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Lucio Fulci incarne ici son propre rôle, celui d'un cinéaste obsédé par son travail. Fulci, complètement déboussolé, est au bord de la folie. Des scènes de ses innombrables films d'horreur le hantent de jours comme de nuit. Ses hallucinations se font tellement présentes qu'il décide de consulter un psychiatre qui va l'hypnotiser. Mais même après l'intervention du médecin, la situation n'en est pas meilleure… Au contraire, les hallucinations seront si présentes que démêler la réalité de la fiction deviendra un véritable challenge pour le réalisateur!



Tout d'abord le procédé selon lequel le film est construit fait plus figure de vitrine, que de réel métrage. En effet toutes les visions de Fulci sont extraites de films existant réellement (qui ne sont, en réalité, pas tous réalisé par ses soins). C'eût pu être une bonne idée, mais en l'occurrence cela éclope totalement le métrage, du fait de quelques problèmes de raccords. En effet la transition entre réalité et hallucination est très souvent grossièrement réalisée et avec peu d'attention, les lieux changent de configuration, les voitures de marques...
Le métrage en est lourdement affecté, il n'y a de ce fait aucune homogénéité sur la totalité du film. Et le rythme s'en ressent, les scènes de visions, sorties de leur contexte original, ralentissent atrocement un film lent à l'origine.



Le plus frustrant est de savoir qu'un tel sujet aurait pu, avec un autre traitement, atteindre des sommets. Mais c'est un cinéaste sur la fin qui nous sert ce film. Sous contrat avec une maison de production, Fulci se devait de réaliser un métrage pour honorer son contrat. Ce qu'il a fait, mais à contre-cœur, a en voir le peu de sincérité qui se dégage de l'ouvrage.



Ainsi, "Nightmare concert", n'est même pas un bon divertissement, ennuyant, plombé par des longueurs et un style patchwork qui tend à lasser le spectateur. Les fans de Fulci seront fort déçu, mais apprécieront le métrage par son côté "collection", voir documentaire, nombre des obsessions du cinéaste sont en effet révélées (ses relations avec les comédiens, sont implication dans son travail…).
Cependant, Fulci n'étant pas le réalisateur ultime que l'on voudrait vous faire croire, ces "révélations" sont fort dispensables.



Si vous n'êtes pas un adorateur du réalisateur transalpin, alors passez votre chemin, et commencez par ses plus grands films ("enfer des Zombis - L'", "maison près du cimetière - La", "au-delà - L'" ou "Frayeurs").
Vous y retrouverez ses défauts, mais hautement compensés par une inspiration, autrement plus abondante que celle de "Nightmare Concert". Après l'album Best-Of, Fulci invente le film Best Of ; complètement insipide et décousu, s'entend.

Sans intérêt.