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Simon Cartwright est enfermé pour meurtre dans un hôpital psychiatrique de haute sécurité. Hanté par ses victimes, il va tout de même demander une analyse psychiatrique afin de déterminer s'il est apte à être remis en liberté. Le psychiatre en charge de cet examen, une femme, est fort peu acceptée par le personnel de la prison qui pense le cas de Simon irrécupérable... Ce qui ne découragera pas la jeune femme qui persévère dans son entreprise malgré quelques phénomènes étranges. Au fur et à mesure de l'entretien avec le psycho killer, elle en apprend plus sur son enfance, ses désirs... Mais Simon semble avoir une emprise croissante sur la psychiatre...



Fini l'ère où les films de psycho-killer refoulaient une atmosphère à la fois poisseuse et suffocante. Fini les plans simples et efficace ultra-réalistes. Fini aussi le traitement réaliste de l'histoire d'un tueur en série amorcé par Maniac et prolongée par Henry: Portrait d'un Sérial Killer.
Place à la nouvelle génération où chaque plan est léché à l'extrême, élaboré à outrance. La spontanéité a laissé place à la sophistication.
Ce n'est pas à déplorer, seulement à constater. Le métrage est en effet beaucoup plus proche de Lost Highway et d'une façon générale de David Lynch, que des films précités.
Scott Reynolds s'amuse en effet à perdre le spectateur dans les méandres dérangés de l'esprit de Simon Cartwright, avec toutefois beaucoup plus de lisibilité que Lynch n'attribue à ses bobines.
La claque graphique que constitue Ugly est supportée par des comédiens, véritables piliers du film. Particulièrement Paolo Rotondo dans le rôle du psychopathe, dont le jeu, sans être mémorable, est tout simplement parfait pour camper un dérangé.
Grâce à un scénario qui tient la route, un graphisme minutieux et des acteurs toujours justes, Ugly réussi à étonner autant qu'à détonner. On littéralement transportés par les péripéties de la psy, projetée dans l'esprit de Simon.
Pourtant ces mêmes qualités peuvent s'avérer déplorables pour les fans de gore ou d'horreur qui tâche. En effet le film est plus un délire graphique qu'un film de psychopathe de l'envergure de Maniac ou même de La dernière maison sur la gauche.
Scott Reynolds reste très propre dans son traitement, trop diront certains. A raison. Le bonhomme a du talent, cela ne fait aucun doute, mais pour pérenniser dans ce style qui nous est cher, il serait de bon augure qu'il "jette un peu de fange dans ses métrages pour leur donner une saveur." Un réalisateur de la génération MTV : à trop formater en vue d'une culture de masse, la personnalité se dissout (tant celle des films que celle du réalisateur).
Alors, oui, ce film est à voir, mais ceux qui s'attendent à un psycho-killer malsain vont être déçus par ce métrage trop aseptisé.








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