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5 personnes recrutées sur Internet doivent passer 6 mois ensemble dans une maison isolée. L'endroit est truffé de caméras de surveillance, et si l'un d'eux abandonne, tous sont éliminés. L'enjeu est d'un million de dollars à départager. A priori, cela ne devrait pas être trop difficile, si ce n'était pour quelques obstacles supplémentaires et non-communiqués par la production…



Ce film résulte bien sûr de l'engouement du grand public pour les émissions-réalité. Rien d'étonnant à ce que le cinéma s'en soit approprié, en particulier le genre Horreur. Le sujet s'y prête à merveille. Mais ici, on assiste à un peu plus qu'un simple jeu du chat et de la souris, à autre chose que les apparences trompeuses. L'idée en soi peut paraître banale mais c'est dans sa conception qu'il faut chercher sa réussite.

On assiste à un jeu sadique, fait de déstabilisation psychologique, tant pour les participants que pour nous. Les caméras de surveillance sont partout et utilisés à bon escient. Pendant deux tiers du film, on suit les acteurs à travers ceux-ci, ce qui met le spectateur vraiment mal à l'aise, étant donné qu'on lui oblige à jouer au voyeur. De plus, c'est filmé d'une telle façon qu'on a du mal à faire la différence entre le film vu à travers les caméras, et un individu qui les épierait, ce qui renforce notre impression d'être cet étranger qui les menace réellement. Et le fait que les images soient diffusées par le net et dans le monde entier, donne une connotation accrue d'intimité qui renforce le côté malsain et notre sensation de voyeurisme.

Les personnages sont assez bien définis, et le contexte concerne justement les confidences et les secrets enfouis, les actes passés que l'on pense pouvoir fuir en les ignorant. Mais malgré les quelques mois qu'ils viennent de passer ensemble, aucune amitié ni relation amoureuse ne s'est forgée. Au départ, on s'en étonne, et puis on se dit que finalement, on choisit ses amis, et que même la carotte d'un million de dollars ne saurait y changer quelque chose. En même temps, tous ne sont pas obsédés par l'appât du gain jusqu'à en oublier leur humanité. Et on arrive alors à s'identifier à eux, et à douter des propos de l'un des garçons qui a tout compris à ce que la production a véritablement monté comme jeu. Mais comme ses camarades, on se dit que non, ce n'est pas possible, ça n'existe pas, les snuff movies… Ensuite, la vérité éclate de la seule façon possible, et la fin du film se transforme en véritable boucherie. Et durant les dernières images, l'on se surprend à murmurer, yeux écarquillés, "Oooh, c'est méchant…"

Etant donné que la plus grande partie du film est vue à travers les caméras de surveillances, les images sont granuleuses et le zoom fonctionne un peu à retardement, mais cela renforce le côté réel. Les scènes de nuit sont filmées avec une caméra à infrarouge, comme pour la fin du Silence des Agneaux, amplifiant la peur et la maladresse des acteurs. Ainsi que notre appréhension.
Le suspense est maintenu tout au long du film, et bien qu'on ne sursaute pas beaucoup, on est emporté par l'impuissance des personnages face aux évènements hors de leur contrôle. On a envie que ça se termine, tout comme on a envie de continuer à regarder. Et n'est-ce pas cette dernière envie irrésistible et humaine qui fait le succès de ces jeux soi-disant réels ?

"Les étrangers ne tuent pas les étrangers. On se fait le plus souvent tuer par ceux qu'on connaît."








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