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Réalisation
Stuart Gordon

Scénariste
Dennis Paoli d'après H.P. Lovecraft

Date de sortie
2001

Genre
Fantastique

Tagline


Cast
Ezra Godden
Francisco Rabal...


Pays
Espagne

Production


Musique
Carles Cases

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.8
(36 votes)
Paul, Barbara et un couple d'amis fêtent leur réussite sur le yacht de ces derniers, navigant au large des côtes espagnoles. Sur le bateau, Paul rêve qu'il est entraîné vers des profondeurs abyssales par une " sirène ". Lorsqu'il se réveille, une tempête est sur le point de s'abattre sur le bateau. Tentant tout ce qui est en leur pouvoir pour échapper au naufrage, les apprentis marins échouent et le bateau est projeté sur un récif. Paul et Barbara quittent le navire en chaloupe afin de rejoindre un petit village - Imboca - non loin duquel ils ont échoué. Arrivés sur place, les rues sont désertes et une atmosphère fantômatique pèse sur la ville. Ils trouvent finalement de l'aide à l'église en la personne du prêtre. Au fur et à mesure que les protagonistes évoluent dans le village le surnaturel prend pied sur le réel. Lentement les villageois croisés se révèlent bien mystérieux, puis les habitants semblent " différents ". L'ambiance se révèle de plus en plus chargée alors que les héros découvrent Imboca...



Le maître du fantastique nous offre ici une nouvelle bobine, véritable retour aux sources.
Stuart "Re-animator" Gordon entreprend ici ce pour quoi il est si respecté : une adaptation de l'univers d'H.P. Lovecraft, ce fameux auteur fantastique réputé pour ses œuvres traitant de l'indicible.
Et là Stuart Gordon réussi un tour de force phénoménal en réussissant une adaptation de H.P. Lovecraft fidèle, pas tant à la lettre de l'auteur qu'à son esprit.



Performance d'autant plus corsée que Lovecraft n'a que rarement été adapté avec bonheur ("Re-animator" évidemment... et un "The Shunned House" pas si mauvais que ça, quoiqu'un peu brouillon). Pourquoi ? Parce que filmer l'inexprimable (l'indicible) relève du paradoxe.
Oubliez les mauvaises langues qui disent que Dagon est une bouse, écartez vos préjugés selon lesquels il ne serait qu'une série Z de mauvais alois... et laissez-vous entrainer dans l'univers pénétrant d'Imboca.
Le film est une réussite sur bien des plans, glacial et suffoquant dans son atmosphère, baigné dans le surnaturel au travers d'étranges protagonistes, Dagon est une perle de nuances, de demi-teintes.
Une bien belle manière de représenter l'indicible. Gordon n'en donne d'abord pas trop à voir pour laisser travailler l'esprit du cinéphile (personnages entrevus, aperçus dans l'embrasure d'une porte, de sous une voiture...).



Tout ici est embrumé, l'esprit des personnages, le village... jusqu'à la perception que le spectateur finit par avoir de la situation d'Imboca envoûté comme le héros par la belle Uxia.
Un chef-d'œuvre qui ne souffre jamais de son budget réduit contrairement à de nombreuses productions hollywoodiennes qui nécessitent des milliards de dollars pour un résultat médiocre. Ici tout est dans la perception :
Qu'ai-je réellement vu ?
Probablement rien.
Probablement...
Et c'est là toute la prouesse de Stuart Gordon, faire sournoisement transpirer le surnaturel d'un petit village cloisonné dans ses rites. A tel point d'ailleurs que l'on vient parfois à douter du bien fondé du héros à vouloir à tout prix faire échec aux habitants d'Imboca...
Ce sentiment est conforté par la grande tristesse, l'extrême mélancolie qui se dégage du film. Entraîné comme dans une grande dépression le spectateur est projeté dans un tourbillon d'émotions, de non-dits et se retrouve lessivé lorsque arrive le générique de clôture.



Mené de bout en bout par le maestro du fantastique, jusqu'à un final magnifique, on ne peut que saluer ce " Stuart Gordon " décidément très doué pour représenter ce qui ne peut l'être.
Seuls quelques ratages sont à signaler : un doublage français totalement pitoyable, une entrée en matière pas très attrayante et des effets numériques pas toujours très bien " incrustés ".
Mais surtout ne boudez pas votre plaisir pour des défauts si anecdotiques, ne serait-ce que pour Macarena Gòmez qui vaut la peine d'être vue dans ce magnifique final !

Basé sur les écrits de H.P. Lovecraft : Bien qu'au départ, Yuzna tenait à adapter sa nouvelle préférée de l'écrivain, Le cauchemar d'Innsmouth, ce film comporte également des éléments des nouvelles Le monstre sur le seuil et Dagon.

La ville où se déroule l'action s'appelle Imboca, qui n'est autre que la transcription espagnole du jeu de mot Innsmouth - In the mouth - Dans la gueule.