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Poursuivi par une meute de loups, Cho-Yang, un jeune garçon, est sauvé de justesse par un air de flûte joué par une fille mystérieuse. Plus tard, lorsque le clan d'arts martiaux auquel il appartient, le Wu Tang, se fait attaquer par un clan adverse, il tombera fou amoureux de leur plus puissant assassin, une femme-louve en qui il reconnaît la fillette qui lui avait sauvé la vie.



Ce film inspiré d'un conte chinois est tout d'abord d'une splendeur visuelle incroyable et époustouflante. Le spectateur reste littéralement bouche bée devant les couleurs des décors et des costumes des acteurs, ainsi que les combats aériens et terriens chorégraphiés à la perfection tout en essayant de suivre l'histoire. Comme avec beaucoup de films chinois, ce n'est pas évident puisqu'elles contiennent non seulement un vrai scénario étoffé plein à craquer de noms de personnages difficiles à retenir, donc la barrière linguistique y est pour quelque chose. Mais peu importe, ce film vous emportera sur sa vague poétique d'amour maladroit et de violence jamais contenue.

Le scénario fut confié à un Ronny Yu qui n'avait pas beaucoup d'expérience et encore moins bonne réputation suite à son Héritier de la violence (avec Brandon Lee), mais sa naïveté sied à merveille à cette histoire d'amour à l'eau de rose comme les chinois les affectionnent. Nous avons droit à des images pseudo-érotiques de nos amants fougueux se baignant dans un lac sous-terrain, faisant l'amour comme emportés sur un nuage et même un combat hallucinant où la tueuse est habillée d'un blanc virginal mais se défend avec un fouet impressionnant, et le pauvre Cho-Yang n'a droit qu'à une petite brindille… Là, le symbolisme sexuel est on ne peut plus évident bien que maladroit, mais il est rapidement équilibré par notre rencontre avec les leaders du clan opposé au Wu Tang, le "Culte". Ce sont des jumeaux siamois, un homme et une femme, reliés par la colonne vertébrale et dotés de la même personnalité perverse et sadique, ne souhaitant qu'une seule chose, être libérés l'un de l'autre. Leur vœu le plus cher sera exaucé dans une scène d'horreur absolue où le sang coule à flot et où l'on se croirait presque dans un film de Shinya Tsukamoto tellement c'est bizarre et franchement malsain.

L'opposition entre les devoirs guerriers et l'amour dévorant de nos deux jeunes héros en font un film à l'apparence classique, mais c'est un sujet assez peu utilisé dans les films chinois de ce genre. En effet, pour le rendre plus exploitable en Occident, le scénario a été infusé de références européennes, tels le conte de fée ou, plus reconnaissable, Roméo et Juliette. Pour le côté esthétique et magique, il faut aller chercher du côté d'Histoires de fantômes chinois, de Ching Tsiu-Tung.
En résumé, un film magistral, qui supporte aisément plusieurs visionnages – c'est même recommandé !