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Réalisation
Joe d'Amato

Scénariste
George Eastman

Date de sortie
1982

Genre
tueurs fous

Tagline


Cast
George Eastman

Annie Belle
Charles Borromel
Katya Berger...


Pays
Italie

Production


Musique
Carlo Maria Cordo

Effets spéciaux



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Moyenne: 3.3
(10 votes)
Un homme colossal est poursuivi par un prêtre. En voulant escalader une grille, l'homme se fait transpercer le ventre par les pointes de celle-ci. Le prêtre l'emmène à l'hôpital le plus proche. Là, les docteurs découvrent que cet homme a la possibilité de régénérer lui-même ses cellules et que son pouvoir de guérison est pratiquement immédiat. Le prêtre, arrêté par la police, confirme les déclarations des médecins et avoue que l'homme a subi des expériences ayant pour but de découvrir les secrets de l'immortalité. L'homme se réveille en parfaite santé et massacre une infirmière avec une perceuse chirurgicale avant de prendre la fuite. Il sème le mort sur sa route avant que son périple ne le mène dans une maison pavillonaire où se trouvent deux jeunes enfants, dont une jeune fille paralysée des jambes, et leur baby-sitter. Une nuit effroyable va commencer pour eux...



"Horrible". Un titre aussi culte que la sublime affiche qui représente le film et qui orne fièrement mes murs. Un titre qui me faisait baver d’envie quand j’étais adolescent mais que je n’osais jamais louer de peur d’être trop impressionné par les nombreuses séquences chocs que l’arrière de la jaquette me promettait ! Et puis il a bien fallu quand même que je le regarde un jour ce film ! Dans mon souvenir, je l’avais beaucoup aimé, et les scènes d’horreur m’avaient pas mal marqué de par leur réalisme et leur cruauté. Il y a bien longtemps que je n’avais pas revu le film de Joe d’Amato. C’est chose faite depuis et le moins que l’on puisse dire, c’est que parfois, il vaut mieux garder à l’esprit ses souvenirs.

Après le succès en 79 de son "Blue Holocaust", Joe d’Amato, de son vrai nom Aristide Massacessi, décide de poursuivre dans la voie du film horrifique en réalisant en 1980 le non moins célèbre "Anthropophagous". L’horreur et le gore faisant recette à cette période, Joe poursuivit encore ses pérégrinations sanglantes en donnant une fausse suite à "Anthropophagous" l’année suivante, avec "Rosso Sangue" rebaptisé donc en "Horrible" en France, afin de bien insister sur le caractère choquant du film et pour que personne ne puisse dire qu’il n’était pas prévenu de ce qu’il allait voir à l’écran. Pourquoi parle-t-on d’une fausse suite ? Tout simplement parce que Joe d’Amato va à nouveau utiliser l’acteur George Eastman, son anthropophage de 1980, pour incarner son nouveau monstre. Rappelez-vous, dans "Anthropophagous", il finissait les tripes à l’air, et avait même décidé d’y goûter. Dans "Horrible", voulant échapper à un mystérieux poursuivant, il s’empale sur les pics d’un portail et se retrouve…les tripes à l’air ! On apprendra par la suite que notre étripé possède un don assez particulier, celui de pouvoir régénérer ses tissus, ses organes, son sang, de manière très rapide, ce qui le rend quasiment immortel. De là à penser que l’anthropophage du film de 80 soit la même personne que dans le film de 81, il n’y a qu’un pas ! Les dialogues en rajoutent même puisque l’un des policiers apprend que ce "monstre" est grecque. Qui peut me dire où se passait l’action de "Anthropophagous" ? Sur une île grecque. Bien joué ! Maintenant, le tueur d’horrible ne pratique pas le cannibalisme et semble en bien meilleure forme physique. Bref, des suppositions dont chacun tirera son propre avis…




George Eastman, qui a également signé le scénario du film, est fidèle à lui-même et en impose toujours autant. Sa silhouette massive, sa grandeur, sa force physique en font une véritable créature de cauchemar, un tueur frappadingue que rien ne semble pouvoir arrêter et qui ne possède aucune émotion envers ses victimes, les massacrant de la manière la plus horrible qui soit. Même avec les deux yeux crevés, il reste terrifiant. Un vrai croquemitaine en puissance, qui n’a besoin d’aucun artifice pour effrayer, son regard empli de folie valant tous les masques de psychokillers ! George Eastman sera, au même titre que Laura Gemser, l’un des acteurs attitré de d’Amato, on le verra par exemple dans "Porno Holocaust", "La nuit fantastique des morts-vivants", "Emanuelle et Françoise", "Black Emanuelle autour du monde", "Hard Sensation" ou bien encore dans "Le Gladiateur du Futur".

