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Sur un pont, Aura Petrescu, une jeune anorexique de 16 ans, d'origine roumaine, tente de se suicider. Elle est sauvée grâce à l'intervention de David Parson, dessinateur de son état. Aura est ramenée chez ses parents. La nuit de son retour, sa mère (une voyante) et son père, sont sauvagement assassinés. Aura n'a que le temps d'apercevoir une ombre tenant deux têtes. Elle se réfugie chez David, persuadée d'être la prochaine sur la liste du tueur.



Pour des milliers de fans, Dario Argento est le maître incontesté du giallo ("Les Frissons de l'Angoisse', "Ténèbres") et de l'épouvante (avec sa trilogie inachevé des Trois Mères :\Suspiria', \Inferno"). Inévitablement, les Etats-Unis, sentant le potentiel du réalisateur italien lui font les yeux doux. Nous sommes à la fin de la décennie 80. Une expérience sur le territoire américain qui se résume à "Deux Yeux Maléfiques" (un film à sketches co-réalisé avec George Romero) et à ce fameux TRAUMA, dont il est question ici.


Pour l'occasion, Argento, livre un produit, sur un thème qu'il connaît sur le bout des doigts : le giallo. Mais en délestant ce genre codifié de ses oripeaux traditionnels. Ici, point de musique à la Goblins, ni de couleurs voyantes (sur le mode de "Suspiria"), mais une approche plus réaliste du film de sérial-killer. Avec TRAUMA, Argento aborde un tournant dans sa carrière. Il met aussi la pédale douce sur la sauvagerie des meurtres. Ces derniers sont confiés aux bons soins de Tom Savini ("Vendredi 13 ") : on peux ainsi voir des gorges lacérés, des têtes coupés. Forte originalité : l'arme du tueur fait dans l'innovant, avec un fil d'acier électrique. Une arme éminemment mortelle dans les mains du tueur. Car, même si les meurtres sont graphiquement moins gores, Dario Argento reste fidèle à lui-même (c'est pour ça qu'on l'aime tant et que même un de ses films mineurs surpasse n'importe quel film de terreur hollywoodien) et impose des meurtres sadiques. Le tueur utilisant un produit qui paralyse ses victimes, qui voient la mort venir sans pouvoir réagir.


Pourtant, curieusement, on n'adhère pas tellement à l'histoire, à cause d'un rythme plus proche du film policier que du thriller horrifique. Ce qui est étrange car le scénario est bien écrit, et ne comporte pas d'erreurs trop flagrantes. A ce sujet, l'identité du tueur apparaîtra logique à la vue des indices (donc, loin des aberrations d'un "Opera" -l'un des plus mauvais scénarios de l'ensemble des giallos). Visiblement, Argento est plus à l'aise dans des visions "moins réalistes " que dans un récit plus terre à terre.
Des fautes de goûts parsèment aussi le long-métrage. Les génériques de début et de fin relèvent de la plaisanterie pure et simple : l'un avec sa musique révolutionnaire, et l'autre avec le Reggae. L'importance d'une bande-sonore réussie étant importante (voire primordiale) chez Argento, ces erreurs se payent au prix fort. Ce n'est pas la musique de Pino Donaggio qui va apporter du réconfort, tellement elle en retrait. L'on avalera aussi difficilement le fait de voir des têtes parler une fois détachée de leur corps. Un pur moment de fantastique particulièrement délirant qui rend le récit moins crédible.


TRAUMA constitue un Argento mineur mais qui comporte des éléments qui valent le détour, sans oublier un casting globalement convainquant, à l'exception du fade Christopher Rydell, le héros de l'intrigue. Les fans les plus hardcores reconnaîtront l'inspiration de certains passages puisés dans sa propre filmographie (ex : le lac, référence à "Phenomena").

Ne pas confondre avec Burnt Offerings (Trauma) de Dan Curtis (1976).

C'est Asia Argento (la propre fille de Dario Argento) qui joue le rôle principal de la jeune anorexique.

Production américaine oblige, on retrouve quelques guests- stars américaines : Piper Laurie ("Carrie', "The Faculty"), Brad Dourif ("Vol au dessus d'un nid de coucou","Chucky", "Urban Legend").