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La jeune Baldassari surprend son petit ami en plein acte adultère. Emplie de haine, elle massacre les deux amants et est arrêtée par la police puis écrouée. Après 10 ans de sévices et de restrictions au sein de la prison pour femmes, Baldassari revient sur les lieux de son méfait et entreprend de "nettoyer" Venise de ses habitantes. Pour cela elle entraînera chez elles ses victimes minutieusement choisies et les torturera jusqu'à la mort... De préférence après leur avoir fait subir quelques douloureux sévices sexuels. L'une d'entre elles réussira à survivre pour nous conter son histoire au travers du journal intime de son bourreau...



"Rossa Venezia" est exactement le type de film qui met mal à l'aise : tout est osé mais sans jamais aucun humour. En ressort donc une certaine tendance à la déviance et un penchant pour le douteux. Le spectateur ne peut rester indemne à la vision d'un tel film : que faut-il penser de tout cela? Est-ce sain? Malsain? Dois-je rire, pleurer?

Aucune réponse n'est justifiée, le mieux étant bien sûr de visionner le film. Il me semble que le spectacle qu'offre ce film dépend du regard que l'on porte dessus, des a priori...
Qualifié très justement de Porno-Gore, d'aucun verront un film porno déviant car sanglant, d'autre y verront un film sanglant, mettant en scène une vengeresse, agrémenté d'ingrédients pornos...



Quoiqu'il en soit la fin laisse un goût amer, car durant les deux heures et demies que dure le film, s'installe le doute de la tueuse qui se demande si tous ses crimes sont finalement légitimes. On assiste impuissant à la déchéance mentale de l' " héroïne " et, finalement, on se sent complice de ses actes.
La narration (une victime réchappée lit le journal de sa tortionnaire) rajoute à ce mal-être créé par l'impression de participer aux méfaits. En outre ce sentiment est largement renforcé par les plans très serrés lors des scènes de tortures.
Toutefois, les lignes de dialogues sont très limitées, et entendre "j'vais te buter sale pute!" toutes les 5 minutes pendant 2h30 devient rapidement usant.




Si la volonté du sieur Bethmann était de plonger le spectateur dans un univers malsain, sans artifices, alors sur le plan scénaristique, le film est plutôt réussi. Même si le résultat est loin d'être captivant...
Mais c'est sur le plan visuel que le film atteint vraiment ses limites : outre une photo plutôt hideuse (inhérente au genre, et aux budgets réduits), les effets spéciaux demeurent le talon d'achille de "Rossa Venezia". Ratés serait le mot qui conviendrait le mieux, puisqu'il est impossible d'y croire ne serait-ce qu'un instant (à moins d'être persuadé que votre sang à la couleur d'une grenadine un peu trop diluée !).

En outre le film souffre d'incohérences outrancières de script, chose compréhensible (mais pas excusable pour autant) lorsqu'un amateur se lance dans le film fleuve. En résulte un florilège de bourdes plus ou moins grosses : une prostituée électrocutée avec un godemiché branché sur le secteur… Hum, voila qui est plutôt douteux, d'autant que l'instrument est en plastique. "Hé Bethmann, tu savais que le plastique n'est pas conducteur?". Autre inconséquence de taille, une prostituée diluée dans un acide si puissant qu'en deux minutes tous ses organes ont étés rongés (y compris les organes internes). Toutefois, la cordelette en plastique a survécu.
Et les erreurs de scripts s'accumulent au fur et à mesure que le film se déroule.



On retiendra donc du film, une belle tentative de la part du réalisateur de nous projeter dans les méandres d'un esprit corrompu, même si le tout n'est, techniquement, pas très au point.
En outre, les ficelles qu'utilise Bethmann pour nous faire vivre l'enfer de son personnage principal, sont quelque peu grossières. Tout miser sur le voyeurisme du spectateur, enclin à assister à des scènes pornographiques, n'était pas le meilleur choix à faire. Particulièrement lorsque ce choix se fait au détriment de la cohésion du scénario. Ce n'est pas parce que l'on place une femme nue sous les yeux d'un amateur de film de genre qu'il va oublier qu'on le prend pour un con! Le réalisateur semble donc ne pas croire au pouvoir de suggestion de l'image et tente de compenser son incapacité à délivrer un tout cohérent par des scènes pornographiques. Dommage, en en montrant moins et en développant le script, le film aurait gagné en intensité narrative.

A regarder avec précaution pour les non-avertis (caractère pornographique), mais une bonne galette pour les amateurs.

A noter la présence d'un Jess Franco très fatigué, dans le casting.

-- PROVISOIRE --
Note revue à la baisse
Colin VETTIER