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Père de famille aimant, Ulrik Hansson filme une réunion de famille au caméscope. La nuit venue, il se réveille seul dans son lit ; inquiet, il sort sur le palier, et trouve sa femme Monika en robe de chambre, qui fumait une cigarette. Il note la présence d'un véhicule inconnu, un monospace noir, à proximité. Il travaille normalement le jour suivant mais, le soir, au moment de se coucher, une horrible douleur lui étreint la poitrine. Fausse alerte, semble-t-il, car elle s'interrompt aussitôt. Réveillés, les enfants se couchent avec leurs parents. Mais le lendemain matin, c'est dans un lit vide et ensanglanté qu'Ulrik se réveille : Monika et les enfants ont complètement disparu. Le commissaire Levin se met sur l'affaire, tandis que de son côté Ulrik se rend compte qu'il est affecté de crises de somnambulisme. Persuadé que tout pourra s'expliquer de cette façon, il attache son caméscope à son épaule avant de s'endormir, désireux de filmer le contenu de ces crises. Commence alors une étonnante double enquête (celle du commissaire et celle d'Ulrik), qui aboutira à de nombreuses et sombres révélations.



A partir d'un thème on ne peut plus commun (disparition et enquête), Rüneborg et son scénariste Jacobsen nous montrent une histoire à rebondissements multiples, qui déstabilise continuellement le spectateur et le plonge dans une angoisse aussi délicieuse qu'intense. A l'exception du retournement final, qui vaut pourtant son pesant d'or, on peut parier qu'Hitchcock aurait adoré les fausses pistes et les surprises de Sleepwalker. On discerne bien des influences dans le style du réalisateur (notamment les Dogma pour les séquences de caméra à l'épaule, le Silence des Agneaux pour la vue infrarouge des mêmes séquences ainsi que celle du puits), mais il ne s'agit jamais de citation pure ou d'exploitation d'un filon. Le rythme du film est d'ailleurs typiquement européen, à mille lieux du thriller bien emballé des productions hollywoodiennes.



Le travail des couleurs nous plonge dans un quotidien rugueux et sombre, tandis que la bande sonore, poussée dans les détails, exacerbe notre attention (la musique est également très réussie). Les scènes au caméscope sont vraiment inquiétantes (avec le seul souffle d'un somnambule, et non les gueuleries d'un Blair Witch), et d'autant plus prenantes que nous les découvrons en même temps que le personnage principal, cherchant à décoder les images et à mener l'enquête en même temps que lui. Il sera difficile de trouver un film où le fondu au noir soit chargé d'autant d'interrogations…



Ralph Carlsson incarne à merveille ce père de famille sans histoire qui se révèle à lui-même de moins en moins normal, de plus en plus imprévisible. Chaque personnage est campé avec conviction, donnant une épaisseur psychologique savoureuse, qui fait encore mieux ressortir les moments chocs. Pas de gore dans Sleepwalker : du sang, une tête tranchée, mais jamais en même temps. Pourtant l'horreur est indéniablement présente à travers les surprises incessantes, le suspens et les situations angoissantes.



Le retournement final peut décevoir, certes… mais il recèle une belle et dernière petite surprise, avec une image sublime. Et le générique de fin réserve également quelques explications supplémentaires, renvoyant au début du film pour nous le rendre diaboliquement limpide… Un chef-d'œuvre. Sleepwalker a obtenu le Grand Prix "Sang neuf" au festival du film policier de Cognac en 2001. Le remake américain devrait sortir en 2004 aux USA, avec Richard Gere dans le rôle principal… Joel Schumacher avait été prévu à la réalisation, avant d'y renoncer.








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