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Quatre jeunes reporters, travaillant pour une grande chaine de télévision, sont partis en Amazonie afin de tourner un documentaire sur les peuples cannibales qui vivent encore dans la région. On ne les a jamais revu. Le professeur Monroe, un ethnologue renommé, décide de monter une expédition afin de les retrouver. En arrivant en Amazonie, il est accompagné par un guide expert de l'enfer vert et de son assistant. Le trajet n'est pas de tout repos et il est difficile pour Monroe de s'adapter à la jungle. Après un long périple, il parvient à se faire accepter par la plus dangereuse des tribus cannibales, le peuple des arbres. Il comprend très vite que les quatre reporters sont morts. En faisant des dons au peuple des arbres, il parvient néanmoins à récupérer les bandes vidéos. De retour à New-York, le professeur Monroe ainsi que l'équipe de télévision vont visionner ces bandes afin de pouvoir en faire un film choc pour les spectateurs. Mais ce qu'ils vont découvrir sur les images va changer leur perspective...



Fort du succès de son film "Le dernier monde cannibale" en 1978, Ruggero Deodato va tenter de réaliser le film ultime sur ce thème. Et c'est en 1980 qu'il livre aux spectateurs ébahis le terrifiant et somptueux Cannibal Holocaust, film définitif, jamais surpassé, véritable choc cinématographique !

Un sommet de la barbarie et de la cruauté à l'écran disait-je donc. Si quelquefois le mot "culte" est galvaudé et utilisé à tort et à travers, il est vraiment tout designé pour classer ce film maudit, dont la censure s'en fit l'un de ses films de chevet pour aiguiser ses ciseaux et tailler dans le vif. Des versions "cut", il y en a eu, et il y en aura toujours, même aujourd'hui, où le film est encore totalement interdit dans certains pays. La faute à des scènes de massacres d'animaux filmées en "live" et à des scènes d'horreur ultra réalistes et vraiment glauques. Tellement réalistes que Deodato du prouver à la police et aux tribunaux que les acteurs étaient toujours vivants ! Mais attardons nous sur le film lui-même.



Cannibal Holocaust est un film qui parvient à faire naître une vraie impression de malaise à sa vision. Il est construit en deux parties distinctes mais complémentaires.

La première partie du film est à classer dans la catégorie film d'aventure, film de jungle. On suit l'expédition du professeur Monroe, parti chercher les quatre reporters disparus. On se retrouve donc en dépaysement total avec ces images de forêt amazonienne, où vivent animaux dangereux et indigènes. Monroe, aidé par un guide local, découvrira une première peuplade de cannibales et également certains de leurs rites, dont certains d'une rare sauvagerie, comme la punition d'une femme adultère. Une première scène choc qui ne fait guère dans la dentelle et ne prête guère à sourire. Aucun humour, aucune distance ne vient délivrer le spectateur de ce spectacle barbare. Ce qu'on peut retenir de cette première partie, c'est que Monroe a du respect pour les peuplades cannibales et qu'il ne se comporte pas comme un "blanc" dominateur. Il n'impose rien car il n'est pas chez lui. Grâce à son comportement, il parviendra à récupérer les bandes vidéos tournées par les reporters. Les seules choses qu'il reste de leur expédition, Monroe comprenant que les quatre amis sont morts. De retour à New-York, le spectateur va alors visionner ces fameuses bandes en même temps que lui et les responsables de chaînes de télévision. Une idée originale, que reprendront bien plus tard les réalisateurs du "Projet Blair Witch".



On entre alors dans la seconde partie du film. On assiste à la vision des images tournées par Alan Yates, le chef de l'équipe, entouré de ses trois amis. Et là, c'est bien d'horreur absolue qu'il faut parler. Des images chocs, terribles, quasi inhumaines (la femme empalée sur le bout de bois, photo la plus connue du film par exemple), mélant scènes de cannibalisme, meurtres d'animaux (rappelons que tous les animaux tués ont servi de repas aux peuplades cannibales, et que nous, dans notre canapé, mangeons bien du cheval par exemple. Cela ne justifie pas ces scènes mais il serait stupide de critiquer négativement le film uniquement sur ces scènes "snuff" de morts d'animaux), scènes à connotation sexuelle (la séquence horrible de l'accouchement). Mais le plus terrible reste à venir. Car les méchants ne sont pas ceux que l'on croit. En effet, les images des bandes vidéos vont nous montrer le vrai visage de ces quatre reporters. Afin d'obtenir du sensationnel, ces jeunes gens ne vont pas se géner et vont faire subir aux peuplades cannibales de nombreuses brimades, violant des femmes, mettant le feu à un village pour pouvoir filmer la panique des primitifs. Un comportement révoltant et en totale opposition avec l'attitude de Monroe dans la première partie du film. On se retrouve avec un blanc qui tente de vivre en harmonie avec ce qu'il ne connaît pas, et quatre blancs qui n'ont aucun respect pour autrui, qui se comportent en dominateurs et n'hésitent pas à tuer, piller et massacrer pour satisfaire leur envie de ramener un "scoop" !

C'est le thème principal que voulait faire passer Ruggero Deodato dans son film. La dénonciation des pratiques de certains journalistes, prêts à tout pour leur reportage, y compris à commettre eux-même des actes de cruauté gratuite. Le spectateur n'éprouve alors plus aucune compassion pour la jeune équipe et leur mort nous semble "logique" et "juste". Une mort pénible, certes, mais justifiée.



Pour contre-balancer ces scènes de crudité et de brutalité, largement inégalées, le compositeur de la partition musicale a opté pour une musique "légère", un thème enivrant, tranquille, presque reposant, qu'on pourrait quasimment placer dans un western de Sergio Leone. Comme il le dit lui-même, les images sont déjà assez choquantes, il ne servait donc à rien de mettre en plus une musique violente par dessus. Cette opposition "brutalité" / "musique légère" est une vraie réussite et on se souvient longtemps après de cette mélodie qui revient souvent.

Cannibal Holocaust est considéré à juste titre comme étant le meilleur film de cannibales. On ne peut qu'en être persuadé à sa vision, vision en mode "Uncut" bien sûr. Beaucoup ont voulu le surpasser (Cannibal Ferox par exemple) mais aucun n'a su mettre en images des situations aussi malsaines, choquantes et surtout aussi réalistes. Un film choc à ne pas mettre devant tous les yeux !

Retrouvez la critique de la B.O du film:

http://www.horreur.com/fiche_zik.php?idzik=13