de Gérald du 04/08/04):http://www.cinehorreur.com/index.php?voirnews=1&idnews=336






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