RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.9
(22 votes)
Un petit coucou, avec à son bord quatre personnes, atterrit sur l'île de Mindanao. Les passagers doivent y rallier une base où les attendent des entrepreneurs, dans le but de déterminer si l'île contient des nappes de pétrole. Malheureusement, la piste est en mauvais état et malgré les efforts du pilote, l'avion est endommagé. Alors que l'aviateur répare l'engin, Robert Harper et Rolf, deux passagers, découvrent le camps désert et un cadavre qui porte les traces d'une agression. Alors que la nuit tombe la damoiselle du pilote est enlevée par une tribu de cannibales. Les trois hommes vont donc partir à sa recherche, espérant qu'elle soit encore en vie. Rolf, va alors être capturé par la tribu d'indigènes, toute droit sortie de l'âge de pierre. Commence alors pour lui un long supplice dans la prison des cannibales...



Comme beaucoup de films italiens de ces années-là, "Le Dernier Monde Cannibale" n'est en fait qu'un film de jungle. Certes mâtiné de cannibalisme – qui se résume tout de même à deux scènes – mais ce n'est pas là l'intérêt du film.

En outre, remettons les pendules à l'heure concernant les habitants de l'île. Si la tribu est désignée comme cannibale, c'est qu'il lui arrive de manger des hommes, mais ce n'est pas là sa seule alimentation, loin s'en faut. Cela est valable pour tous les films "de cannibales."



Le film s'ouvre sur une annonce informant le spectateur que les faits tels que dépeints dans le film sont tels que Robert Harper les a vécu. Il s'agirait donc d'une histoire vraie ? Rien n'est moins sûr. Pourtant à la vision du film on ne peut s'empêcher de se dire qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

En effet Deodato dépeint les coutumes des cannibales avec tant de détails et d'intérêt que l'on se demande si l'aventure de Robert n'est pas qu'un prétexte pour étudier une tribu vivant encore à l'âge de pierre. Selon les dires de Déodato, certains rituels tels que reportés dans son film sont véridiques et pratiqués en Amazonie. C'est le cas de cette mère qui voyant qu'elle a enfantée une fille la jette aux crocodiles (chose encore pratiqués officieusement dans des pays en voie de développement ou développés), peut-être pour éviter toute consanguinité ou explosion démographique de la tribu. Ou tout simplement parce qu'une fille ne peut qu'enfanter, ne pouvant être ni guerrière ni chasseuse, donc d'une utilité limité pour le groupe...



C'est là tout l'intérêt du film, de faire planer un doute sur la véracité des images montrées. Le film comporte en fait un aspect anthropologique assez poussé, le personnage principal n'étant ni Robert ni la jungle, mais plutôt les cannibales.

Le dernier monde cannibale ressemble donc très fortement à une étude qui aurait passionné le réalisateur. De ce fait le spectateur est convié à s'immiscer dans l'engouement du réalisateur pour ce genre, au travers du personnage Robert.



C'est ainsi que Deodato nous livre un bon film de jungle, qui pourra aussi permettre aux non-initiés de découvrir paisiblement le film de cannibales avec pour objectif d'en arriver à "Cannibal Holocaust" du même cinéaste.

Le film a plusieurs titres alternatifs comme : "Jungle Holocaust", "Horror Cannibal", "Carnivorious"...






LUMIèRE SUR