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Henry tue. Sans aucun motif, si ce n'est celui de satisfaire un désir macabre, il choisit des victimes au hasard et les exécute froidement. Incarcéré pour le meurtre de sa mère, Henry rencontre Otis Toole en prison avec lequel il sympathise. A leur sortie de prison, les deux amis vont cohabiter et cumuleront, avec plus ou moins de bonheur, les petits emplois. Henry continue à écumer les rues pour tuer. Jusqu'au jour où la sœur d'Otis, Becky, en pleine crise conjugale, vient s'installer avec eux. Son arrivée va faire évoluer la situation entre Henry et Otis, créant un dangereux ménage à trois. Alors qu'Otis à un comportement tendancieux envers sa sœur, une relation ambiguë se crée entre Henry et Becky...



Si l'histoire du film est très succincte - Henry tue, le spectateur témoigne - le traitement qui est accordé à ces faits réels l'est largement moins.
Avec un budget de départ ridicule, John McNaughton shoote le film pour le compte d'un distributeur de vidéo cassettes. Bâti de plans tournés à la sauvette (sans autorisation) et reposant sur un jeu d'acteurs amateurs mais fort talentueux - il suffit de voir Michael Rooker camper " le monstre " pour s'en persuader - le film ressemble à une parcelle de vie volée.
Mais pas de celles que l'on aimerait vivre.

Il s'agit ici d'un film d'horreur pure. Pas de zombies, pas de vampire, seulement un monstre, mais réel celui là. La jaquette du DVD américain l'illustre fort bien : He's not Freddy. He's not Jason. He's real. (Il n'est pas Freddy. Il n'est pas Jason. Il est réel.)
La couleur est annoncée ; le film frappe là où ça fait le plus mal : la réalité.

Sorte de condensé du mal-être d'une société en pleine évolution des mœurs, Henry Lee Lucas a " créé " le terme de random acts of violence (Actes de violence effectués au hasard) par sa façon d'agir qui a déconcertée les service criminels de l'époque.
Voilà ce qui fait peur, la gratuité des meurtres que le réalisateur nous présente au travers de son film. Sans jamais prendre parti certes, mais en impliquant le spectateur au plus profond de l'histoire. La vision du film le projette littéralement au sein du quotidien d'un tueur en série, lui faisant participer à ses actes sanglants.
Un sentiment de malaise profond, de crasse et de " déshumanité " trouble la perception du cinéphile. Cette violence est-elle vraiment injustifiée ? Si non, qu'est-ce qui pourrait la justifier ?
Henry et Otis sont des Hommes mais avec une conception de la réalité lourdement entachée (Paranoïa ? Psychose ? Schizophrénie ?) qui va les entraîner loin derrière les limites de " l'humanité. "
Une question pourrait servir de fil conducteur au métrage : leurs actes les rendent-ils moins humains - moins dignes ?
Y répondre serait une faute, MacNaughton par son approche neutre du sujet a clairement voulu laisser le spectateur apprécier par lui même.

Aucun doute, il s'agit là d'un chef d'œuvre, marchant sur les traces de Maniac, mais surtout sur celles d'Henry Lee Lucas - le vrai - le film s'engouffre dans un authentique tourbillon de violence. Même si elle n'est pas picturale - les meurtres sont majoritairement hors champ - elle n'en perd rien de son mordant... Au contraire le film y gagne un aspect encore plus clinique, plus froid. S'approchant alors parfois tellement du documentaire, qu'il ne saurait laisser indemne. Cette peinture magistrale d'un portrait teinté de rouge mais aussi de tristesse... et d'une atmosphère sordide et crasse au possible.

Vous savez ce qu'il vous reste à faire : vous jeter sur ce Road-movie sanglant et authentique qui ne trouvera pas d'égal de sitôt.

Adapté librement des confessions du serial killer Henry Lee Lucas.

Le film s'est vu attribuer une suite, Henry portrait of a serial killer 2 : Mask of Sanity.

Le film a été primé dans les festivals suivant : Brussels International Festival of Fantasy Film, Catalonian International Film Festival, Sitges, Spain, et au Seattle International Film Festival.

A sa sortie, le film a terrorisé les spectateurs et le MPAA (le comité de "censure" américain, celui qui attribue les macarons "interdits au moins de ...").

Le gouverneur du Texas, George W. Bush a requis l'exécution capitale de Henry Lee Lucas.