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Lassée par sa vie d'épouse modèle, Joan Mitchell va s'initier aux pratiques de la sorcellerie. Petit à petit, ses cauchemars vont s'intensifier et changer sa vie pour toujours...



Ce film a été tourné à la même époque que The Crazies, mais il est complètement différent. Ici, on n'est plus dans l'action, ni même l'horreur explicite, mais dans la vie et l'esprit de Joan Mitchell, une femme délaissée par son mari et incomprise par sa fille. Nous sommes plongés directement dans un de ses cauchemars récurrents, aussi étrange et incompréhensible que seul un paysage onirique peut l'être. Le film est à ce propos monté de telle façon que l'on ne sait pas toujours si on se trouve dans un rêve ou dans la réalité du film, ce qui est aussi déroutant pour le spectateur que pour Joan elle-même.

Malgré une référence ouverte à Rosemary's Baby de Roman Polanski au début du film (dans un échange de dialogues), on pense aussi pas mal à Une Femme Sous Influence de John Cassavetes. Cette impression est notamment renforcée par une longue séquence où l'on croit plus à l'improvisation qu'à des scènes écrites et répétées. Une autre référence qui revient plusieurs fois et de façon bien plus évidente, est Le Lauréat de Mike Nichols. Désespérée de retrouver un peu de sa sensualité endormie, Joan séduit l'amant de sa fille, plus jeune qu'elle, et celui-ci l'appelle Mrs Robinson.
On se rend vite compte que les cauchemars répétés qui constituent le début du film ne sont rien d'autre que l'inconscient de Joan exprimant les névroses qui s'y sont accumulées depuis des années. Cela va même jusqu'à se manifester par une étrange silhouette masquée qui l'attaque dans sa maison durant la nuit et lui cause à commettre un meurtre tout à fait absurde.

Encore une fois, Romero injecte une critique sociale dans son film. Greg, l'amant de la fille de Joan, est un grand sceptique face à la sorcellerie. Selon lui, c'est le pouvoir de l'autosuggestion qui régit les choses que l'on ne peut expliquer de façon rationnelle. On ne peut avoir d'autres pensées que celles qu'on nous inculque, l'identité individuelle n'existe pas. Greg démontre sa théorie de façon assez humiliante envers une amie de Joan, en lui faisant fumer ce qu'il prétend être de l'herbe. La femme a rapidement la tête qui tourne, des hallucinations, des malaises, et enfin, Greg lui avoue qu'il n'y avait que du tabac dans la cigarette roulée. On se prend au jeu, on se dit qu'il a de bons arguments et que Romero se place aussi de ce côté-là, surtout que durant le reste du film, il n'y a aucune manifestation physique aux incantations de Joan. Tout se passe véritablement dans son esprit.

Ce film est proposé avec The Crazies dans un joli coffret à un prix abordable, et tout fan curieux de l'univers de Romero dispose ici d'une très bonne vue. A conseiller.