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Alice Spages, vivant avec sa mère et sa sœur (jouée par Brooke Shields dont c'est là le premier rôle au cinéma), est une jeune fille d'une douzaine d'années un peu perturbée psychologiquement. Affublée d'un masque et portant un ciré jaune, elle aime terroriser sa sœur Karen, la petite fille modèle, favorite de sa mère et du prêtre exerçant dans la paroisse avoisinante. Ses autres passe-temps favoris : embêter le voisin obèse et jouer dans la cave où elle s'est aménagée tout un petit univers fétichiste constitué d'objets chapardés ici et là aux gens de son entourage. Tout bascule pour elle le jour où sa sœur est assassinée à l'église pendant sa communion. Là commence alors un enchaînement d'évènements amenant la police à la suspecter fortement. Les soupçons sont d'autant plus grands que peu de temps après la tragédie de l'église, sa tante qui la déteste ouvertement, est agressée par une personne masquée et vêtue d'une parka jaune. Qui est donc le mystérieux tueur ? Est-ce Alice ou bien quelqu'un qui est proche d'elle ?



"Alice, Sweet Alice" contient tous les éléments qui en font un bon petit film d'ambiance comme on les aime. On y rencontre tout d'abord une galerie de personnages atypiques tous plus ou moins délirants : la petite Alice, adolescente bizarre et dérangée mentalement, le propriétaire de l'immeuble dans lequel logent les Spages qui est un type obèse ne sortant jamais de chez lui et ayant des tendances pédophiles, la tante hystérique, la bonne du curée stressée pour un rien, sans oublier le vieux prêtre qui divague.



Autre élément contribuant au succès du film : les décors, qui sont magnifiquement mis en place et très diversifiés, ce qui donne au film une touche dynamique. Ainsi, on va et vient de l'usine désaffectée à l'escalier et à la cave de l'immeuble où habitent les Spages, en passant par le bureau de la psychologue, sans oublier la splendide église baroque.

Mais tous ces paramètres mis côte à côte ne rendraient pas aussi bien à l'écran s'ils n'étaient accompagnés d'une bande-son incroyable. Composée principalement de morceaux de violons auxquels on a rajouté des chœurs d'enfants, la musique du métrage est très oppressante et contribue grandement à l'atmosphère pesante du film. Celui-ci nous rappelle du reste certains chef-d'œuvres d'Alfred Hitchcock, par son ménagement du suspense, certains personnages et les scènes de meurtre, on pense notamment à "Rebecca" et "Frenzy". Ce qui est plutôt un gage de qualité.



Parmi les acteurs, on retiendra principalement l'interprète d'Alice, complètement " habitée " par ce rôle d'adolescente désaxée. Tantôt troublante, tantôt touchante, elle crève littéralement l'écran et nous fait douter jusqu'au bout de son état mental et de ses intentions. Notons d'ailleurs que Paula Sheppard, Alice dans le film, avait 19 ans à l'époque alors qu'elle est censée jouer le rôle d'une adolescente d'une douzaine d'années !



D'ailleurs, l'un des autres points forts d'Alice Sweet Alice, est de justement jouer sur une ambiguïté en laissant planer le doute quant à l'identité du tueur : est-ce un maniaque détraqué psychologiquement comme dans une multitude de slashers déjà vus, ou bien est-ce Alice, qui est encore une enfant, à l'instar des tueurs des films d'horreur de l'époque ("Teddy", "la Mort en Peluche", "Les Tueurs de L'Eclipse") ?
Ce qui est bien plus dérangeant avouons-le.


Intérêt supplémentaire du film : il continue à rendre le spectateur incertain et suspicieux quant aux réelles motivations de tous les personnages et ce même si on connaît l'identité du tueur au bout d'une heure. Et cela dure jusqu'au final du film, ô combien sanglant et déchirant.

Alice Sweet Alice (également connu en France sous les titres de "Communion sanglante","Communion" ou "Holy terror") est donc un très bon film d'horreur qui, malgré son âge avancé, n'a rien perdu de son impact.

C’est le premier rôle au cinéma de Brooke Shields, interprète de Karen, la sœur d’Alice.








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