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Un pensionnat isolé au milieu du désert, en pleine guerre civile espagnole, abrite des orphelins. Au milieu du pensionnat trône une bombe, fièrement dressée, rebus inanimé de la guerre. En effet cette bombe, lâchée par des avions, n'a jamais explosé. Mais le jour où elle fut larguée, l'un des pensionnaires disparaissait. Depuis, le temps a passé, et Carmen, la directrice, a accueilli Carlos, dont le père à été tué par la guerre. Dès son arrivé Carlos va découvrir que le pensionnat est hanté par Santi, l'orphelin disparu. Ce ne sera pas là son seul souci, il devra tenir tête à ses camarades et à Jacinto, l'homme à tout faire de l'établissement...



Guillermo Del Toro avait déjà surpris avec "Cronos", son premier film, une fable fantastique sur les vampires. "L'échine du Diable" marque donc son retour en grande pompe au conte fantastique, juste avant de s'essayer au film d'action à gros budget ("Blade II").
Force est de constater que le mexicain est très doué en la matière. "L'Echine du diable" ne souffre d'aucun des défauts inhérent au genre comme le manque de rythme, les bavardages inutiles ou encore les personnage artificiels...



Tout d'abord, graphiquement, le film est époustouflant. L'architecture de l'orphelinat se trouve être l'enceinte idéale pour tourner. De par son savoir faire, Guillermo insuffle une atmosphère brumeuse et angoissante en ces lieux tannés par le soleil. La photographie est magnifiée par la réalisation. La caméra s'attarde sur des points de décors qui apparaissent insignifiants, mais qui contribuent à immerger le spectateur.



Le personnage de Santi semble avoir lui aussi été l'objet d'une intense réflexion. Il est à la fois angoissant et mélancolique : sans parler, il transmet de puissantes émotions.
Les autres protagonistes ont eux aussi bénéficiés d'un soin particulier puisque sans s'attarder sur leur passé, Del Toro en exprime suffisamment. Chacun des personnage a sa propre histoire et respire le vécu.



De fait rien ne sonne creux dans "l'Echine du diable", tout semble être authentique. C'est grâce à cela que le cinéaste va nous transporter, pendant plus de 100 minutes, dans un monde hors du temps. Une fable tout bonnement magnifique qui ne souffre d'aucune lacune.
Autant d'éléments qui s'additionnent pour construire le fondement du film : la poésie. Le film procure au spectateur une multitude de sensations en demi-teintes, de frissons, comme l'ont pu faire Baudelaire ou Mozart dans leurs domaines respectifs. Mas la sensation qui domine, et reste présente longtemps après le générique de fin, c'est une infinie tristesse.

Un film beau à en pleurer. La pièce maîtresse d'un artisan au sommet de son art.