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Le jeune Philip Winthrope se rend à la maison Usher, un château gothique isolé au milieu d'une terre dévastée et brumeuse, afin d'y retrouver sa future épouse, Madeline Usher. Mais le frère de Madeline, Roderick, un homme hypersensible, maladif et inquiétant, déclare tout de suite qu'il s'oppose à cette union et prie instamment Philip Winthrope de quitter les lieux. Le jeune homme refuse, et va alors découvrir peu à peu le terrible secret de la maison Usher et de ceux qui y demeurent…



Dans la nouvelle d'Edgar A. Poe, c'est sur la requête de Roderick Usher que le narrateur vient lui rendre visite. Usher est en effet son ami de longue date et, souffrant d'un mal étrange, il lui a demandé de venir lui tenir compagnie.

Cette différence assez considérable entre l'œuvre de Corman et sa source d'inspiration n'est pas la seule, et on peut s'amuser à dresser la liste des modifications apportées par le scénario de Richard Matheson. D'ailleurs, à la relecture de la nouvelle (qui soit dit en passant n'est pas la meilleure de son auteur), il faut bien reconnaître que ces changements s'avéraient nécessaires, et que Matheson a réussi le tour de force de rendre visuelle et captivante une histoire essentiellement analytique et suggestive.



Tout en coïncidant avec les canons hollywoodiens, la relation amoureuse entre Philip et Madeline, ainsi que l'adversité entre le jeune homme et Roderick Usher, permettent en effet à Matheson de concocter un scénario au climax impeccable, dynamisant un récit qui, envoûtant à l'écrit, aurait pu sombrer dans l'ennui le plus complet en passant tel quel à l'image.

Mais le charme et l'envoûtement ne sont pas absents de "The Usher House", bien au contraire! Et pour cause : une photographie aux couleurs somptueuses ; des décors raffinés et rococo, avec leur lot de brume, de cercueils, de passages secrets et obscurs, de chaînes et de grilles; des cadrages soignés et d'une profondeur impressionnante ; le jeu suggestif et magnifique de Vincent Price, tout en élégance fragile et inquiétante … Tout cela rend à merveille l'ambiance gothique voulu par Corman, et se déguste comme une bonne vieille petite liqueur, dont le parfum reste longtemps au palais.



Certes, le film n'atteint pas à la perfection. Malgré l'intensification progressive des événements, le rythme se relâche un peu par endroits, la composition de Mark Damon et de Myrna Fahey ne restera pas dans les annales, la musique de Les Baxter prend parfois un tour guimauve assez mal venu, et la séquence onirique, quoique très belle, n'est pas vraiment réussie, ni utile…
Mais ces quelques défauts ne devraient pas dissuader l'amateur de découvrir ou redécouvrir ce classique, qu'il pourra toujours ressortir comme un grand cru lors des soirées d'hiver…



"The Fall of the House of Usher" ayant remporté un vif succès lors de sa sortie, Corman allait continuer sur sa lancée (toujours avec la collaboration de Richard Matheson) en réalisant sept autres films adaptés des nouvelles d'Edgar Allan Poe, de 1960 à 1964. Le pari de concurrencer la maison Hammer était donc réussi. C'est aussi avec ce film que Vincent Price commença à acquérir son statut d'acteur culte dans le genre, à l'égal d'un Boris Karlof ou d'un Christopher Lee.