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Venu avec son frère pour fleurir la tombe de sa mère, Barbara se retrouve sans cesse taquinée par celui-ci, un bien inquiétant farceur. A peine ont-ils le temps de voir la tombe de leur mère, qu'un être décharné en pleine décomposition se jette sur eux. Alors que le frère de Barbara est tué par la créature en voulant la protéger, un autre mort-vivant investit les lieux, obligeant Barbara à prendre la fuite. Elle trouve refuge dans une maison apparemment abandonnée, où elle rencontre Ben, puis une poignée de survivants. Mais la nuit tombe, et les zombies commencent très vite à affluer…



Dans la ligne de mire


Les années 60 auront "La nuit des morts-vivants", les années 70 "Zombie", les années 80 "Le jour des morts-vivants", et les années 2000 "Le territoire des morts". Mais à quel grand film de zombies estampillé "Romero" les années 90 avaient-elles eu droit?
Pas de Romero cette fois-ci, mais un Savini très motivé, mais qui ne connaitra malheureusement pas le succès avec son remake, plus que juteux.

Suite à quelques problèmes de droits, "La nuit des morts-vivants" premier du nom est tombé rapidement dans le domaine public, ne faisant récolter aucun sou à l'équipe, pourtant largement gagnante, du film. Le remake sera conçu donc pour aider Romero et ses camarades à retrouver l'argent non touché. Flop total pour le grand film de Savini, qui a connu d'ailleurs quelques mutilations par ci par là: un script parfois douloureusement modifié et des coupes appliquées par la MPAA, qui auraient pu être fatales au film. Il ressort donc de "La nuit des morts-vivants 1990" un bien beau reste ; oui, mais quel reste!!


Barbara en bonne compagnie


Deux belles révélations coté casting : Tony Todd et Patricia Tallman. Devenu une icône du genre pour sa part, grâce au rôle mythique de "Candyman" et celui du curieux croquemort dans "Destination finale", Tony Todd livre une performance exemplaire, parfois plus sensible que celle du légendaire Duane Jones. Quant à Patricia Tallman, elle surprend beaucoup en Barbara "new generation".

Alors que l'action du premier film se cadre sur elle au premier abord, avant de la "lâcher", Barbara entame ici une évolution psychologique la faisant passer d'une simple vieille fille BCBG à une copie carbone très réussie de Ripley. Femme avant tout, elle retrouve de temps à autre ses émotions comme cette macabre rencontre avec une ado zombie tenant encore sa poupée dans les bras.
Dommage que la carrière de la jeune femme se mit à stagner, la confinant dans de petits rôles plus ou moins insignifiant (on ne l'oubliera cependant pas de sitôt en sorcière dégénérée dans "L'armée des ténèbres").

N'oubliant pas l'original, Savini agrémente le film de clins d'oeils parfois amusants, et semble surtout s'adresser directement aux fans du premier volet. A ce titre, la mort d'Helen (la pauvre femme croquée par sa fille) est un exemple savoureux : lors de son assassinat, une giclée de sang atterrit sur une truelle posée au mur ; quelques instants plus tard, on découvre un nouveau plan sur la truelle maintenant trempée de sang: la petite fille a bel et bien tué sa mère à coups de truelle exactement comme dans l'original, mais c'est au spectateur de se la remémorer. Génial non?


La goule du cimetière est de retour !


Reprenant dans les grandes lignes le scénario du premier film, Savini parsème son métrage de détails absents de la précédente version, donnant même au film une nouvelle saveur : nouveaux zombies (celui sorti fraîchement de la morgue ou le malabar rappelant le colosse de "L'enfer des zombies" en particulier), nouvelles situations ou petits changements incongrus mais efficaces (le clochard dans le cimetière ou la mort de Johnny, graphiquement incroyable, et qui vous donnera instantanément envie de crier "AIE" !). Pas de nouveaux personnages, on retrouve toujours Ben, Barbara, Tom, Helen, Harry, Judy, Sarah et Johnny, et c'est tant mieux.

En fait, Savini attend une bonne moitié de film pour opérer un tournant astucieux et inattendu, et changer la tournure de certains événements. Et même si changements il y a, cela ne l'empêche pas de livrer une fin pessimiste que n'aurait pas reniée Romero.

***Spoilers***
Cette fois seule survivante du carnage, Barbara se retrouve face à une milice et des hordes de bouseux ignobles, opérant une chasse aux zombies qui va se montrer bien plus cruelle qu'on ne le pense. De même que les motards de "Zombie", ils transforment les morts-vivants en véritable jouets, un défouloir de violence leur permettant de faire rejaillir leur instincts sadiques : charnier brûlant (ou pas), combats de morts-vivants et cibles mortes vivantes ("Le territoire des morts" reprendra d'ailleurs très clairement ces deux idées) sont au programme.
***Fin du spoilers***


Toc Toc qui est là ?


Là où le pessimisme déboule, c'est sans doute dans cette réflexion fascinante sur le combat entre les morts et les vivants. "Nous sommes eux et ils sont nous" : qu'importe de quelque coté que l'on soit, puisque la barbarie et l'horreur se situent dans chaque camp. Au fond même, les humains se montrent sans doute bien pires que les morts. Savini terminera son petit bijou par un générique morbide, sur fond de sonorités rock très inquiétantes, où les atrocités commises par les hommes se succèdent et prennent formes sur des photographies orangées, à l'aura particulièrement dérangeante.

Si sa réputation est fondée en grande partie sur ses exploits de maquillages gores, Savini ne fait pourtant pas de son film une œuvre gorissime. Pas de festins anthropophages en gros plans, pas de morsures béantes et dégoulinantes, pas d'impacts de balles ruisselant d'hémoglobine : non rien de tout cela, juste le nécessaire. On ne pourra pas aller jusqu'à dire que le film de Savini est soft, puisque le maître des geysers de sang équilibre parfaitement le tout. Un équilibre que n'acceptera pourtant pas la MPAA, qui évincera des explosions de têtes assez cradingues (elles sont visibles sur le making-of dispo sur le DVD zone 2). D'une rare perfection, les zombies sont des petites merveilles qui évitent à l'occasion d'être "too much", car là encore le miracle opère grâce à une grande justesse. Une galerie de silhouettes déglinguées et blafardes qu'on n'oubliera pas de sitôt!
Réussissant à la fois son premier film, son premier remake et son premier film maudit, Savini force le respect et nous montre l'une de ses nouvelles qualités, celle d'être un excellent réalisateur!








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