Au niveau des scènes gores, celles-ci sont toujours aussi sympathiques à visionner et elles fonctionnent encore bien quelques vingt sept ans plus tard, même si notre œil désormais aiguisé par divers spectacles horrifiques a reconnu quelques petites prothèses de latex par-ci par-là. Mais qu’importe, mieux vaut des effets spéciaux à l’ancienne plutôt que des effets gores en images de synthèse ! "Horrible" vous donnera donc l’occasion de voir une éventration avec viscères sortant de la plaie, un crâne découpé à la scie, un autre perforé par une pioche mais aussi la tête d’une pauvre infirmière transpercée par une petite perceuse chirurgicale, un meurtre avec des ciseaux et des yeux crevés par un compas, comme déjà évoqué. Le meilleur étant le sort réservé à une autre infirmière venue s’occuper de la jeune infirme et qui finira la tête dans le four, ce dernier étant en état de marche bien entendu. Bref, plein de joyeusetés horrifiques qui réjouiront les fanas de gores et de meurtres bien sanglants.



Malheureusement, ces meurtres et l’interprétation d’Eastman seront bien les seules choses intéressantes du film, qui prend un méchant coup de vieux au passage. On ne peut pas dire que Joe d’Amato ait été très inspiré ici, à l’inverse d’un film comme "Blue Holocaust" par exemple, qui développait une vraie thématique, un vrai univers. Dans "Horrible", rien de tout ça. On passe son temps entre deux scènes de meurtres à voir Eastman déambulait dans des rues sombres, ou à voir des policiers et le prêtre en voiture être en train de chercher notre tueur fou, sans grand succès. Aucun suspense, aucune tension, aucune originalité au niveau du déroulement de l’histoire. C’est dire si on s’ennuie pas mal en fait tout au long du film, qui ne nous propose rien de solide non plus au niveau mise en scène. Le niveau se relève néanmoins quand Eastman se retrouve dans la maison de la jeune infirme. Un semblant de tension apparaît, occasionné par la condition même des probables futures victimes : un tout jeune garçon, une fille appareillée dans son lit afin de remettre sa colonne vertébrale droite, leur nounou. Concernant le petit garçon, on se dit que le film n’ira pas jusqu’à le faire tuer par Eastman et effectivement, on aura eu raison. C’est plutôt à sa grande sœur qu’on pense, en se demandant comment elle va pouvoir échapper au tueur alors qu’elle est clouée dans son lit (pas au sens propre du terme hein…). Le final dans la maison accélère le rythme du film, se montre bien plus dynamique et rehausse l’intérêt du spectateur, même si certaines situations peuvent apparaître comme peu crédibles et un peu tirées par les cheveux. Pas étonnant que le titre international du film fut "Absurd". C’est vrai que le tout reste un peu tarabiscoté mais bon, on est dans le cinéma Bis italien, le cinéma de tous les excès !



Titre culte des années 80, une nouvelle vision d’"Horrible" lui en retire son aura. Peinant à maintenir un rythme soutenu, n’offrant que bien peu de péripéties, s’enlisant dans des séquences inintéressantes répétitives, le film est réellement sauvé par ses scènes gores, assez extrêmes pour l’époque et qui ne lésinent pas sur les effusions de sang. Niveau scénario et réalisation, "Horrible" reste bien inférieur à "Blue Holocaust" et "Anthropophagous". Mais ce n’est pas un mauvais film non plus, malgré ce manque d’inspiration évident. C’est une œuvre moyenne, qu’on reverra avec un regard nostalgique, symbole d’une époque révolue.

Joe d'Amato a signé le film sous son pseudonyme : Peter Newton






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