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Le docteur Flamand sollicite l'aide de Juan Moser, un ancien chirurgien nazi, spécialisé dans les greffes de peau, afin de refaire une beautée au visage de sa soeur Ingrid, grièvement défigurée par de l'acide. Avec son gang, formé de sa maîtresse Nathalie, de son assistante et de Gordon, l'éxécuteur, le docteur Flamand enlève des jeunes femmes sur lesquelles il prélève les organes et le sang afin de rendre belles les vieilles femmes qui viennent dans sa clinique. Pour satisfaire sa soeur, il enlève une très jolie femme. Mais celle-ci est en fait un top-model international, fille d'un milliardaire, qui engage le détective Morgan pour mener une enquête sur la clinique, situé à Paris. Le gang enlève peu de temps après une nouvelle victime, une comédienne...



En 1959, George Franju réalise un pur chef d'œuvre mêlant épouvante, séquences gores et atmosphère poétique et onirique avec "Les Yeux sans Visage". Cette perle vénéneuse a gardé tout son pouvoir attractif et se révèle encore aujourd'hui une œuvre référence du cinéma d'horreur français.
En 1968, le réalisateur Robert Hartford-Davis lui donne un remake avec "Corruption", film connu en France sous son titre vidéo de "Laser Killer". Dans ce film, Peter Cushing incarne un chirurgien n'hésitant pas à tuer de jeunes femmes pour leur prélever des fluides provenant d'une glande afin de rendre la beauté à sa fiancée qu'il a lui-même défiguré dans un accès de colère.
Vingt ans plus tard, c'est au tour de Jess Franco de réaliser un remake du film de Franju avec "Les Prédateurs de la Nuit" et son casting international ! Si Robert Hartford-Davis s'était un peu éloigné de l'histoire originale en ce qui concerne la méthode pour rendre la beauté à la personne défigurée, Franco décide de revenir aux sources et reprend donc le thème de la greffe de visage. Comme il est totalement inutile de vouloir tenter de recréer l'ambiance poétique du film de Franju, Franco ancre son film dans les années 80, avec musique disco, boite de nuit, casting de mannequins. Exit donc la poésie et place au gore !



A la vision du film, il faut bien reconnaître que ce sont les scènes gores qui lui donnent son intérêt. Ce n'est pas que le film soit mauvais, il se hisse dans une bonne moyenne, mais il a assez mal vieilli en fait et cette nouvelle vision, que j'en ai fait pour rédiger cette critique, m'a moins enchanté que lorsque je l'avais découvert en 1988. Il y a quelques scènes un peu longuettes et un évident manque de rythme, qui font qu'on est loin d'être transcendé. Mais soyons honnêtes, le film se laisse néanmoins suivre et ce ne sera pas gâcher une heure et demi de votre vie que de le regarder. Même s'il y a plus intéressant.

Revenons donc aux séquences gores, car elles sont assez nombreuses et plutôt réussies. Commis soit par Brigitte Lahaie, soit par Gérard Zalcberg, qui incarne Gordon, l'homme à tout faire, les meurtres se révèlent aussi divers que les méthodes sont variées. Seringue plantée dans l'œil, décapitation à la tronçonneuse, foret de perceuse enfoncé dans le crâne, amputation de deux bras à la machette, ciseau planté dans le cou et j'en passe. Voilà de quoi réjouir les amateurs de bricolage en mal d'hémoglobine. Le visage patibulaire de Gérard Zalcberg collant parfaitement au rôle de Gordon, qui incarne un homme de main un peu demeuré mais diablement efficace lorsqu'il s'agit de faire passer quelqu'un de vie à trépas. On avait d'ailleurs pu voir cet acteur dans le rôle de Mister Hyde dans le "Docteur Jekyll et les Femmes" de Walerian Borowczyk en 1981.

Outre le sang, "Les Prédateurs de la Nuit" n'oublie pas l'élément érotique même si celui-ci est plutôt discret pour un Jess Franco, et ce, malgré la présence, excusez du peu, de Brigitte Lahaie et de la somptueuse Caroline Munro. L'érotisme vient plus des situations ou de la tenue vestimentaire des actrices que de la nudité même, puisque celle-ci est absente du film. Dommage, on aurait bien revu les seins de Brigitte quand même…



Hormis ces deux actrices, le film nous présente également de nombreux acteurs bien connus des spectateurs puisqu'on retrouve pêle-mêle Telly Savallas (Kojak), Stéphane Audran, Florence Guérin, Helmut Berger, Anton Driffring ou bien encore Howard Vernon qui se paye le luxe de réinterpréter son personnage culte, inventé par Jess Franco, à savoir le docteur Orlof lui-même, rôle qu'il avait endossé en 1962 dans "L'Horrible docteur Orlof" puis en 69 dans "Les Orgies du docteur Orlof" et en 71 dans "La vie amoureuse de l'Homme Invisible". On le reverra même en 84 dans "El siniestro doctor Orlof" de Franco. Un personnage qui lui colle à la peau donc même si sa prestation dans "Les Prédateurs de la Nuit" reste anecdotique vu le peu de présence à l'écran du personnage.

On retiendra plus particulièrement Anton Driffring, qui incarne un ancien médecin SS, spécialisé dans les greffes de visage sans anesthésie, celle-ci empêchant la bonne tenue de la greffe, comme on pourra le voir lors de la première tentative qui s'avèrera un cuisant échec. Qu'importe, il suffit de retrouver une nouvelle victime pour que nos médecins fous tentent de redonner un beau visage à Ingrid. Cette seconde séquence de prélèvement de visage est le clou du film et les effets spéciaux sont très efficaces. On ressent bien la douleur que doit éprouver la victime dont on décolle la peau du visage. Comble du bon goût, le médecin "montre" le visage décollé à sa propriétaire toujours consciente. Quel raffinement !



Série B au casting international mais qui n'évite pas un certain manque de rythme et un petit côté "téléfilm", "Les Prédateurs de la Nuit" est une oeuvre qui respire son époque, les années 80, et qui passe beaucoup moins bien aujourd'hui. Il reste néanmoins une quantité de meurtres assez conséquente qui fait que l'amateur d'atrocité en aura pour son argent et la présence de nombreuses vedettes aussi bien françaises qu'étrangères, associées aux acteurs récurrents de Franco, qui permettent au film de posséder un certain charme rétro qui saura trouver public à son pied…

Le film fut titré "FACELESS" pour sa distribution à l'étranger.