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L'histoire assez décousue suit un jeune homme, David Gray, ayant une relation avec deux sœurs, dont l'une se meurt d'une mystérieuse maladie, et l'autre semble être retenue prisonnière. Les deux jeunes filles sont sous l'influence d'une personne nommée Marguerite Chopin et du docteur du village. Les explications pour les actes des uns et des autres nous sont présentées sous formes d'écrits que lit le jeune homme dans un livre qu'il a trouvé par hasard...



Dreyer prit l'entière responsabilité pour le scénario, très vaguement inspiré de la nouvelle Carmilla, de Sheridan Le Fanu. Effectivement, on n'en retrouve pas grand chose. Le réalisateur a plutôt misé sur le visuel, ce qui nous donne un film absolument étrange, contenant des images fascinantes, comme ces ombres chinoises d'un sabbat de sorcière, d'un fossoyeur creusant à l'envers ou encore ces reflets dans un lac alors que personne ne marche sur la berge.
A cause d'un incident technique, le N/B du film n'est pas très contrasté, et le gris délavé en rajoute à cette impression du film se déroulant hors du temps.

Le réalisateur ne nous impose aucun parti pris, donc il n'est pas évident de savoir si la sœur mourante, Leone, souffre réellement d'une morsure de vampire ou bien si c'est à cause d'un empoisonnement de l'étrange docteur. En effet, bien que Gray et un domestique transpercent d'un pieu le cœur de Chopin, qu'ils imaginent être une vampire, Leone ne semble pas reprendre vie comme elle le devrait logiquement. Et il s'ensuit alors un enchaînement d'images oniriques et surréalistes qui font douter du bien fondé des actes, et surtout de la santé mentale, de Gray.

Le point fort du film est cette ambiance déstabilisante qu'il installe chez le spectateur. On ressent un véritable malaise devant les images qui se suivent et se chevauchent sans but scénaristique. Et lorsqu'on arrive à la fin, on a envie de tout reprendre au début, parce que l'on ressent que chaque visionnage nous fera découvrir de nouvelles choses.
Vampyr est une vraie curiosité à découvrir absolument, si possible…

Le film fut financé par l'aristocrate Hollandais Nicolas de Gunzburg, qui prit le pseudo Julian West pour jouer le rôle de Gray dans le film.

A sa sortie en 1931, Vampyr fut un tel flop commercial parmi les opérettes et l'approche artistique sensiblement différente des films de la Universal, que Carl Dreyer ne retourna un film que 12 ans plus tard, Vredens Dag (1943).

Le film fut principalement tourné en France, à Courtempierre. Il fut synchronisé au niveau sonore à Berlin en trois langues : allemand, français et anglais.

Le scénario est librement adapté de la nouvelle de Sheridan le Fanu "In a Glass Darkly", ainsi que de "Carmilla" du même auteur.






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